La donnée forte du moment devant les secousses de la crise, c'est la croissance accélérée de l'idée de rupture.
Le Troll du CAC à rentes avait cru pouvoir la récupérer, la haine au front de bœufs en joue pour masquer sa nature. Malgré toutes les torsions amputations et autres dévoiements de l'enseignement de l'histoire, ces magouilles comme outils de mobilisation sont en échec. En fait de rupture, le Troll y a juste gagné la palme de premier hâbleur réactionnaire ce qui met le "fn" et sa führerin en colère.
Quand les fauves s'affrontent, les gazelles respirent mieux. Pour autant elles doivent toujours rester vigilantes.
D'autant que d'autres prédateurs ne sont guère éloignés : les hyènes du MEDEF et de la CGPME marchent à l'amble du Lycaon de la FNSEA.
La question de la dynamique de la campagne pour le vote FDG –Mélenchon ne peut pas laisser indifférent celui qui prétend être au diapason des attentes, celles du révolutionnaire moyen scrutant les évènements pour tenter de les comprendre, poser des balises et repères, rester au contact des siens ne pas être à dix kilomètres devant, à gauche, dessus ou….derrière.
Non pas que par une révélation pascale, d'un seul coup, l'horizon s'éclairerait d'une lueur capable d'irradier le firmament, rayon rubis qui foudroierait le capital, mais plutôt parce qu'objectivement, sauf à faire prendre les lanternes pour des vers luisants, il se passe quelque chose de profond dans le paysage politique de ce printemps 2012. A la fois espoirs et limites du projet qui prétend porter l'espoir.
Cela ne conduira pas La Canaille à donner conseil, consigne ou proposition de vote. D'abord parce qu'il est convaincu que le ou la premi(e)r abonné(e) à sa liste de diffusion se moque complètement des conseils qui pourraient être ici prodigués pour déterminer son propre choix, la lutte contre la délégation de pouvoir commence ainsi ici aussi.
Par contre ce qui est intéressant, c'est de voir comment à l'image de ces populations dévastée par les éruptions volcaniques qui reviennent dès que possible sur les champs de lave fumants parce que c'est là que sont les sols les moins stérile, souvent le plus fertiles alors qu'ils savent tous que la prochaine éruption sera aussi dévastatrice voire plus que la précédente.
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Comme La Canaille n'a pas vocation à l'ermitage et que son sort est d'être avec les autres, autant regarder pour tenter de comprendre.
Donc croissance d'une dynamique politique qui submerge tant la direction du PCF que celui-ci à chaque déclaration du candidat affirmant qu'il ne sera pas ministre, la place du colonel Fabien s'empresse de produire un communiqué embarrassé pour dire qu'eux le seraient bien, montrant ainsi la continuité avec les expériences désastreuses dénoncées rapidement avant d'y retourner. Et le PCF de rappeler qu'il est d'abord près à trouver un terrain d'accord avec ceux que la dynamique populaire rejette dans le même sac que les autres oranges, verts, roses etc.
Allez donc expliquer que le PCF pour avoir des maroquins fait campagne pour un candidat qui dit ne pas en vouloir. (Pour ceux qui suivent au plus près l'actualité, vous noterez que l'hypothèse d'une opération tiroir Borvo-Laurent-Sénat, via un maroquin, n'est toujours pas démentie et ne le sera pas tant elle est déjà programmée au nom d'une sollicitation directe ou une opération "ouverture au monde institutionnel hors état major de partis").
Une fois ces bornes installées, revenons à cette dynamique qui fait rugir Parisot, blêmir Hollande, sautdepucer Bayrou, rugir le troll et éructer la fange brune. Pourquoi alors qu'elle semble porter avec une efficacité médiatique certaine hors du champ politique initial, La Canaille reste –il pour le moins circonspect ?
Le document mis en ligne par RougesVifs Île de France éclaire bien le propos : pas de remise en cause frontales des causes institutionnelles (dont celles européennes), économiques et sociales de ce qui fait le fond du rassemblement de cette dynamique.
Quand celle-ci multiplie par trois les intentions de vote pour un scrutin qui pourtant ne permet pas de changer la donne, ne pas s'appuyer sur cette dynamique non pas pour surenchérir mais pour clarifier, montre les limites du projet. Peut-on en appeler à la nuit du quatre aout et ne porter que la réunion des états généraux, appeler à une sixième république et fixer l'horizon sur une réforme de la BCE ?
Toutes celles et ceux qui parlent au nom du FDG parlent à juste titre d'un système à bout de souffle, d'une crise des institutions, d'une recherche de solutions novatrices et du besoin de répartir différemment les richesses. Et la lecture de leur proposition traduit ce qu'ils sont : le moins pire alors que l'urgence pour en sortir c'est de proposer de rassembler pour construire du meilleur.
Un monde meilleur, pas "moins pire".
Rompre avec tout ce qui dans les institutions entretient cet acharnement thérapeutique pour maintenir viable le système dans ses ornières. Prendre des mesures dont l'efficacité sera mesurée par les trépignements de Parizot, demander aux salariés aux chômeurs de construire une protection sociale qui feront pleurer joue contre joue Sarkozy frère orphelin de ses rentes et Chérèque durablement isolé, Une politique des rémunérations qui fasse s'étouffer d'indignation le président de la commission des agents de change et les profs de Dauphine, qui fasse fumer les pages saumon du Figaro. Une organisation économique qui mette les caciques de la FNSEA et du MEDEF en transe.
Bref que l'indignation d'hier fournisse des fleurs aujourd'hui et des fruits de… ce soir qui ainsi sera grand.

Les limites sont là, alors que l'ouverture pourrait être là.
C'est toute l'absence d'une sollicitation non pas de programmistes sachant, d'élites autoproclamées, économistes distinguables à ce qu'on peine à distinguer la nouveauté de leurs recettes, ces plumitifs rétribués ou blogo-inspirées mais d'une intervention autogestionnaire de tous les acteurs de la transformation politique. Une vraie subversion sociale.
Dire qu'on va faire ce que proposent les Fralibs avec les Fralibs et se donner les moyens de le faire, les Arcelor avec eux gardiens de l'outil de production et de l'intérêt national, les cheminots les hospitaliers, enseignants postiers et tous les autres qui proposent parce qu'ils ont pensé le devenir et l'usage social de leur activité.
Limite de la campagne FDG mais qui fait toute la différence à la fois d'avec les autres mais aussi des exigences : ne pas leur demander de vous soutenir parce que vous seriez meilleurs. Moins parler d'insurrection citoyenne mais surtout se mettre à sa disposition. Cette question de la nature impérative et révocable du mandat qui tarde à être peinte sur les banderoles officielles.
Aller, gens du FDG encore un effort pour lâcher les rennes et vous mettre non pas comme cornac d'une déferlante que vous sollicitez pour vous faire surfer vers les pouvoirs mais fantassins conscients d'une émancipation en marche. Vous deviendriez crédibles. Mais y êtes-vous prêts ?
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