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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Entrez ici rejoindre Jean Moulin....oui, mais à combien ?

Publié le 25 Janvier 2014 par Canaille Lerouge in Martha Desrumaux, Panthéon, Résistance, CGT, ouvrière, Classe ouvrière

Et si

comme dans les trois mousquetaires

elles étaient quatre ?

Entrez ici rejoindre Jean Moulin....oui, mais à combien ?

La question du Panthéon et qui doit y entrer n'est pas la préoccupation première de Canaille le Rouge dans la période.

 

Avouons même que si dans un temps déjà datant (1989) La Canaille s'était insurgé du non retour de Marat, exclus des lieux pour cause de trop de proximité avec le peuple, il ne s'en était pas préoccupé outre mesure depuis.

 

La question revient sur le devant du théâtre médiatique à l'occasion d'une de ces opérations politique du pouvoir où celui-ci, avec tambours et trompettes, choie le sociétal pour à l'ombre de ces paravents mieux étrangler le social. Qui y faire entrer pour tendre vers un équilibre des genres plus facile à réaliser que le constitutionnel " à travail égal salaire égal" ?

 

Comme le débat devient politique, autant y prêter attention.

 

Dans une tribune du Monde deux très grandes dames pour lesquels Canaille le Rouge a une très grande estime et admiration avancent trois noms.

 

Hors de question ici de contester l'autorité morale de l'appel de ces deux grandes Résistantes et leur proposition de trois autres qui dès lors que le Panthéon prend du sens, ont toutes les raisons de s'y retrouver.

 

Geneviève De Gaulle Anthonioz, Germaine Tillion et Marie Claude Vaillant-Couturier ont bien plus de légitimité à y entrer que la bande de sabreurs et massacreurs, maréchaux d'empire, généraux, amiraux et hommes de cour sertis dans les murs pour y mieux rester.

 

Pour autant Canaille le Rouge constate que ce que représente ces trois femmes, si nous n'en restions qu'à elles seules, qui ainsi participeraient à rétablir (il y a encore du chemin à faire) la présence des femmes dans la représentation historique, entretient une vision très sélective et non conforme à la réalité historique de l'engagement citoyen.

 

C'est une vision déséquilibrée de la Résistance : Une fois encore, la classe ouvrière, les travailleurs et travailleuses, malgré la célèbre phrase de Mauriac ne serait pas dignes de reconnaissance par la République.

 

Chair à canon, chair à fusillade, à guillotine et hache du bourreau, chair à déportation mais pas de citoyenneté ouvrière au Panthéon.

 

D'accord avec le texte Pétition de l'Association Création, recherche, innovation sociale (CRIS) :

A croire que les travailleurs, les mineurs, les métallos, les ouvriers du bâtiment et du textile, les cheminots et les ouvriers agricoles n’ont pas particulièrement participé à modeler la France, à en faire le pays que nous connaissons aujourd’hui, à construire ses villes, ses usines, ses richesses. Pouvons-nous oublier que leurs luttes, souvent associées à celles des artisans, des commerçants, des intellectuels, des chercheurs et des créateurs, ont été à la base du socle républicain, des lois de la laïcité de 1905, du programme du Conseil national de la Résistance, du suffrage universel né lors de la Révolution de 1848, du vote des femmes décidé en 1944, alors que les femmes jouaient un rôle essentiel dans la résistance populaire ?

 

Relisant le serment des déportés lors de leur libération, réécoutant la déclaration de MC Vaillant Couturier à Nuremberg, Canaille le Rouge affirme que les trois proposées auraient été les premières à partager ce point de vue.

 

Pour cela il est indispensable pour celles et ceux qui attachent un sens à l'image du Panthéon d'ajouter aux trois héroïnes de la résistance et de la déportation leur camarade de combat et de souffrance, une de ces ouvrières, grande organisatrice des chômeurs, des ouvrières, des travailleurs, une féministe dans la lignée de Louise Michel : Martha Desrumaux

 

Pour qui s'interroge sur qui est cette oubliées des manuels scolaires, de la politique actuelle, cette brève notice biographique :

 

Martha Desrumaux 18 octobre 1897 -30 novembre 1982

Née à Comines (Nord). 


Martha Desrumaux est très vite orpheline de père, pompier volontaire qui décède en 1906 des suites d'un accident survenu à l'occasion d'un incendie. Sa mère est handicapée et son frère aîné très malade.
Martha se retrouve à 9 ans placée comme bonne à tout faire dans une maison bourgeoise de Faches-Thumesnil. A 10 ans, elle fuit ses patrons, revient à Comines et décide qu'elle sera ouvrière dans le textile.
A 12 ans, elle se syndique à la CGT...
À l'âge de 15 ans, elle adhère aux jeunesses socialistes de cette même ville.


A la déclaration de la guerre de 14, Martha est évacuée à Lyon où elle travaille dans une usine textile. En 1917 qu'elle organise sa première grève victorieuse aux usines Hassebroucq. Elle n'a que 20 ans et est alors illettrée, mais c'est elle qui signe le protocole d'accord qui met un terme à ce conflit qui se solde par une victoire des ouvrières en lutte. C'est là alors sa première grande expérience de syndicaliste.



Elle devient membre du PCF en 1921. 

 

En 1925, elle s'engage contre la guerre coloniale au Maroc et le fait savoir par un télégramme au Président de la République.

En 1927, elle est à 30 ans élue au Comité Central du Parti communiste français.

Au côté de Léon Jouhaux et Benoît Frachon, elle prend une part décisive aux victoires ouvrières du Front populaire. Elle sera la seule femme présente lors de la négociation des accords de Matignon en 1936.

L'année suivante, elle s'engage pour l'Espagne Républicaine.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, elle sera dès 1940 Résistante dans le Nord.
Sous l’occupation elle sera un des fers de lance de la Résistance dans le Nord - Pas-de-Calais et organisera plusieurs grèves patriotiques, celles qui permettent de manifester le mécontentement et la colère.

En août 1941, dénoncée par le préfet Carles qui donne à l'occupant une liste de drigeants communistes, elle est arrêtée à Lille. Déportée en janvier 1942 au camp de Ravensbrück, elle organise la résistance et la solidarité avec Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Madeleine Vincent et Marie-Claude Vaillant-Couturier.

Le 30 avril 1945, avec ses compagnes, elle sera libérée par l'Armée rouge. (Wikipédia ne mentionne même pas son nom parmi une liste, établie sur on sait quels critères, des personnes internées).

Aux premières élections d'après-guerre où les femmes ont gagné le droit de vote et l'éligibilité, Martha Desrumaux est élue au Conseil municipal de Lille. Elle est élue députée le 21 octobre 1945.

 

Et si comme dans les trois mousquetaires elles étaient quatre ?

 

 

 

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R
OUI, tout à fait.