Lettre ouverte Teleparis
4 bis, rue Descombes
75017 Paris
Pour Ardisson, Société de production de l’émission (salut les terriens) du 2 mars dernier où était invité Onfray.
Monsieur,
C’est avec retard que nous avons pris connaissance de votre émission, dans laquelle vous
permettez au sieur Onfray, de vomir son anticommunisme, mettant en cause les FTP-MOI (Franc-Tireur et Partisans de la Main d’Œuvre Immigrée) et en offensant les communistes que nous
sommes.
Cet individu, affirme que les communistes français (dont les FTP-MOI étaient un des bras
armé) ne sont entrés en Résistance qu’après l’attaque allemande contre l’Union Soviétique et que pendant deux ans ils ont collaboré avec les nazis et qu’ils étaient anti-juifs. Et cette crapule ose ajouter : « Nous leur accorderons tout de même le bénéfice du doute sur les horreurs de la Shoah. En avaient-ils
connaissance ? Les idolâtres les plus fanatisés vous diront que non …. ».
Oser prétendre, comme il l’a dit, que
peu ou prou nous aurions participé à la Shoah, relève de la diffamation. Il est intolérable que vous rendiez ces vilénies publiques et cela ne vous honore pas de permettre à cet histrion
de se donner en spectacle dans votre émission.
Pendant la guerre, même les collaborateurs les plus pourris n’ont jamais accusé les
communistes et les FTP-MOI d’être anti-juifs, bien au contraire, ils nous désignaient sous l’appellation de judéo-communistes. D’après Onfray, ceux qui nieraient ses fausses révélations ne
seraient que « des idolâtres les plus fanatisés ». En ce qui nous concerne, nous anciens FTP-MOI faisons partie de « ces fanatisés là » qu’il ait donc le courage de venir
raconter ces saloperies dans une de nos réunions et il pourra constater à loisir que des vieillards fanatisés de 90 ans seront encore capables de lui faire avaler ces
insanités.
Il convient de rappeler, que les combattants FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté
(unité que des historiens désignent aujourd’hui comme « Le fer de lance de la Résistance armée française») ont été créés à l’initiative du Parti Communiste.
Les premiers engagés dans ces unités étaient des anciens des Brigades Internationales en
Espagne et la majorité des dirigeants de la M.O.I. ainsi qu’une partie de ses combattants étaient d’origine juive, comme le prouve le nom des fusillés de l’Affiche
Rouge.
Dans les cinq premiers créateurs de Carmagnole, il y avait, trois anciens des Brigades
Internationales, mais tous les cinq étaient d’origine juive. Nous accuser de porter une part de responsabilité dans la Shoah, c’est nous accuser d’avoir participé à la déportation de nos
propres familles, car à la libération combien d’entre nous se sont retrouvés tout seuls, leurs familles ayant totalement disparu dans les fours crématoires d’Auschwitz
Ces affirmations sont innommables et tous les mots orduriers figurant sur les
dictionnaires sont encore faibles pour dire ce que nous pensons de votre hôte parasite.
Afin que vous sachiez, afin que vous connaissiez les falsifications historiques et les
vilénies que vous avez permis de rendre publiques à l’odieux Onfray, nous allons vous démontrer par des preuves incontestables, que les communistes sont entrés les premiers en Résistance
contre les nazis. Oui ! Nous disons bien les premiers ! Et ci-dessous nous allons vous le démontrer.
Voici quelques unes des prises de position et d’opérations militaires effectuées bien
avant l’attaque avant l’attaque contre l’Union Soviétique.
Commençons par le début.
Dès 1936 beaucoup de communistes Français à l’appel de leur Parti, s’engagèrent comme
volontaires dans les Brigades Internationales afin de porter secours au peuple espagnol agressé par le général Franco, qui s’était insurgé contre son propre gouvernement.
Ce général renégat, était aidé dans ses combats contre la République espagnole, par les
nazis et les fascistes italiens venus lui prêter main forte.
Bien des années après, le gouvernement français reconnaissait que ceux qui s’étaient
engagés et battus dans les Brigades Internationales, n’avaient pas seulement combattu pour défendre la République espagnole, mais qu’ils avaient également été les premiers à prendre les
armes pour la défense de la liberté de notre pays.
En reconnaissance des services rendus à leur Patrie, le gouvernement Français leur a
attribué la Carte de Combattant.
