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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Beauvau au Zenith

Publié le 10 Janvier 2014 par Canaille Lerouge

Beauvau au Zenith

La boucle n'est pas encore bouclée, mais elle se referme.


Les insupportables délires antisémites du bateleur sont une chose à combattre le plus fermement possible, la méthode utilisée qui mérite d'être examinée avec attention en est une autre.


Avant de jouer les rabatteurs pour le f-haine, à l'époque où il se servait de son talent pour exercer son métier d'humoriste, un certain dieudonné fonctionnait en duo avec Elie Semoun. L'actualité montre combien E Semoun a eu raison : quand celui-ci a jeté l'éponge, il a  emporté au passage la tunique du sourire qui masquait le rictus de celui qui mobilise les unes avec l'espoir pour certains qu'il pèse sur ce qui sortira des urnes. 

 

Mais voila, comme pour un duo il faut être deux, il a fallu trouver un comparse, Valls faisait l'affaire.

 

Encouragé par ses potes, il est vite monté sur les tréteaux, le brigadier pouvait faire tonner les trois coups

Parce que dans cette affaire, il faut bien situer les responsabilités. Celle du Parti socialiste est décisive ; sur le fond et sur la forme.

 

Plantons le décor :

Le PS; majoritaire dans les deux chambres du Parlement, Président de la République, Premier ministre, la quasi-totalité de ses membres en sont issus et à chaque campagne électorale concourent directement sous sa bannière où s'engagent pour ses candidats.

La façon dont l'état PS dans la continuité de l'état UMP a instrumentalisé l'affaire dieudonné démontre sa non-volonté de traiter la question du point de vue du droit et des valeurs qui l'ont instauré mais de s'en servir pour tirer sur un terrain passionnel et communautariste, de façon à installé un faux exutoire aux colères liées à la débâcle sociale que sa politique alimente.

Trois évènements démontrent cette stratégie de la tension et de la diversion qui telle une tragédie antique ont l'unité de temps, de lieu et d'action.

Pas d'intrique secondaire,  la durée de la pièce coïncide avec la durée de l’action , un lieu unique le bureau du ministre de l'intérieur. C'est pour la pièce. Mais le reste est une oeuvre collective, féliciatation au metteur en scène de l'Elysée :


Premier acte : Alors que la chancellerie et la garde des Sceaux laissent le ministre de l'Intérieur s'emparer de dossiers qui ne sont pas de son ressort, que l'Elysée justifient en plus la méthode, ses parquets trouvent le temps d'impulser les répressions antisyndicales, autorise les procureurs généraux à des appels provocateurs contre les syndicalistes. Concernant le parlement, rappelez vous, pas de mloi d'amnistie pour les syndicaliste.

Les tribunaux ordinaires sont mobilisés pour arbitrer favorablement aux thèses du patronat (gages donnés après les vœux de l'Elysée) comme à Amiens, celui du travail restant singulièrement silencieux (encore que là, vu l'énergumène, on peut se demander si son mutisme n'est pas une bonne nouvelle tant il nous a habitués au pire).

Acte deux : le scandale de l'affaire Dassault où, de fait, le pouvoir vient d'interdire aux juges d'instruire deux affaires dont une d'association de malfaiteurs, impliquant un industriel pour lequel tous les ministres jouent les VRP, lequel grand patron de presse et avionneur est mouillé jusqu'au cou. Un Dassault qui sans aucune retenue s'affiche complaisamment aux côtés du président de la république et du ministre de l'intérieur y compris quand ses demandes de levée d'immunité parlementaire sont demandées par les juges.

Le troisième acte où tout va se dénouer étant "l'opération dieudonné".

Il s'agit d'une véritable opération qui mérite une grille de lecture sereine pour bien mesurer l'origine et les objectifs.

En laissant parader le grand collecteur des égouts du racisme et du trafic financier réunis, Valls est en mission (comme ministre des élections en particulier). Il a en main les éléments montrant la monté d'une crise majeure alimentant une colère qui exige des solutions radicales pour qu'une issue réelle y soit trouvée.

Pour que ces solutions ne s'en prennent pas au capital, rôle historique du PS, capital dont les exigences de profits créent et aliment cette crise, il faut vite un exutoire.

