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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Libye encore parce que se taire est trahir la paix et les peuples

Publié le 24 Mars 2011 par canaille le rouge in Mensonge d'état

 

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S'agit -il ou non d'une guerre ? Le fond la forme qui ramène au fond et quelques rappel des pratiques de nos gouvernants.

Le maréchal des logis chef Fa# sur conseil du bureau communication de ses chefs du pentagone dit que non. On peut même se poser la question de savoir, vu comment il a plus le souci de Langley que celui du parlement de la République, si ce n'est pas plutôt un honorable correspondant de la CIA qui est à l'Elysée qu'un président de la République (le passé public du sus nommé permet de poser la question)

Notons au pasage que le Collège interarmées de Défense (CID) reprendra "l’appellation historique" d’ « Ecole de guerre », à l’occasion d’une cérémonie présidée par Alain Juppé, ministre d’Etat, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, jeudi 20 janvier 2011.

Et maintenant, sans attendre, ils passent tout de suite de la théorie au TP.

http://www.charles-de-gaulle.org/media/actualites/2011/ecole-de-guerre-promo-de-gaulle.jpg

 

Guerre ou pas guerre ? Hélas. guère de doute.

Pour y voir clair sur la qualification de la situation, laissons parler les experts, les professionnels de la chose qui ont fait l'école sus nommée pour la faire.

Ce débat dans les colonnes du Monde :

Les réponses claires d'un officier ayant mandat de l'état major pour répondre à des lecteurs qui se positionnent en général sur un accompagnement de la ligne de guerre est éclairante.  

A la question "la France est-elle en guerre" ? Il apporte une réponse sans équivoque.

"24 03 2011 

 

DANS UN CHAT SUR LEMONDE.FR, LE COLONEL DE L'ARMÉE FRANÇAISE ET CHERCHEUR MICHEL GOYA ESTIME QU'AU VU DES "CONTRAINTES DIPLOMATIQUES", "LA RECHERCHE D'UN ARRÊT DES COMBATS EST À PEU PRÈS TOUT CE QUI PEUT ÊTRE ESPÉRÉ".

Hervé : Connait-on exactement l'armement militaire qui a été détruit depuis les bombardements ?

Michel Goya : Cette mission comprend deux aspects : le premier concerne la maîtrise du ciel par la destruction de l'armée de l'air pro-Kadhafi et de son environnement (bases, défenses aériennes, logistique, réseaux de commandement, etc.) et le déserrement de l'étau des forces terrestres autour de Benghazi.

La maîtrise du ciel est désormais pleinement acquise. Les forces aériennes pro-Kadhafi, par ailleurs très réduites, sont neutralisées.

En ce qui concerne l'action contre les forces terrestres, beaucoup plus complexe, nous savons que les forces de la coalition et, en particulier l'aviation française, ont détruit environ une vingtaine de véhicules blindés près de Benghazi, ce qui a suffi à obtenir un retrait des forces pro-Kadhafi.

Arapirou : Comment expliquer la résistance de l'armée régulière libyenne dans des configurations "classiques" (et non pas de guérilla urbaine), telle que le maintien des blindés au carrefour stratégique d'Ajdabia, que les forces aériennes ne semblent pas en mesure de déloger ?

Il est beaucoup plus difficile de neutraliser des forces terrestres nombreuses, dispersées, proches de la population que de grandes bases aériennes.

Les frappes aériennes sont surtout efficaces contre des concentrations de véhicules et d'armements lourds bien identifiés.

En cela, elles permettent effectivement d'enrayer toute attaque importante contre Benghazi.

En revanche, il est beaucoup plus difficile de neutraliser l'ensemble d'une force de 40 000 hommes incrustés sur le terrain. Cela demandera beaucoup plus de temps.

Julien : Le "basculement" d'une unité de blindés du côté des insurgés pourrait-il constituer la clé d'une contre- offensive?

Oui parce que, d'une part, cela pourrait signifier le début de l'effondrement de l'armée pro-Kadhafi et, d'autre part, car cela donnerait à la rébellion des moyens lourds qui lui manquent cruellement.

Il faut noter aussi que la ressemblance entre les adversaires du point de vue des équipements rend l'action des forces aériennes encore plus délicate.