Le 6 Juin 1940 : Le Parti Communiste Français, charge le philosophe
Georges Politzer (qui sera fusillé par les nazis) de remettre au ministre Anatole de Monzie un texte en cinq points rédigé par Benoît Frachon. Le dernier point est ainsi libellé :
« Il faut armer le peuple et faire de Paris une citadelle inexpugnable ». Il s’agit en fait du premier appel à la Résistance ouverte alors que la France n’a pas encore été envahie. On
retrouve l’esprit et parfois la lettre de ce texte dans les tracts clandestins qui seront plus tard diffusés par les militants communistes. (Il en existe des exemplaires au Musée de la
Résistance Nationale à Champigny).
Le 16 juin 1940 Les communistes brestois constituent leur premier dépôt d’armes au
Bouguen, provenant d’armes abandonnées par l’armée anglaise.
Le 17 juin 1940 : Charles Tillon, Responsable National du PCF et futur
commandant en chef de tous les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) était chargé par la direction du PCF, de réorganiser le Parti Communiste dans le Sud-ouest après les nombreuses arrestations,
opérées dans les rangs de PCF. Il lance, un véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien. Voici quelques phrases de cet appel : « Mais le peuple
français ne veut pas d’esclavage, de la misère et du fascisme …. Nous sommes pour un gouvernement, rétablissant la légalité du Parti Communiste, luttant contre le fascisme hitlérien. Nous
sommes le nombre nous seront la force. Peuple des usines, des champs, des magasins et des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins et aviateurs encore sous les
armes, unissez vous dans l’action ». Il s’agit bien là du premier véritable appel à la résistance contre le fascisme hitlérien lancé après l’occupation de notre pays. Il est utile
d’ajouter que des milliers de tracts reproduisant cet appel, furent distribués dans les rues de Bordeaux par des militants communistes.
En Juillet 1940 : A Nantes une famille d’instituteurs communistes nommée Leroy,
à saboté une centrale électrique et participé à une distribution de tracts appelant à la Résistance.
Le 10 juillet 1940 : L’appel de Maurice Thorez et de Jacques Duclos qui
déclare : « Un peuple comme le notre ne sera jamais un peuple d’esclaves ».
En août 1940 : « Dans le Nord, les communistes, Eusebio Ferrari, les
frères Martel, les frères Camphin, Debarge et quelques autres incendient plusieurs véhicules de l’armée d’occupation et font sauter un train allemand ».
Le 29 septembre 1940 Le commissaire central du département, adresse un rapport au
préfet de l’Aube : « Activité du Parti communiste, j’ai l’honneur de vous signaler que le Parti Communiste aurait organisé le ramassage sur tout le territoire des armes abandonnées
par l’armée française pour en constituer des dépôts clandestins ».
Le 5 octobre 1940 Un rapport de Vichy fait état : «Que le communisme est devenu
le symbole de l’indépendance nationale par contraste avec la résignation générale.
Octobre 1940 Le SS Sturmbahfuhrer Karl Bomelburg, chef de la Gestapo à Paris,
signale à ses supérieurs le danger important auquel l’occupant est confronté : « Quoiqu’interdit le Parti Communiste est le seul des anciens Partis qui déploie encore une forte
activité ».
Le 30 octobre 1940 : L’O.S. (l’Organisation Spéciale du Parti communiste) qui
combattait déjà depuis quelques temps contre les occupants, a été officiellement homologuée « Unité Combattante le 30 octobre 1940 » par le ministère des Armées Françaises. Ces
groupes spéciaux, constitués par le PCF en 1939, pour la protection des militants communistes recherchés par la police de Vichy, étaient des hommes aguerris, beaucoup avaient servi dans les
Brigades Internationales en Espagne. Parmi les premiers animateurs de l’O.S. se distingueront des hommes qui paieront de leur vie la gloire des premières opérations militaires contre
l’occupant. La liste des survivants artisans de l’O.S. est moins longue que celle des morts. Tous fusillés en 1941 et 1942.
Novembre 1940 : « Julien Hapiot, dirigeant communiste dans le Nord et
Georges Capel incendient un parc automobile Allemand ».
Le 4 décembre 1940 : « Roger Landini, dirigeant des jeunesses communistes
dans le Var, avec ses camarades a fait dérailler en gare de triage de Fréjus-Plage, un train chargé de produits alimentaires destinés à Allemagne ».
