Bousculé par tout un tas d'évènement qui s'engrènent les uns les autres, Canaille le Rouge en allait oublier de vous passer ce texte de Charles Hoareau qui en moins d'une trentaine de lignes non seulement renvoi derrière sa ligne d'en-but l'équipe gouvernementale mais le fait en portant éclairage sur celui qui se propose d'arbitrer le match en distribuant coup de sifflet et pénalités mais oubliant la nature du match, les règle du jeu, écrite par les défenseurs du capitalisme.
Il est vrai que le J-L Mélenchon tellement occuper par sa rhétorique en oublie le plus souvent que les travailleurs ne sont pas des incultes et qu'à question concrète il faut des réponse claires et concrètes.
Tellement obnubilé de planter le questionneur qu'il en a oublié de répondre à la question pourtant claire :
"monsieur Melenchon Si vous étiez premier ministre que feriez-vous pour PSA ?"
Voici ce que Charles nous en dit :
C’est la question que François Lenglet, un des économistes bien en cour auprès de nos chaines de télé a posée à Jean Luc Mélenchon et j’avoue que je n’ai rien compris à la réponse si tant est qu’il y en ait eu une… Et c’est regrettable car ce refus de répondre clairement donnait à croire qu’il n’y avait rien à faire de concret et d’immédiat pour empêcher la fermeture de PSA ou d’autres entreprises.
Mais c’est pourtant simple et il n’y a pas besoin de tourner autour du pot ou de partir dans de grandes considérations générales comme ce fut le cas l’autre soir.
Premièrement un gouvernement qui voudrait défendre le monde du travail, comme nous l’écrivions en juillet dernier, nationaliserait l’entreprise ou plus exactement la réquisitionnerait. Non pas pour en prendre les rênes et remplacer le patron PSA par l’Etat-patron, mais pour la rendre aux salarié-e-s afin que les travailleurs de PSA, du cadre à l’OS, soient aux commandes de leur usine.
Ils ne pourraient pas faire plus mal que leur employeur qui obéit à des lois capitalistes qui vont contre l’emploi ! Un gouvernement qui exproprierait la famille Peugeot aurait des tas d’arguments pour le faire et sans être marxiste (ne lui en demandons pas trop !) il pourrait dire aux actuels patrons : « On vous a déjà donné trop d’argent (4 milliards d’aide publique) [1] soit l’équivalent de 106 624 emplois ou 13 ans de salaire pour les 8000 salarié-e-s de PSA aujourd’hui menacés ! [2]), on réquisitionne l’entreprise et on la donne en gestion aux salarié-e-s » [3]
Deuxièmement, face à la concurrence et au dumping social que ne manquerait pas de faire une multinationale afin de faire rentrer en force les véhicules produits ailleurs à moindre coût (rappelons que le coût de la main d’œuvre à Aulnay représente moins de 15% du prix de vente des voitures produites), le gouvernement pourrait prendre des mesures de protection aux frontières un peu à l’image de ce qu’a dit Dilma Roussef, la présidente du Brésil déclarant à Foxconn, le fabricant sud-coréen de téléphonie qui voulait fermer son usine au Brésil : « Je ne peux pas vous empêcher de partir d’ici, mais si vous le faites plus aucun de vos produits ne rentrera au Brésil ». Résultat des courses, non seulement l’usine n’a pas fermé mais Foxconn en a ouvert une autre.
Ces deux choses simples Jean-Luc Mélenchon ne les a pas dites. Tout simplement parce qu’il sait que ces deux mesures sont contraires aux règles de l’Union Européenne ? Et pousseraient la France à sortir de l’euro (ce qui « serait une catastrophe a-t-il dit » on se demande bien pour qui…), voire sortir de l’alliance du capitalisme ouest européen appelée Union Européenne ?
Voilà une autre question simple à lui poser et à laquelle on attend qu’il réponde autrement que par des invectives ou des effets de manche qui sonnaient creux comme il l’a trop souvent fait l’autre soir sans parler du reste de son attitude que l’émission a révélé ce soir-là. [4]
Charles Hoareau
[1] selon RFI citant Marisol Touraine
[2] 4 milliards divisés par 37515 euros (salaire annuel moyen chez PSA)
[3] article déjà cité
[4] On peut contester le procédé de la caméra cachée mais cela ne disculpe pas l’auteur de son propos sur les communistes, ni d’ailleurs de manière générale sur les journalistes qu’il "hait" et dont il aimerait voir « leurs têtes balancer au bout d’une pique » (sic !)
Charles est mesuré dans son propos. Mélenchon bat la campagne mais ne vient jamais sur le fond. C'est bien de changer le numéro de la république, mais quel contenu économique, quel organisation politique pour que les propositions de Charles (par La Canaille partagées) puisse porter ces réponces et axes de concrétisation ?
De plus, conditionner toute transformation qu'au franchissement de ce seuil, certes objectif ici partagé, ne conduit-il pas a semer la résignation alors que seule la résistance au quotidien peut créer les condition de l'évolution institutionelle ?
Cette résistance au quotidien, sur le plan politique ne consiste-t-elle pas à dénoncer le piège de l'élection présidentielle faite pour pérenniser le système par le choix d'un de ses gardiens ? Et d'afgir et voter pour faire repaire dans les assemblée élues contre tout ce qui sert le camp de l'exploitation et du profit capitaliste...budget compris ?
Dans la hiérarchie des gens qui sont obstacles politiques à toute transformation politico économico sociale, Mélenchon n'est pas l'ennemi à abattre. Outre les droites, d'autres avant lui sont impérativement à déboullonner : les officiels le PS ou par rebonds ceux qui s'abritent derrière lui.
Le problème c'est qu'on ne sait pas ou plus où le FdG et ses composantes se situent. Elles appparaissent toujours sous la serre socialiste à la saison où les urnes germent sur le terrain politique et nous disent qu'elles sont ailleurs passés les scrutins ? Oui mais et ce débat le confirme, toujours hors sol .
De quoi JLM est-il porteur? Quelles propositions capable de mobiliser pour destructurer et subvertir le capital met-il en débat ?
La figure de proue du FdG si on l'écoute bien est au plus un ludion souvent un peu caractériel qui pense en fonction des pressions extérieures, certainement un social démocrate moins blettis que ses comparses initiaux, mais un pur fruit de ce système à subvertir pour le mettre au rancart.
Cette question du contenu de la transformation et non de son cadre est un sujet non pas d'affrontement mais de débat naturel parmi ceux qui veulent faire partager un point de vue communiste. Le danger c'est qu'un bateleur armuré de plaques d'idées dont certaines peuvent paraître justes, autolégitimé parce qu'il à couru la demi finale de la course à l'Elysée refuse de mettre en débat comment assujettir les dites plaques et postule qu'elles assurent par une sorte de magnétisme idéologique spontanné leur force et leur cohérence. Pipeau !
Charles à bien raison de vouloir lui ré-ancrer les pieds sur terre. Même bien arrimée, La Canaille a bien peur que la tête persiste à osciller en fonction des vents dominants.
Le jour ou JL Mélenchon répondra clairement à la question de F. Lenglet, c'est que le rapport de force sera tel...que nous n'aurons pas forcémpent besoin d'un JLM.
/image%2F0691883%2F20221120%2Fob_a8eb97_pour-logo-blog.jpg)