Du Télégramme de Brest du 24 décembre.
Certes ce n'est pas la reprise d'une activité industrielle mais contraindre les patrons à honorer leur signature est un pas plus que conséquent :
Soulagement
et satisfaction hier après-midi dans la salle du Patronage de la Stella Maris. Les ex-salariés d'Asteel étaient venus en masse écouter leur avocat Me Philippe Brun lire et expliquer le jugement
rendu par le conseil de prud'hommes de Quimper en tout début d'après-midi. Mais la nouvelle s'était déjà répandue comme une traînée de poudre : «On a gagné ! Asteel va payer». Alors qu'un violent
coup de vent balayait la grande cour de la Stella, «c'est un avis de tempête sur Asteel», estimait Philippe Brun. Le jugement rendu hier concerne de manière identique les deux groupes de salariés
d'Asteel Bretagne c'est-à-dire environ 115 employés.
«Licenciements abusifs»
Le groupe Asteel et son P-DG Gilles Benhamou ont été condamnés, hier, pour «licenciements abusifs». Devant une cinquantaine de salariés attentifs, l'avocat a
expliqué que «C'est bien le groupe AsteelFlash qui paie et le fautif est bien Gilles Benhamou qui a été considéré comme co-employeur». Asteel a été condamné à payer, selon les cas particuliers
«environ entre 30.000 € à 40.000 € pour chaque salarié». Selon Me Laurent Lecanet, avocat d'Asteel, les sommes cumulées correspondraient à environ 9 M€.
Mesure exécutoire
Le jugement sera notifié aux salariés «début janvier», mais déjà le juge a suivi la demande des avocats en ordonnant son exécution provisoire. Concrètement, «Et
même si Asteel fait appel du jugement, tous les salariés vont percevoir avant le 15 janvier, environ 20.000 €» a souligné Philippe Brun. De même, le juge a condamné AsteelFlash à rembourser aux
organismes sociaux les sommes versées aux salariés au titre de la garantie des salaires AGS). «Il faut se réjouir de cette victoire», disait encore Philippe Brun qui se donnait toujours la
possibilité de faire appel du jugement en raison «d'indemnités qui pourraient être insuffisantes». Une réunion avec les salariés est déjà prévue le 20 janvier (*) et «nous verrons s'il faut faire
appel ou pas».
Une longue histoire
Ce jugement vient partiellement terminer une longue et triste histoire pour les salariés de cette entreprise de Lannugat. L'entreprise a été mise en liquidation
en septembre 2009, laissant ainsi plus de 130 salariés sur le carreau («À ce jour, à peine 10 % des salariés ont retrouvé un CDI»). Rapidement près de 70 ex-salariés d'Asteel ont fondé
l'association «Avenir» pour attaquer le groupe devant le conseil de Prud'hommes. Ce dossier a été confié à Me Philippe Brun; un ténor du barreau de Reims qui a déjà fait plier de grandes firmes
comme Michelin ou Total. Le second groupe d'anciens salariés a confié son dossier à l'avocate quimpéroise Dominique Le Guillou-Rodrigues.
«Beau cadeau de Noël»
Après plusieurs audiences et jugements repoussés (décembre 2010, février, mai et juillet 2011), le conseil de Prud'hommes a finalement demandé l'arbitrage d'un
juge départiteur qui a rendu son jugement hier. En apprenant qu'ils allaient bientôt percevoir une partie de leurs indemnités, les salariés ont applaudi. D'autant plus que certains sont sans
ressources depuis plusieurs mois. Mais ils ont surtout dit leur sentiment «d'avoir eu raison de se battre. Merci la CGT». «C'est le principe qui importe car la justice a dit que nous étions dans
notre droit», disait un des salariés. Ému, un autre estimait que «c'est vraiment un très beau cadeau de Noël». (Télégramme
Hubert Orione)
Preuves une fois de plus qu'il n'y a que les luttes qu'on ne mène pas qui sont perdues d'avances l'auto présentation du condamné sur son site :
GILLES BENHAMOU
Président Directeur Général
L’objectif de M. Benhamou est de faire d’AsteelFlash un leader sur le marché des
entreprises EMS spécialisées dans la fabrication de produits high-mix low volume. Son travail consiste à implémenter la stratégie du groupe sur tous les sites AsteelFlash à travers le monde
afin d’atteindre avec succès tous els objectifs fixés.
M. Benhamou a fondé AsteelFlash en 1999. Il occupait auparavant le poste de président
du conseil d'administration du groupe Asteel (avant la fusion avec Flash Electronics). Avant l’aventure Asteel, Benhamou a été successivement Directeur Général de Facon, ministère de
l'Industrie puis PDG du groupe G. Cartier Industrie qui comptait alors sept filiales en France.
Les principaux services proposés par cette société sont la production, les services à valeur ajoutée tels que la gestion des transports et
la traçabilité des produits sur la ligne de montage, l'expertise logistique et le service après-vente. La société Asteelflash possède plusieurs filiales comme Fouchana.
Le chiffre d'affaires annuel réalisé par cette entreprise s'élève à près de 650 millions d'euros. Elle emploie près de 3 900 personnes. Le
président directeur général du groupe se nomme actuellement Gilles Benhamou. Le groupe Asteelflash possède près d'une vingtaine d'usines implantées sur quatre continents, l'Europe, l'Asie,
l'Afrique et l'Amérique.
Au début 2008, un apport important de capital à la société donne à l'entreprise une grande marge de manoeuvre au niveau des liquidités. Ainsi, la situation bancaire nette de la dette financière est aujourd'hui positive. Dans un contexte économique moins prévisible qu'auparavant, la situation financière actuelle d'AsteelFlash garantit une grande stabilité aux clients, aux employés et aux investisseurs.
Bénéficiant d'une condition exceptionnelle sur le marché, AsteelFlash se positionne comme un acteur incontournable dans le deuxième tiers (Tiers II) des manufacturiers EMS à l'échelle mondiale. En s'appuyant sur une grande flexibilité à servir le client, AsteelFlash se donne comme objectif de devenir le premier manufacturier en importance dans le deuxième tiers au cours des prochaines années. Rappelons que le Tiers II regroupe les entreprises dont les revenus annuels se chiffrent entre
500 millions et 3 milliards de $US.
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