Le même mois : Eusebio Ferrari et Félicien Joly font sauter un train allemand
et dynamitent la génératrice et la station de Bénory-Cumichy
Le 11 décembre 1940 Au sud-est de Dijon, les groupes de l’O.S. dirigés par
Jean Mahon, Chalon et Grillot, font dérailler un train de marchandise, partant pour l’Allemagne.
Le 10 mars 1941, un groupe de l’O.S. abat trois soldats allemands au port de
commerce de Brest.
Le 30 avril 1941 un sous officier allemand est abattu à Lambersart dans le Nord par
le groupe de l’O.S. d’Eusebio Ferrari.
Le premier mai 1941 les groupes de l’O.S. sont dissouts et remplacé ce même jour par
les FTPF et les FTP-MOI, qui eux ont officiellement été homologués « Unité Combattante » à partir de ce premier mai 1941, par le ministère des armées.
Début mai 1941 A nouveau le groupe d’Eusebio Ferrari abat des soldats hitlériens à
Lambersart.
Toujours en mai 1941 les FTP détruisent un parc à voitures allemand à Saint-Die dans
les Vosges.
Fin mai début juin 1941 Déclenchement de la grande drève des
mineurs.
Grève organisée par les communistes : Auguste Lecœur, Michel Brûlé, Julien
Hapiot, Charles Debarge.
Dans le Pas-de-Calais cette grève rassemble 100 000 mineurs et prive les nazis
d’une importante quantité de charbon.
Le 26 mai 1941 Dans un numéro illégal de L’HUMANITE on peut lire :
« Abat l’antisémitisme ! ».
Et ce ne sont là que quelques unes des multiples actions menées par les communistes. Ces
quelques exemples démontrent que les communistes, contrairement à ce qu’affirme Onfray n’ont pas attendu l’attaque contre l’Union Soviétique pour prendre les armes contre les nazis et les
fascistes.
Au sujet de la scandaleuse calomnie à l’encontre de Guy Môquet, voici quelques
documents prouvant le contraire de ce qu’à écrit Onfray :
Le 30 mars 1939, sous le titre : « La dernière chance de la paix »,
Maurice Thorez, Secrétaire général du Parti Communiste Français écrit dans « l’Humanité » : « Le fascisme c’est la guerre. La marche des évènements depuis quelques années
confirme absolument cette vérité première …. Que faire devant la menace ? Sinon unir, sinon unir tous les peuples de bonne volonté et en premier lieu la France, l’Angleterre,
l’Union soviétique et par delà l’océan les Etats-Unis d’Amérique ? ». Ces phrases furent déterminantes dans l’attitude à avoir pour tous les communistes, Il fallait s’unir et
combattre le fascisme.
Guy Môquet.
Son père député communiste fut arrêté en octobre 1939. Cette arrestation est un
évènement marquant qui renforce l’ardeur militante de Guy.
Avec l’occupation de Paris et l’instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie
une grande activité pour coller des « papillons » et distribuer des tracts qui reflètent la ligne politique de son Parti. La ligne étant celle qu’avait définie par Maurice Thorez et
Jacques Duclos, il fallait se battre contre le nazisme et le fascisme et ses vils serviteurs du gouvernement de Vichy
Les diffamations du répugnant Onfray prouvent que Guy Môquet et ses camarades ne
pouvaient qu’avoir appliquer les directives de la direction de leur Parti et prétendre autre chose comme il le fait, relève de la salissure volontaire d’une des figures les plus
emblématiques de la résistance française.
Notre lettre aura eu entre autre comme tâche de vous démontrer qu’Onfray n’est qu’un
vulgaire falsificateur et que par ses calomnies il porte atteinte à tout le monde de la Résistance. Vous devriez à l’avenir choisir un peu mieux les personnes que vous présentez car nous sommes
contraints de penser que vous partagez leurs avis en les présentant avec tant d’égards.
Conclusion : Onfray n’est qu’un salopard. Cela n’est pas une insulte mais une
constatation.
Salopard, la définition de ce mot donnée par le dictionnaire Larousse est la
suivante : « Salopard – Individu sans scrupule qui agit envers autrui d’une façon ignoble ».
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Le Président: Léon
Landini
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Président de l’Amicale des Anciens FTP-MOI des Bataillons
Carmagnole-Liberté
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Officier de la Légion d’Honneur – Médaille de la Résistance – Grand Mutilé de
Guerre (suite aux tortures endurées pendant son internement) membre du Comité d’Honneur du Musée de la Résistance Nationale de Champigny.
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