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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Les Contis : ils ne lâchent rien

Publié le 20 Octobre 2011 par canaille le rouge in Du côté des luttes

 

http://www.la-croix.com/var/bayard/storage/images/lacroix/semaine-en-images/ouverture-du-proces-de-520-anciens-salaries-contre-continental-_ng_-2011-10-18-724484/23043546-1-fre-FR/Ouverture-du-proces-de-520-anciens-salaries-contre-Continental_article_main_large.jpg

 PHOTO RICHARD DUGOVIC

Le procès aux prud'hommes des "Contis" s'est ouvert dans une salle de spectacle de Compiègne, capable d'accueillir l'ensemble des plaignants

Repris du blogue de l'ami Tourtaux cet article du Courrier Picard :

Cinq cent vingt (sur 1100) anciens salariés de l’usine Continental de Clairoix (Oise) attaquent depuis hier leur direction pour licenciement abusif

 

un procès hors normes.


Didier Vandhyfte, 45 ans, 23 ans de boîte : « Ce n’est pas le procès qui va nous permettre de faire revenir notre usine. Mais c’est un procès qui peut nous permettre de prouver que notre combat est légitime. Car la crise a bon dos ». Le trésorier (FO/CGT) du comité d’entreprise de Continental Clairoix, qui employait quelque 1 100 ouvriers jusqu’en mars 2009, résume l’espoir de ses anciens collègues. Les Contis n’ont jamais cru à la version de leur direction, à savoir qu’ils sont licenciés pour des raisons économiques.


Dans ce procès hors normes, les quatre juges des prud’hommes, juchés sur une estrade, devront trancher : le site de Clairoix a-t-il fermé à cause de la crise mondiale de 2008 comme le soutient la direction ? Ou a-t-il été sacrifié pour engranger encore plus de profits comme l’affirment les ouvriers ?


Pour Me Fiodor Rilov, « les bénéfices ont été placés au-dessus de tout autre intérêt ». Il explique qu’à l’été 2008, le groupe Schaeffer a décidé d’acheter le groupe Continental, « Cent fois plus important que lui ». Comment ? En empruntant aux banques 15 milliards d’euros. Et comment rembourser cette somme ? « C’est Continental qui devra rembourser (...) grâce au secteur pneumatique, considéré comme la vache à lait, le secteur qui continue le plus à progresser ».

« Une usine qui avait des résultats excellents »

Les profits sont à 17 % ? Insuffisant, « ils veulent les monter à 20 % ». Pour cela, « il devient urgent de fermer Clairoix pour délocaliser ». Deux ans après la fermeture du site de Clairoix, l’usine roumaine de Continental se développe, comme celle de Sarguemine (Moselle).

 
Mais est-ce que les cadres du site de Clairoix qui assistent au procès sont bien les responsables de cette fermeture, les décideurs ? Personne du côté des Contis n’y croit. Ils pointent du doigt Continental AG, la maison-mère, basée à Hanovre en Allemagne. « Elle est le véritable employeur et menait la barque. Or ce groupe n'a pas eu de problème économique » dans les pneus de tourisme et pour camionnettes, dans lesquels l'usine de Clairoix était spécialisée, explique Me Dufresne-Castets. L’avocat de cette maison-mère, Me Patrick Thiebart, dément : il explique qu’elle n’est intervenue que pour « faciliter les débats », « sortir de l’impasse » au moment des conflits.


Un élément pèsera peut-être lourd dans ce procès : la chronologie des faits. En septembre 2007, un accord est signé : les salariés travailleront 40 heures, payées 35, avec un objectif : « un avenir garanti jusqu’en 2012 », rapporte Me Ralf Bindauer, avocat des salariés. En novembre 2008 : le groupe dément un projet de fermeture du site. En mars 2009 : la condamnation du site est annoncée.


Les avocats de la direction mettent en avant les surcapacités de production enregistrées à Clairoix pour justifier de la mauvaise santé de l’entreprise. Me Bindauer balaie l’argument : « C’est un classique. On créait des surcapacités, on attend une crise qui tombe juste bien, et on délocalise. Puis la crise passe... » Il rappelle : « On a quand même fermé une usine qui avait des résultats excellents ».


GAUTIER LECARDONNEL

 

http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Conti-La-crise-a-bon-dos2

 

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