La caractéristique de cette crise, c'est qu'elle frappe de plein fouet les enfants d'une classe ouvrière remodelée au fur et à mesure de ses besoins par le capital. Cette classe ouvrière est représentative des zones de pillage de la force de travail (des Bretons du début du 20ème siècle en passant par les Espagnols, Polonais, Italiens Portugais du milieu aux Maghrébins et Africains de l'empire des années 60 et après). Avec à chaque fois, une exclusion géographique, concentrique, accompagnée de pôle de regroupement construisant physiquement des zones d'exclusion.

Dans les phases précédentes des restructurations capitalistes, le besoin pour le capital de se donner des outils économiques organisait via une "méritocratie" portée par l'école des passerelles et escaliers faisant soupape.

Maintenant, les mêmes jeunes, diplômés (parfois hautement) ou pas, sont au chômage. C'est ce que les sociologues appellent la "panne de l'agenceur social". Ce n'est pas une panne, mais là, parce que le capital le veut et que les gouvernements organisent ces vœux, l'installation d'un plafond de verre ou les nantis (parfois hélas accompagnés de ceux un peu moins mal lotis) comme dans un aquarium moderne viennent narguer le reste de la société. Cette interface symbole du mur de classe cristallise.

Devant la colère montante, depuis Fouché c'est le rôle historique dédié aux ministres de la police, jouer sur des ressorts ou les exclus économiques sont poussés soit à la révolte à réprimer soit à communautariser leur exclusion face à d'autre communauté historiquement intégré au point de faire partie de l'establishment, pour déplacer les tensions, Vidocq avait été recruté pour cela, c'est le pari et le rôle de Valls.

Du point de vue de Canaille le Rouge c'est l'angle d'analyse le plus pertinent pour comprendre pourquoi le gouvernement (et le PS) le laisse continuer dans cette direction.

Le pari de faire que la monté dans des sondages (qui dès lors ne vont pas tarder à être republiés avec des chiffres-ce qui ne se faisait plus) souhaitant qu'ils montrent enfin cette montée du f-haine pour obtenir que le mensonge asséné d'un vote massif pour l'extrême droite venant des quartiers populaires puisse se concrétiser.

C'est le rôle de rabatteur dédié à dieudonné et Valls en joue.

Que le passé des vaincus du colonialisme, que les représentants en France de l'impérialisme israéliens en rajoutent et tiennent leur partition en poussant la logique historique du sionisme à s'approprier la totalité d'une histoire en stigmatisant ceux qui sont aussi en droit de la revendiquer mais la leur conteste, ne sera pas pour surprendre. L'affrontement est de classe. L'impérialisme est un outil du capital pour imposer sa domination dans cette guerre de classe au plan mondial. Il sait user de tous les ressorts.

Les intégristes juifs avec le sionisme font comme les intégristes islamistes contre le monde musulman, ce que les dignitaires fascistes en soutane ont fait en Europe en Asie en Amérique contre les peuples (y compris la part du clergé qui s'y opposait comme en Amérique du Sud) où l'église était l'outil idéologique dominant : attiser les tensions communautaristes au point de légitimer violence et répression qui toujours épargne la cause : les intérêts du capital.

"Diaboliser-victimiser" le folliculaire de tréteau n'est pas un combat mal engagé juridiquement sur des valeurs, mais bien le fruit d'une stratégie. Elle s'inspire en droite ligne de la façon dont le pouvoir britannique a réussi à faire glisser une grave crise sociale en Irlande du Nord vers un affrontement confessionnel lui permettant d'épargner le capital et d'attiser des haines communautaristes pour éviter que la question sociale soit mise sur la table. Avec en prime la possibilité en tant que besoin de l'attiser à chaque fois que le pouvoir cherche une diversion devant les conséquences de sa politique.

Mener cette politique en France demande des serviteurs talentueux. Ne pas en reconnaitre à Valls serait une grave erreur.

En cela si Sarkozy aura été un piètre exécutant, Margareth Thatcher a trouvé un élève motivé qui peu à peu s'avère un héritier particulièrement doué.

La dimension répressive que sa politique organise, ciblée, à voir où sont stocké ses CRS, contre le monde du travail, son recours aux juridictions administratives pour des affaires relevant du pénal (ce qui pose la question de la constitutionnalité des décisions qu'il arrache au forceps à ces juridictions pourtant bienveillantes) montre que ce n'est pas un Clemenceau qui lui sert de tremplin...mais plutôt un Sérol.

Disons-le tranquillement, mais fermement. En matière de ministre de l'Intérieur, en mesurant bien de qui on parle et leurs états de service, il y a plus de distances entre Clemenceau (et pourtant!!) et un Sérol qu'entre ce dernier et un Papon.

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