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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Pourquoi Paris ne brûla pas ?

Publié le 19 Août 2016 par Canaille Lerouge in Histoire, mémoire, Paris, Libération, Résistance

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sur

les jours

qui conduisirent

au

25 août 1944

Sans rien changer, reprise de la p@ge de la Canaille d'aôut 2014 qui rappelle les faits rien que les faits.

Les barricades de 1944

Les barricades de 1944

25 août 1944.


Pendant que la Wehrmacht s'illustrait de façon sinistre à Maillé en massacrant 124 hommes, femmes et enfants de 4 à 89 ans à Maillé entre Tours et Châtellerault, les armées nazies étaient contraintes de capituler devant l'insurrection parisienne renforcée par la 2ème DB.


Si Paris n'a pas brûlé, c'est que le peuple et la 2eme DB interdirent la mise à feu.


Trop longtemps la réalité sociale de cette 2ème DB partie de Koufra en Afrique, construite d'antifascistes au fur et à mesure de son avancée, dont les Républicains Espagnols de la Nueve (9ème compagnie), ces hommes venus de tout l'empire colonial que la République renaissante n'aura rien d'autre d'urgent à faire que les oublier voire les réprimer dès le 8 Mai 45 faisant à Sétif ce que la Wehrmacht avait fait à Maillé ou de ne pas tenir parole en laissant Franco martyriser sont peuple pendant quarante années de plus.


Mais à Paris, l'histoire s'écrivait en lettre tellement d'or ce 25 août, moment historique si important que la tenue du pinceau est devenue enjeu politico historique d'un affrontement que l'actualité met en lumière.
Avec des raccourcis qui s'ils n'étaient pas grand-guignolesques prêteraient presque à n'esquisser qu'un rictus de mépris quand les média du 70 ème anniversaire et le gouvernement premier ministre et président en tête font l'impasse sur la dimension populaire et de classe de l'insurrection parisienne, occultent celle de Marseille ou des conditions de la Libération toutes les grandes ville du de l'ouest, du sud ouest et du centre de la France.


Revenons sur les faits avec une lecture portée par leur chronologie.
Cela permettra de mettre chacun à sa place.


Cela ne minimisera pas le rôle des gars de la Nueve (une compagnie d'avant-garde composée majoritairement de républicains espagnols premier combattant contre le fascisme dont de nombreux anarchistes au sein d'une 2ème DB composé de patriotes antifascistes), bien au contraire, cela soulignera leur apport décisif.


Pour cela, il faut partir du réel :
A Paris et sa banlieue, sans revenir au grande manifestation patriotique organisées par le CPL le 14 juillet, début août, c'est en masse que les industriels et financiers prostitués ou souteneur officiels de Vichy partenaires des soirées de l'occupant partaient pour certains dans les fourgon des SS, d'autres se faire oublier, certains encore moins nombreux se découvrant des spontanéités résistantes qu'ils avaient réussies à contenir sans trop de difficultés pendant cinq ans.


Avec qui donc se fera l'insurrection ?


C'est là l'enjeu d'un bras de fer depuis 70 ans pour savoir qui tiendra le pinceau qui tracera les lettres d'or de la Libération.


Ceux qui ont engagé la libération de Paris et l'ont majoritairement mené à son terme, ne pas le dire revient à continuer le déni d'histoire, c'est persister à passer en permanence sous silence (cela dure depuis 70 ans) et nier le fond de l'insurrection qui fait peur au bourgeois : ce sont les ouvriers (et ouvrières) des usines et des services publics parisiens, les FTP de Fabien (dont les détachements de FTP MOI du 11 19 et 20 arrdt), les métallos des usines du 13ème, les cheminots des gares parisiennes (dès le 12 leur grève s'engageant le 10) et les postiers, ceux de ce qui n'était pas encore la RATP (Bus et Métro), les égoutiers et gars des parcs et jardins ces deux derniers trop souvent ignorés. Ouvriers et ouvrières du textile, de la chimie, les métallos, ceux de la construction.Ces fonctionnaires et enseignants qui avec Delanoue à leur tête reprendront les armes à la main leur locaux rue ...Solférino.


