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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Des retraites chapeaux

Publié le 28 Novembre 2013 par Canaille Lerouge in Mémoire et Histoire;, Boussole, Pour réfléchir ensemble

pour repaîtres les châteaux, à la "révolution fiscale".

Des retraites chapeaux

Ne jamais oublier qu'en France il n'y eu que deux véritables "révolutions fiscales" : celle qui suivi la nuit du 4 aout 1789 et la Commune de Paris.

 

Et dans les deux cas, la dimension fiscale fut fille de la Révolution.

 

S'il sagit de se mettre dans ces pas là, Canaille le Rouge en est.

 

 

Des retraites chapeaux

Tout ce qui mettra du monde dans la rue pour combattre cette politique au service du capital, toutes celles et tous ceux qui se mobilisent contre le capital et ceux qui le servent ont raison et sont les bienvenus sur le pavé des faubourgs contre le gravier des châteaux.

Donc ne pas bouder et même dire combien la contestation du budget 2014 et les choix qui le sous-tendent sont à combattre. C'est ce que veulent ceux qui vont défiler le 1er décembre.

Reste quand même aux communistes, qui ne se circonscrivent pas à une des fractions de ceux qui appellent à cette manif et ne peut recouvrir les autres appelants tant ils font d'efforts pour se démarquer de l'idée, combien le mot d'ordre "révolution fiscale" est pour le moins jouer petit bras par rapport aux enjeux.

Pourtant, l'occasion était rêvée à partir d'un grand mécontentement qui contraint les fondés de pouvoir de l'UE à annoncer une réforme de l'impot (dont le pire est à craindre dès lors que laissée entre leurs mains, la hausse de la TVA en est l'exemple du moment).

 

Appeler à agir et ouvrir une piste qui isole la droite, l'extrême droite, pointe la responsabilité de l'UE comme celle du patronat et ainsi interdisent au PS et ses satellites de leur servir la soupe, quel révolutionnaire n'y souscrirait-il pas ?

Pas difficile d'argumenter :

Quand il pleut dans la maison, on peut toujours multiplier les bâches et agrandir la taille des bassines, faire la chaîne en 3x8 pour aller les vider, ce n'est pas cela qui rendra la toiture moins pourrie.

Or, si la maison France a des fondations solides, si les murs peuvent résister à bien des assauts, les tuiles et voliges sont dans un tel état que la charpente est atteinte. C'est en cela que si une Révolution s'impose, en rester aux bâches et bassines de la fiscalité ne peut régler les problèmes.

Ce qui donne de l'acidité aux pluies au point qu'elles rongent les tuiles, c'est la nature de la société et tant que cette nature ne sera pas débarrassée des causes qui la rongent, elle sera soumise à tous les intempéries.

Il ne s'agit pas de seulement de réorganiser le drainage et les écoulements mais de voir comment maîtriser les richesses qui confisquées et entassées sont le ferment de la crise ; et avant de regarder comment les collecter, regarder comment ceux qui les produisent ont la maîtrise de leur usage. C'est ce qui fait un projet communiste.

Or , la caractéristique première de la société c'est que la quasi-totalité de ceux qui doivent produire ces richesses sont interdit de ce droit de définir les conditions de leur production et écartés de tout regard sur les conditions de leurs usages pour permettre - spoliation totale- qu'elle puissent être accumulées par les uns gaspillé par les autres ou les mêmes.

 

Les ponctions fiscale pour financer le fonctionnement de la société qui encadre cela étant inégalitaires et toujours organisées pour servir les spoliateurs. C'est la nature de classe de l'état bourgeois.

La manif du 1er décembre si communiste il y avait pour l'organiser aurait du intégrer ce point nodal de la sortie de la crise.

Un second point juché sur les épaules du précédent rend encore plus contre-productive l'initiative.

La loi fiscale que les organisateurs proposent de changer s'élabore dans les services de l'état et de la représentation nationale. 

 

En conséquence et sauf à dire que Bercy et les majorités parlementaires (opposition de droite incluse dans ce propos) s'y plieraient de bonne grâce, elle est soumise à des contraintes contraires au niveau d'exigences à satisfaire pour pouvoir répondre pleinement aux objectifs proposés.

Comment révolutionner la fiscalité sans s'affranchir du cadre de l'UE qui régit sa cohérence (concurence exacerbée et privatisations) et en impose les contours (les 3%) ? Comment répondre aux attentes populaires quand le peuple qui représente la quasi-totalité des producteurs de richesses est quasi exclu de la représentation nationale.

Or les mots d'ordre appellent-ils à s'en prendre à l'UE ? Non. À donner qu'un embryon de droit de regard sur la marche des entreprises ? Non.

Comment organiser une "révolution" qui ne soit pas que de palais, fut-il Bourbon ou du Luxembourg, si la démarche est de mettre les foules en mouvement pour que celles-ci ne soient que spectatrices et n'ai pas même droit aux cahiers de doléances ? Une mobilisation appelée à être confisquée pour des débats de commission et tractations de corridors où les appelés à peser sont écartés systématiquement ?

Convoquer des experts, des fiscalistes pour "révolutionner" la fiscalité, experts et fiscalistes formés dans les creusets de la reproduction inégalitaire, c'est comme confier à des notaires la réforme du droit de propriété ou à la Solfélysée l'avenir du beau mot de socialisme.

Donc le mot d'ordre de la manif "révolution fiscale", pour reprendre l'exemple de la justice, l'école ou celui de la musique accoutrée de "militaire", dès qu'on accole à "révolution" un qualificatif est au mieux stérile et est à coup sur contraire au besoin d'épanouissement que le terme, pourtant, porte.

 

C'est à coup sur un fier service rendu aux ennemis de la révolution.



Ce n'est pas un hasard si de Poujade à Micaud en passant par Nicoud et tous ceux qui s'opposent à l'impôt républicain, le duo "révolution fiscale" a toujours été un des pivots de l'action poujadiste et patronale".



Fiscale, comme nationale, accolées à Révolution pervertissent les deux termes en changent la couleur.



La seule façon d'assurer durablement la justice fiscale, c'est de transformer les rapports sociaux. Cela s'appelle la révolution. Les communistes n'ont pas peur du mot, sans cache- sexe ou alors c'est qu'ils ne le sont pas... ou plus.

Eugène potier, qui n'était ni fiscaliste ni énarque et n'eut pas de retraite chapeau nous l'a laisser en héritage dans la version finale de son, de notre Internationale.

Il serait bien d'en revisiter tous les couplets :

 

Couplet 4 :

L’État comprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Des retraites chapeaux
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