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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Avant ils assassinaient, maintenant ils poussent au suicide : 5 juin 1977, le patronat et ses truands à l'oeuvre

Publié le 1 Juin 2011 par canaille le rouge in Mémoire et Histoire

 

 

http://www.verreceram-cgt.fr/IMG/jpg/PM.jpg

 

Jacques, le Sanglier Rouge, nous le rapelle : 

 

Il y a 34 ans, le 5 juin 1977, les truands du patronat tiraient sur les grévistes des VMC : 17 impacts de balles, la volonté de tuer ne faisait aucun doute. Il était 1 heure du matin. Trois militants sont atteints, deux sont gravement blessés, et Pierre MAITRE décédera quelques heures plus tard.
 
Les assassins venaient de chez Citroën, de la CFT syndicat jaune maison, et du SAC, organisation musclée au service du pouvoir.
 
Ces 2 officines fascinantes ont été dissoutes.
 
Aujourd'hui, VMC, comme d'autres entreprises rémoises, ont disparu, sacrifiées sur l'autel du profit. Comme chaque année, la CGT honore les victimes de cette tuerie et cette année, la montée du FN et de son programme ultralibéral et antisocial prend une dimension particulière.
 
L'UD de la Marne, les UL de Reims, le syndicat BSN et l'Association des Amis de Pierre MAITRE appellent les salariés et retraités à se rassembler
 
le samedi 4 juin à 11h
devant les VMC
L'article de l'Huma d'alors.
 

 

 5 juin 1977

 

"Une rue déserte longeant une voie ferrée et des usines qui se succèdent dans la banlieue nord de Reims. À l’entrée des Verreries mécaniques champenoises, les VMC, un groupe d’ouvriers tient le piquet de grève. Dimanche 5 juin 1977 vient à peine de poindre. Les épouses et les enfants des grévistes qui ont passé la soirée autour du brasero ont regagné depuis longtemps la maison. Puis il y eut vers minuit ce premier incident : cinq hommes, venus de l’usine Citröen qui jouxte les VMC, ont tenté en vain d’arracher la banderole de la CGT. Peu après 1 heure du matin, une voiture approche, ralentit devant l’usine. Les vitres sont abaissées. Deux occupants. Les coups de feu claquent. Trois hommes s’effondrent. Deux gravement blessés : Serge Vermeulen et Raymond Richard.

Le troisième, Pierre Maître, trente-sept ans, reçoit une balle en pleine tête. Il décédera quelques heures plus tard. La volonté de tuer était manifeste. On retrouvera 17 impacts de balles...

Les membres du commando, arrêtés peu après, sont tous des membres de l’encadrement de Citroën et de la CFT (Confédération française du travail), faux syndicat et vrai outil de répression antisyndicale, que le grand patronat et la droite ont tenté d’implanter dans les entreprises dans les années soixante et soixante-dix. L’industrie automobile - à l’exception de Renault, alors Régie nationale - a réussi à créer des réseaux CFT, se confondant souvent avec l’encadrement.

Pressions, flicages, mouchardages, provocations, menaces, tabassages de militants syndicaux (en 1975 à Aulnay-sous-Bois, en 1976 à Levallois)... Les nervis sévissent chez Citröen, Peugeot, Simca-Chrystler, Berliet, Ford... Le pouvoir giscardien soutient l’organisation, au point de lui accorder une place au Conseil économique et social... Les hommes de la CFT sont en effet souvent les mêmes qui assurent les missions musclées pour le compte des partis de droite.

Le chef du commando et auteur des coups de feu, Claude Leconte, est membre du SAC (Service d’action civique) fondé par Charles Pasqua.

Leconte a été envoyé à Reims en 1973 pour briser une grève dans l’usine Citroën. Lui et ses sbires allaient chercher des travailleurs immigrés dans leurs foyers et les emmenaient au travail sous la menace.

Depuis, il dirige un groupe d’hommes de main, opérant non seulement chez Citroën mais prêtant main-forte aux patrons d’autres entreprises rémoises. Le dirigeant de la CGT Marcel Caille, dans ses deux livres les Truands du patronat puis l’Assassin était chez Citröen (Éditions sociales), a décrypté le fonctionnement de ce syndicat « jaune », cerbère du patronat contre la CGT principalement.

