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Fromage ou dessert ? Grèves ou manifs ?
Alimenté par les stratégies un peu déconcertantes des directions syndicales nationales pour qui n'a pas la boussole "CES ménageant l'UE" pour les comprendre, un curieux débat est canalisé par quelques journalistes et analystes qui ne se sont jamais singularisés par leur présence sur les piquets de grèves qui ont pu animer la vie de leur rédaction.
Grèves ou manifs ? Comment développer le mouvement ? Comme si c'était de cela qu'il est question?
D'abord, recadrons le propos. Le gouvernement met en œuvre un projet réclamé par le patronat industriel et financier. C'est donc sur ce terrain que le combat principal se déroule. D'ou la bataille de chien pour minimiser le nombre de grévistes jusqu'à faire rentrer les malades, les salariés en vacances ou en stage de formation, voire les préretraités dans les effectifs pour diminuer le taux de participation au mouvement sur les lieux de travail.
Place incontournable des manifestations de rues pour mesurer la popularité du mouvement et la condamnation de ce gouvernement qui met le projet en place. Moyen décisif et historique ancré dans la pratique populaire et sociale française de faire s'exprimer ceux qui ne sont plus salariés, ceux qui ne le sont pas encore et souhaitent pouvoir le devenir, ceux qui sont exclus des entreprises par la compression de la part de capital variable (les salariés) pour valoriser le taux de profit.
D'où la bataille de chiffre sur les manifestants et la technique "Conforama" du "Dir. Com." de la place Beauvau : en promo cet automne, la manif à 0.99 millions…de participants : Hortefeux, mammouth des godillots de Fa#, écrase les chiffres.
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Danger : un troisième larron pointe son nez. Embusqué pour s'accaparer tout ce qui ressemble à un mouvement social, quelques bobos en mal de lisibilité publique en profitent pour agiter le hochet de leur référendum sur les retraites autour du thème "ce projet est-il bon ou en faut-il un autre". C'est drôle (ce qualificatif est-il le plus pertinent en l'occurrence ?) comment des gens qui regardent passer les cortèges depuis la terrasse des cafés branchés savent se construire des légitimités en puisant dans la malles à richesses qu'ils ne produisent pas. Notons au passage que les mêmes n'ont pas été nombreux dans la rue pour protester contre la forfaiture de Versailles quand le congrès s'est assis justement sur le résultat d'un référendum ; il est vrai que nombre d'entre eux -et cela les décrédibilise sur le dossier des retraites- avaient appelé à voter oui.
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Avec cette troublante proposition, ils se rendent complices d'un déni de justice en cautionnant qu'une part conséquente (les immigrés) des producteurs des richesses que le capital veut accaparer soit interdite du droit à intervenir dans le débat alors que ceux qui justement veulent encaisser le fruit du racket ont eux le droit d'y participer… et possède les moyens financiers pour mener idéologiquement la campagne. Ils participent ainsi au nom d'une démocratie dévoyée à ramener le conflit social dans le débat délégataire et institutionnel tout comme le débat "manifs ou grèves massives conduites par les salariés" l'empêche de gagner en souffle et puissance. Pas étonnant que cela caresse le PS dans le sens de ses extases historiques.
Grèves ou manifs ? C'est comme au resto le midi, comme c'est cher on n'aurait que le choix "fromage ou dessert" ?
Et bien non vu la fringale, ce sera fromage et dessert, non au régime basse calorie du référendum, et parce qu'ainsi on reste fort, ce sont les patrons qui paieront l'addition.
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