Serment d'Hippocrate et pillage de la sécu
Il a la santé le charcutier du porte-monnaie
Tiré du Télégramme de Brest, La Canaille à juste supprimé le nom du patient qui n'a pas besoin d'être en plus encore plus ennuyé qu'il ne l'est, par contre pour ne pas censurer le télégramme les autres informations sont telles que livrées aux lecteurs du journal
"Un habitant de Pouldergat (29) en a les jambes coupées : mardi, un chirurgien de la clinique Saint-Michel, à Quimper, a refusé de l'opérer du genou, alors qu'il attendait sagement dans sa chambre. En cause, 46 € qu'il s'apprêtait à régler.
Satanés genoux, talons d'Achille des footballeurs, qu'ils soient pros ou amateurs. D.H., 34 ans, évolue en foot corpo, à Landudec. Lors d'un match, le 9 janvier dernier, son ménisque gauche, usé, s'est fêlé. Plus le choix, l'opération d'arthroscopie est devenue incontournable. Sans parler du football, le jeune homme est élagueur et cette blessure l'obligeait à se mettre en arrêt de travail.
Il
obtient un rendez-vous, il y a un mois, auprès du chirurgien Olivier Legeay, au sein de la clinique quimpéroise Saint-Michel.
(pub gratuite de La Canaille)
La prise de contact, ce jour-là, DH n'a pas son chéquier pour régler la consultation de 46 €. Il en informe la secrétaire qui se veut rassurante : il paiera plus tard. Il est de toute façon amené
à revenir, puisqu'il a été convenu qu'il sera opéré le 29 novembre. Entre-temps, il voit également un anesthésiste. Là encore, il ne règle pas les 28 € dus, mais ce dernier lui explique qu'il
n'aura qu'à passer payer quand il sera sorti de sa chambre le jour de l'opération.
«Moi, quand j'achète une baguette, je paye»
Ce
jour finit par arriver, mardi. DH se présente à la clinique à 7 h 30. Sa compagne et sa mère ont prévu de venir le chercher à l'issue de l'opération, vers 14 h, et de régler les deux
consultations antérieures au secrétariat. Son dossier d'admission étant complet, il n'a plus qu'à rejoindre la chambre 452. Sa jambe est rasée. On lui administre un calmant pour éviter toute
montée d'angoisse avant l'anesthésie générale. Il en est là lorsque, à 10 h, le docteur Legeay pénètre dans sa chambre et lui annonce : «Je ne vous opère pas. Vous n'avez pas payé les 46 €. Moi,
quand j'achète une baguette, je paye ! Vous pouvez vous rhabiller». DH est interloqué : «Je lui ai dit que ma copine allait passer juste après. "Je ne veux pas le savoir", m'a-t-il répondu». Puis
le docteur Legeay fait volte face, laissant là son patient, qui, de colère, reprend sa voiture en se fichant bien d'avoir pris un calmant. «Si au moins on m'avait prévenu à 7 h 30. C'est
incroyable ! Mais on m'a juste dit : "Vous pouvez monter, votre dossier est complet"», constate-t-il.
«Notre relation était mal partie»
Contacté,
le docteur Olivier Legeay confirme la scène. «C'est un monsieur qui est venu à sa consultation sans chéquier, ce qui est classique, et à qui j'ai proposé une intervention quelques semaines plus
tard. Les 46 € n'ont aucune importance mais c'est un début de relation qui ne me met pas en confiance. Le patient doit avoir confiance en son chirurgien mais l'inverse est vrai. Aujourd'hui, nous
sommes de plus en plus sur la sellette, soumis à des risques de procédure. Notre relation était mal partie, j'ai pris la décision de ne pas l'opérer. Encore une fois, la somme d'argent m'importe
peu» (errements d' hyppocrite).
Tandis que sa compagne passait régler la note mardi après-midi, DH, lui, a pris la tangente vers l'hôpital de Douarnenez. «J'ai rendez-vous le 15 décembre. L'opération n'aura pas lieu avant mi-janvier, puis il y aura la rééducation... Du coup, je ne pourrai pas reprendre mon travail avant deux mois au bas mot. Pour 46 € que j'allais régler. Je ne comprends vraiment pas le fonctionnement du privé...».
Rappelons de plus à cet homme de science que le boulanger ne pratique pas les dépassements d'honoraires et que serment d'Hippocrate lui est opposable. Que va dire la CRAM qui à cause de telles pratiques va devoir payer des indemnités journalières et les séquelles éventuelles d'un retard dans l'opération.
L'interogation du patient qui a eu raison de perdre... patience est de bon sens.
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