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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

♫ ♫ Détente : petite histoire d'éthylotest.

Publié le 5 Décembre 2011 par canaille le rouge in Rire et sourire

"Bientôt obligatoire dans les véhicules routiers" Hip hip Hipss, hourra

http://www.lanouvellerepublique.fr/var/plain_site/storage/images/nouvelle-republique.fr/actualite/faits-divers/justice/controle-a-2-g-il-conteste-la-conformite-de-l-ethylometre/112688053/36991100-1-fre-FR/112688053_reference.jpg

 

 

Pour celle ou celui qui encore l'ignoreraient, La Canaille dans une vie antérieure eu la grande joie de faire profession de conducteur de train.

Ce qui suit se passe dans son dépot d'attache, vers le début des années 80.


Les problèmes d'alcoolémie mobilisant plus les directions successives de la SNCF que l'éradication de l'amiante dans les locomotives, voitures et wagons, atelier et gares, des décisions devaient être prises. Elles les prirent ; avec célérité. 


 Délaissant l'amiante qui ne tuait pas les voyageurs et ne causait pas du tort aux marchandises, ils traquèrent l'alcool. Le premier front avait une légitimité, le second demandait globalement surveillance, sans plus, les courbes démographique de la caisse de retraite en témoignent.


C'était alors, rebond d'un sketch comique de Coluche, la reprise du "un cheminot est un homo sapiens sapiens vêtu de bleu marine qui buvait de trop pour rester au PTT pas assez pour entrer dans la Police" La direction voulaient donner des preuves de sa chasse aux buveurs. Il faudra attendre plus de vingt ans pour que la direction se bouge pour l'amiante.


Le syndicat n'étant pas opposé à l'élimination de tous les risques professionnels, pris pour celui là une position de principe : d'accord pour détecter, interdire l'accès aux cabines de conduite en cas de constat positif, accompagnement médical si nécessaire et éloignement de la filière au cas de rechutes liées à une non observance des traitements de la maladie. Rien de bien subversif mais de l'efficace. 


Se pose la question du contrôle. Installation à proximité du cadre traction de permanence d'un éthylomètre pour chacun des agents se présentant pour embaucher. Celui ci devant ostensiblement s'appliquer à exposer l'intégrité du contenu de ses poumons en le faisant transité au travers d'un tube chromo-évolutif virant en fonction du dosage de boisson interdite attendue.


Hasard (aidé) du calendrier celui qui n'est pas encore Canaille le Rouge est, si ce n'est le, du moins un des premiers à passer. Constat immédiat, l'embout e, inox, pendant est en banalité. Pas de substitution possible (serti sur le tube ) et pas de désinfection entre deux usages.


Le responsable de service, qui n'avait pas inventé l'eau chaude, devant les protestations du syndicaliste admet qu'il y a un vice de forme mais l'opération doit commencer ce soir à 22h00, il est 22h17 on n'arrête pas le train de la prévention.


Proposition du même syndicaliste assumant ses responsabilités : Il faut mettre un verre de désinfectant pour que l'embout trempe et comme cela le contrôle prophylactique sera réel.


Accord consensuel ? Trahison de classe du dit délégué ? Le cadre en question ultra pressé de revenir à son poste (et c'est normal, il a un rôle de sécurité) m'accompagne au cabinet médical (c'est lui qui a les clefs hors des heures de présence de l'infirmière ou du medecin) où je lave l'embout, prend une bouteille de désinfectant, un verre, et de retour au bureau de commande, les positionne sur le comptoir ad hoc puis souffle dans le machin qui note une stabilité chromatique déconcertante tant elle prend en défaut le dicton avancé plus haut. Le dit cheminot (himself) repose l'embout dans le verre et part, la joie au cœur et les yeux brillants du devoir accompli, passer une nuit à arpenter la Beauce avec ses wagons de marchandises.


Au retour vers 5h30, des regards assassins l'accueillent. L'éthylomètre n'était plus là. Deux ou trois collègues et camarades planqués derrière une porte battante se tenaient les côtes de rire à voir la scène.


Il est vrai que comme désinfectant, le verre était … d'alcool à 90°. 

 

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