L’activité du groupe, avait démontré Marcel Caille, était directement pilotée depuis le quai de Javel, la direction parisienne de Citröen. La voiture, une GS verte métallisée, que conduisait Henri Mangematin, le principal complice de Leconte, était immatriculée à Paris. Le tueur avait une voiture de fonction.

le maire solidaire des grévistes

Quant aux revendications des salariés des VMC, celles-ci portaient sur les salaires et le treizième mois. La direction de la société, dont le membre du conseil d’administration le plus influent était un certain... Maurice Papon, fait preuve d’une brutalité inouïe, clairement provocatrice et appuyée par le préfet. Elle annonce le licenciement de deux délégués syndicaux CGT pour avoir provoqué « des cessations de travail inopportunes ». Les gardes mobiles sont envoyés contre les grévistes. La police charge un meeting au cours duquel le nouveau maire de Reims, Claude Lamblin, vient d’exprimer la solidarité de la municipalité avec les salariés. Deux mois plus tôt en effet, aux élections municipales, la cité des sacres avait choisi la gauche et un maire communiste. La pilule était dure à avaler pour la bourgeoisie rémoise, au terme de près de deux décennies de règne de Jean Taittinger. Alors, beaucoup sont tentés de faire croire qu’un communiste à l’hôtel de ville serait source de désordre. L’Union patronale rémoise s’en prend aux « méthodes contraignantes de certains syndicats » et accuse « les municipalités à dominante communiste d’avoir entretenu un climat d’agressivité dans la région ». C’est un total renversement des rôles, auquel réplique René Andrieu dans l’Humanité : « Autrement dit, si un jeune ouvrier est mort abattu de sang-froid par une équipe d’hommes de main, c’est moins la faute des tueurs que la sienne propre d’avoir commis le crime d’adhérer au syndicat CGT. C’est aussi - il suffisait d’y penser - la faute du suffrage universel, coupable d’avoir élu une majorité de gauche dirigée par notre camarade Claude Lamblin. (...) La vérité, c’est que les coups viennent toujours du même côté. (...) Les tueurs se situent à l’autre bord. »

Jean-Paul Piérot"

 

La riposte la plus cinglante vint de la population elle-même, défilant par dizaines de milliers au lendemain de la mort de Pierre Maître et lors de ses obsèques, en présence d’Henri Krasucki, secrétaire général de la CGT.

Des arrêts de travail ont lieu dans toute la France.

La direction des VMC s’est vue contrainte d’accepter les revendications et de réintégrer les deux délégués. Le crime de Reims entraîna la fin de la CFT, qui pour se faire oublier se mua en CSL (Confédération des syndicats libres), elle-même dissoute en 2001.

Leconte fut condamné à vingt ans de réclusion criminelle, Mangematin à sept ans.


 

Aujourd’hui, l’adresse des VMC, c’est rue Pierre-Maître, la municipalité de gauche de l’époque ayant décidé que la rue porterait désormais le nom de l’ouvrier assassiné.



Une époque prenait fin, celle de la violence patronale assumée par des milices déguisées en syndicats.



Aujourd'hui, les pressions « managériales », selon la novlangue patronale, et les exigences des actionnaires ont pris d’autres formes.



Les atteintes au droit de grève et au droit syndical, la pression conduisant au suicide ont remplkacé les commando de tieurs mais les instigateurs ont toujours la main 

 

 

Commenter cet article
T
<br /> <br /> Je me souviens très bien de l'agression de nuit, par des nervis fascistes, contre les camarades qui étaient au piquet de grève, à la VMC.<br /> <br /> <br /> Le syndicat CGT de la VMC a de tous temps été un grand syndicat de luttes de classes. Ce mois de juin 1977, les camarades étaient engagés dans un conflit très dur, contre un patronat de combat,<br /> un patron de choc.<br /> <br /> <br /> L'actionnaire principal n'était autre que le tristement célèbre Maurice PAPON, criminel de guerre, Secrétaire d'Etat de Raymond BARRE.<br /> <br /> <br /> A l'époque, j'étais secrétaire du nsyndicat des cheminots de Rethel où je travaillais aux manoeuvres.<br /> <br /> <br /> J'ai aussitôt confectionné une affichette que j'ai mis dans notre cadre syndical CGT et voilà que j'ai failli être sanctionné par le chef de gare qui prétendait me faire retirer le document du<br /> cadre parce qu'il ne concernait pas une information syndicale SNCF.<br /> <br /> <br /> J'étais remonté comme une pendule. Tous ceux qui m'ont connu militant comme militant du tas, savent que ça ne bricollait pas avec moi.<br /> <br /> <br /> L'affichette et restée en place, elle figure dans mes précieuses archives.<br /> <br /> <br /> Un travailleur venait de se faire assassiner par des fascistes et j'aurais du m'applatir, jamais!<br /> <br /> <br /> Vois-tu camarade, il n'y a rien de pire que ceux qui aboient mais n'ont rien à prouver. Je suis de ceux qui passent de la parole aux actes.<br /> <br /> <br /> Je défis quiconque de prouver le contraire.<br /> <br /> <br /> J'ajoute que j'ai de bons copains qui furent les compagnons de combat du regretté Pierre MAITRE.<br /> <br /> <br /> HONNEUR A PIERRE MAITRE!<br /> <br /> <br /> A BAS LE FASCISME, BRAS ARME DU CAPITALISME !<br /> <br /> <br /> <br />