c'était 70 ans près les massacres de la Commune.
15 décembre 1941.
Il y a aujourd'hui juste 70 ans
540ème jour de l'occupation.
Deuxième rafale des grandes fusillades d'otages par les troupes d'occupation ET l'aide de l'administration française. Le beau texte de Roger Colombier sur son blog ce jour éclaire cruement cette réalité : [lisez en cliquant ici] Papon n'est pas une vile excroissance mais un rameau bien vert d'une pratique politique, et l'actualité 70 ans plus tard montre que l zèle...
Le Mont Valérien entre dans l'histoire des grands lieux de répression par la porte sanglante ouverte après l'exécution de J Bonsergent fin 1940 puis Châteaubriant en octobre 41.
Une politique terroriste pour faire baisser les yeux et courber l'échine.
Figure emblématique de la résistance communiste, Gabriel Péri député d'Argenteuil, grand Journaliste éditorialiste de l'Humanité pourfendeur des traitres de Munich après l'abandon de l'Espagne tombe sous les balles nazies et sous les applaudissements de Vichy. Il fait partie d'une "sélection" de 75 retenu pour l'exemple et la vengeance.
75 assassinés retenu sur critères convergents : "communistes ou anarchistes", et/ou "juifs" disait l'ordre de désignation.
Juste pour oxygéner nos mémoires, et prendre la mesure des temps, deux textes d'Aragon liés indéfectiblement à ces fusillades:
Ballade de celui qui chanta dans les supplices
Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
Une voix monte des fers
Et parle des lendemains
On dit que dans sa cellule
Deux hommes cette nuit-là
Lui murmuraient "Capitule
De cette vie es-tu las
Tu peux vivre tu peux vivre
Tu peux vivre comme nous
Dis le mot qui te délivre
Et tu peux vivre à genoux"
Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle pour les lendemains
Rien qu'un mot la porte cède
S'ouvre et tu sors Rien qu'un mot
Le bourreau se dépossède
Sésame Finis tes maux
Rien qu'un mot rien qu'un mensonge
Pour transformer ton destin
Songe songe songe songe
A la douceur des matins
Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle aux hommes de demain
J'ai tout dit ce qu'on peut dire
L'exemple du Roi Henri
Un cheval pour mon empire
Une messe pour Paris
Rien à faire Alors qu'ils partent
Sur lui retombe son sang
C'était son unique carte
Périsse cet innocent
Et si c'était à refaire
Referait-il ce chemin
La voix qui monte des fers
Dit je le ferai demain
Je meurs et France demeure
Mon amour et mon refus
O mes amis si je meurs
Vous saurez pour quoi ce fut
Ils sont venus pour le prendre
Ils parlent en allemand
L'un traduit Veux-tu te rendre
Il répète calmement
Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
Sous vos coups chargés de fers
Que chantent les lendemains
Il chantait lui sous les balles
Des mots sanglant est
levé
D'une seconde rafale
Il a fallu l'achever
Une autre chanson française
A ses lèvres est montée
Finissant la Marseillaise
Pour toute l'humanité
Louis Aragon
Rappelons que ce chant à la vie et à la liberté, lors de la parution de "La Diane française" fut dédié par Aragon à Honoré d'Estiene d'Orves et Gabriel Péri, à Gilbert Dru de la JEC et GuyMoquet de la JC.
La Rose et le Réséda
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fût de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du cœur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Nos sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule et se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda
Louis
Aragon.
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