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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

19 mars 1962 ici et là-bas

Publié le 19 Mars 2012 par canaille le rouge in Anniversaires

http://www.ville-bonneuil.fr/typo3temp/pics/7c79540991.jpg

 

 

La Canaille avait une dizaine d'années mais des souvenirs.


D'abords savoir que mon père ne rentrerait pas certains soirs à plus d'heure de ces manifs ou gardes à l'huma, au CC ou à la section qui mettaient ma mère en transe.

 

Souvenir des descentes de Harkis dans la cité d'à coté et des jeunes qui sautaient le mur passant par chez moi pendant que les femmes aux fenêtres invectivaient les miliciens du colonialisme. (à l'époque, ici,  les mauvaises années le PCF faisait entre 72 et est monté jusqu'à 82% aux élections) 

 

Souvenir aussi des arrestations arbitraires, des contrôles au faciès (déjà ou toujours) dans le métro, sur les marchés, les provocation des harkas encadrées d'officiers style St Cyr contre les algériennes emmenant leur gosses à l'école. Harcèlements et violences qui avait conduit l'UFF à organiser quasiment des cortèges dans certains coin de Paris pour que les gosses arrivent à l'heure et serainement à l'école. Ces écoles où jamais un père algérien n'était présent à la sortie, même le samedi.


Parfois même, le bruit d'une explosion ou celui d'une rafale d'arme automatique (de nombreux immigrés algériens travailleurs, métallo ou gars du batiments habitaient les pires taudis des quartiers populaires de Paris) et l'OAS métro n'était pas une chimière : le café berbère en bas d'où habitait ma grand mère rue St Denis fut  plastiqués par deux fois.


Le souvenir de l'enterrement de Charonne était pour moi tout frais.


Souvenir aussi de copains d'école qui attendaient le retour d'un frangin.


Et puis ce lundi 19. Une fois n'est pas coutume, un extrait du Figaro du jour:

 

12-03-19--Le-Figaro-et-Algerie.JPG

 

Pour parler de cette journée, le témoignage de Jacques Tourteaux avec se mots à lui qui s'ils n'ont pas le polissage d'un historien à la télé, disent les choses telles que vécues. Il était appelé en Algérie et présent sur place ce 19 mars. c'est ici : [Lien ici].


Souvenir perso à Paris du directeur de l'école, à la récré, réunissant les CM1, CM2, la classe du certif (la séparation le tri- se faisait à la fin du CM1 ainsi que ceux qu'on appelait les "fin d'étude orientée", la futur chaire à marteau piqueur, presses sur chaines et pistolets à peinture).  Souvenir de ce jour le directeur s'adressant plus particulièrement aux deux dernières catégories parce que comme par hasard la moyenne de peau basannée y était plus élevée.


Un discours simple expliquant que le cesser le feu n'était pas la fin de la guerre mais qu'ici la peur devait reculer. Trois ou quatre minutes qui faisaient relever des têtes, cet homme disant simplement qu'ils allaient pouvoir travailler plus sereinement et leur rappelant que l'école était là pour les aider.


C'est la première fois à 16h30 ce jour que j'ai entendu, que la rue a raisonné, de youyous.

 

Le samedi suivant, deux ou trois pères inconnus jusqu'alors attendaient leur progéniture devant l'école...le directeur de l'école est sorti les saluer.

 

 http://archiguide.free.fr/PH/FRA/Par/P13GrScolKussEx.jpg

L'école de La Canaille (qui était le bureau de vote où son père était le délégué de liste du PCF). A cette époque, les garçons accédaient par la première porte, les filles et les petits de la maternelle par celle au second plan. 

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