Et ce ne sont pas les soviéto-archaïques de la CGT d'EDF GDF qui le disent mais un rapport officiel:
Le réseau d'EDF ne cesse de se dégrader
LEMONDE.FR | 11.05.10 | 09h28 • Mis à jour le 11.05.10 | 10h03
Alors qu'EDF publie ses résultats pour le premier trimestre, Le Parisien-Aujourd'hui en France publie, mardi 11 mai, les conclusions d'un rapport (le rapport d'étape du 5 mars est disponible) qui accuse l'opérateur de laisser son réseau se dégrader. Selon ce document, le réseau d'électricité ne cesse de se détériorer, les zones rurales étant les plus pénalisées.
"Faute d'investissements suffisants, le réseau de distribution d'EDF est en piteux état. Particulièrement en zone rurale. Pis, son mauvais entretien le rend de plus en plus vulnérable aux aléas climatiques", affirme Le Parisien. Ce constat serait tiré du rapport de deux membres éminents de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) basé sur l'examen des 1,2 million de kilomètres de lignes communales et départementales qui alimentent directement les particuliers et les PME.
Michel Lapeyre et Maurice Méda, qui viennent d'achever leur mandat de six ans dans cette commission, ont mené l'enquête et affirment que la Lozère détient la palme en terme de précarité."En 2008, ses habitants ont été privés d'électricité pendant une durée totale de 35 heures et 31 minutes", affirme le quotidien. Les autres départements ne seraient pas à l'abri non plus. ERDF, la filiale d'EDF chargée de l'exploitation et de l'entretien de l'essentiel du réseau, a largement pâti des choix stratégiques de sa maison mère, qui privilégie les acquisitions à l'étranger. Ses agents géreraient au jour le jour les interventions d'urgence au lien d'entretenir les lignes.
Le chiffre d'affaires d'EDF a progressé de 4,3 % à 21,9 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année. Cette croissance du chiffre d'affaires est essentiellement due aux acquisitions de l'électricien belge SPE et de la moitié des activités nucléaires de l'américain Constellation Energy Group. A périmètre et change constants, l'activité recule de 1,6 %, en raison d'une baisse des prix de l'électricité et du gaz à l'étranger. En France, le chiffre d'affaires progresse au contraire de 1,4 %, la demande ayant été stimulée par un climat rigoureux.
La situation est tellement critique que même "le Parisien" pourtant jamais en retard en la matière n'a même pas pu caser une de ses attaques dont il a le secret contre "les grévistes ou les nantis de leur CCAS"
L'article du Parisien :
Transformateurs vétustes, fils électriques nus, poteaux en miettes… Faute d’investissements suffisants, le réseau de distribution d’EDF est en piteux état. Particulièrement en zone rurale. Pis, son mauvais entretien le rend de plus en plus vulnérable aux aléas climatiques. C’est le double constat que font deux vice-présidents de la CRE (Commission de régulation de l’énergie), dans un rapport d’étape confidentiel que le « Parisien » et « Aujourd’hui en France » s’est procuré.
Le gendarme du marché de l’électricité a ausculté les 1,2 million de kilomètres
de « routes électriques » communales et départementales, qui alimentent directement les particuliers et les PME (les grosses entreprises étant directement approvisionnées en haute tension
par RTE, le Réseau de transport de l’électricité). Son verdict ? « La qualité du service s’est sensiblement dégradée » ces dernières années avec des coupures de plus en plus fréquentes et
des pannes de plus en plus longues.
Les choix stratégiques d’EDF
pointés du doigt
L’an passé, rien qu’à l’échelon communal (basse tension), le temps moyen de coupure de courant a été de 1 heure 30 minutes par an, soit « une hausse de 50 % ces dix dernières années »,
expliquent Michel Lapeyre et Maurice Méda. C’est dans les départements ruraux que la situation est la plus préoccupante, avec en tête du palmarès la Lozère. En 2008, ses habitants ont été privés
d’électricité pendant une durée totale de 35 heures et 31 minutes ! . Mais la plupart des autres départements ne sont pas non plus épargnés.
C’est ERDF, filiale d’EDF, qui est en charge de l’exploitation et de l’entretien de 95 % du réseau hexagonal de distribution. Or celle-ci, constatent les auteurs du rapport, a largement
pâti des choix stratégiques de sa maison mère qui a préféré investir à l’étranger : « Cette expansion internationale a été financée aussi (…) par une réduction de la maintenance et de
l’investissement sur le territoire national. »
Du coup, ERDF pare au plus pressé. François Brottes, député PS de l’Isère, vient de demander à la commission des Affaires économiques de mettre en place une mission d’information sur le
sujet. « La voilure a été clairement allégée depuis la privatisation d’EDF, explique-t-il. Cela a conduit à des réductions significatives des effectifs qui expliquent l’état déplorable du
réseau aujourd’hui. » Le rapport constate : « 57 % de ses dépenses totales de maintenance sont correctives » En clair, ses agents passent la majorité de leur temps à courir d’une panne à
l’autre plutôt que d’entretenir les lignes.
Pourtant après la grande tempête de 1999 (4 millions de foyers privés de courant), EDF s’était engagé à d’importants travaux « de sécurisation » de son réseau : 240 M € par an à partir de 2006, et ce jusqu’en 2017. Finalement, ce sont seulement « 170 millions par an que l’électricien a effectivement déboursés de 2006 à 2009 », concluent les deux experts de la CRE. Entre-temps, il y a eu la tempête Klaus dans le Sud-Ouest : 1,7 million de foyers dans le noir durant trois semaines. C’était il y a seulement un an. Contacté, ERDF ne nous a pas répondu.
Le Parisien
où mène la privatisation
/image%2F0691883%2F20221120%2Fob_a8eb97_pour-logo-blog.jpg)