Ne pas oublier la place particulière des FTP des Halles et de leur commandant "Barat " qui sauvèrent le ravitaillement de la ville. Les hospitaliers s'occupaient outre des secours, de la garde armée des hôpitaux.


La police tenait la Pref de Police le 19 et n'en est sortie que le 23. Les policiers grèvistes des commissariats étaient plus dans les affrontements de rue,  neutralisaient leur collègues manifestement collabos.


Personne qui ne rappelle que ce même 19 août le personnel de l'Opéra (et l'Opéra-comique)se met en grève et ne garde pas l'édifice. Non, ils sortent immédiatement à plus de 120 pour attaquer la kommandantur voisine quand d'autres partent rejoindre les milices patriotiques qui attaquent le siège de la Milice de Darnand-Déat au carrefour Châteaudun.


Ne pas oublier non plus les ouvriers des usines la couronne parisienne ? Ceux qui y habitaient et se battaient dans Paris comme ceux qui à l'ouest et au sud, la maîtrise de leurs usines assurés, se sont dirigés sur Paris dès le 16 août pour combattre l'occupant et la milice. À l'est, les villes ouvrière insurgées comme Montreuil renversaient les municipalités collabo et réinstallaient la démocratie républicaine quand les combats se poursuivaient dans Paris.


La Libération de Paris, ce n'est pas que la PP, l'Hôtel de Ville, la gare Montparnasse, même si cela compte et reste important. Ni la légendaire et magnifique descente des Champs-Élysées.


La libération de Paris, c'est une guerre de rue, une guerre populaire.
Regardez la carte des barricades c'est la même que celle des barricades de la Commune et elle se calque aussi globalement sur celle de la tuberculose en 19O6.
(rajout 2016 de CleR : lui donnant son caractère de classe par les marqueurs de la misère)


Sans le forcing de la 2ème DB et les gars de la Nueve cela aurait été beaucoup plus dur c'est certains et l'issue plus indécise. Mais attention au nom du refus légitime du convenu et consensuel de ne se glisser dans un débat spectacle genre " Paris brûle-t-il" pour combattre les fables véhiculées par " Paris brûle-t-il " qui sera un des points d'ancrage de cette tentative hagiographique servant à masquer cette dimension avant tout populaire, des ses organisations et dirigeants ouvriers, des syndicalistes et des communistes. Pas que, mais comptant pour la plus grande part*, d'en faire une sorte de jeux d'état-major.


Les archives, les témoignages, les travaux d'historiens divers mais soucieux de rigueur, les compte rendus des FFI, des milices patriotiques, les films et photos, articles des journalistes résistants sont là pour aider à clarifier les débats (à lire aussi "la classe ouvrière dans la Résistance " par André Tollet président du comité parisien de la libération, évadé de Compiègne, secrétaire de l'UD CGT e la Seine)



*Dire cela ne retire rien au mérite d'un Alain Poher qui sera président du comité de Libération du ministère des Finances au titre de la CFTC, mais nous voyons là aussi que si le ministère est délivré, il l'est d'une grande masse d'inspecteurs des finances, hauts fonctionnaires et banquiers compromis dans la collaboration.

Qui rappèlera que le Fournier président de la SNCF de 40-45 qui fut gouverneur de la Banque de France désigné sous le gouvernement de front populaire, dénonciateur des cheminots communistes (il ne sera pas épuré) était aussi " à ses heures perdues " président de " l'association d'aryanisation des biens juif " ?

Qui fera l'inventaire des " francisqués " de Pétain qui se verront miraculeusement décerner des cartes de " combattant volontaire de la Résistance " ?

les barricades de la Commune

les barricades de la Commune

la tuberculose en 1906

la tuberculose en 1906

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