Nicolas F : Pouvez vous nous confirmer la présence de forces armées de la coalition au sol, justifiée par le fait de faire la distinction – logique – entre ami et ennemi ?

Je ne peux rien confirmer en la matière. Mais il est évident que si l'on veut réduire au maximum les risques d'erreurs de frappes, il est préférable de disposer d'équipes spécialisées capables depuis le sol de guider les bombes avec le maximum de précision.

Hamaticy : Pensez-vous vraiment que cette intervention puisse être concluante sans intervention au sol ?

On connaît les avantages de l'emploi de la force aérienne (souplesse, vitesse, foudroyance), mais la décision a toujours lieu par une action ou la menace d'une action au sol.

On ne se rend pas devant des missiles de croisière. Si décision il y a, elle se fera par la victoire de la rébellion.

Compte tenu de la faiblesse militaire actuelle de cette rébellion, l'objectif actuel se limite à l'arrêt des combats conçu comme un préalable à des négociations.

LucD : La solution ne passe-t-elle pas par davantage d' aide (en matériel et en encadrement militaire et formation) aux insurgés ?

C'est une action complémentaire et de nombreux éléments semblent indiquer que celle-ci est en cours, notamment de la part de l'Egypte. Maintenant, faire une armée cohérente à partir de groupes de combattants improvisés demande du temps.

Vincent : N'a-t-on pas surestimé la capacité de l'opposition à mener une offensive vers l'ouest, même avec du matériel fourni plus ou moins discrètement par la coalition ou l'Egypte ?

Je pense que l'on a surtout sous-estimé la capacité du colonel Kadhafi à réagir et à constituer une force de répression efficace.

Sarah : Donc vous pensez que cette "guerre" sera longue ?

A partir du moment où des Etats et des organisations politiques s'affrontent par les armes, nous sommes effectivement en situation de guerre.

Et le but d'une guerre, c'est d'imposer sa volonté à son adversaire. Ce qui peut prendre du temps si cet adversaire mène une guerre absolue alors que nous-mêmes limitons notre emploi de la force.

Rappelons qu'il a fallu deux mois de bombardements et plusieurs dizaines de milliers de missions aériennes combinées à la menace d'une intervention terrestre massive pour faire plier Milosevic en 1999.

Armande : Quelle leçon précisément avez-vous retirée de l'expérience avec Milosevic ?

Lorsque l'on s'engage dans une guerre, il faut s'en donner les moyens et aller jusqu'au bout. Milosevic a cédé devant un emploi massif de la force et la menace d'une invasion terrestre.

Philippe : Pourquoi n'y a-t-il pas d'hélicoptères de combat en action ? Contre les chars c'est l'arme suprême, non ?

C'est effectivement une arme beaucoup plus efficace contre les troupes au sol d'une manière générale. Je pense qu'on s'en refuse l'emploi pour des raisons diplomatiques car ce serait considéré comme le début d'une intervention terrestre, dont, pour l'instant, personne ne veut.

Axel : Quelles sont les chances de voir s'enliser le conflit dans le contexte actuel?

Il y a trois scénarios possibles. Le premier, désormais très peu probable, est la poursuite de l'offensive des forces pro-Kadhafi en Cyrénaïque, malgré les frappes aériennes. Si tel est le cas, il faudra sans doute envisager d'autres options militaires.

Le deuxième scénario est l'effondrement des forces pro-Kadhafi et la victoire rapide des forces rebelles. C'est pour l'instant peu probable compte tenu de la faiblesse des rebelles.

Le troisième scénario, qui est par ailleurs celui recherché par la coalition, est le maintien des adversaires sur leurs positions actuelles.

Dans le meilleur des cas, les combats s'arrêtent et les adversaires négocient. Il faudra certainement, à ce moment-là, envisager une force d'interposition dont on voit mal comment elle ne pourrait pas être fournie par la Ligue arabe ou l'Organisation de l'unité africaine.

Dans le pire des cas, les combats continuent de manière endémique et, là encore, il faudra envisager d'autres options militaires.

Armande : Quelle leçon précisément avez-vous retirée de l'expérience avec Milosevic ?

Lorsque l'on s'engage dans une guerre, il faut s'en donner les moyens et aller jusqu'au bout. Milosevic a cédé devant un emploi massif de la force et la menace d'une invasion terrestre.

Pascal : Le colonel Kadhafi peut-il encore renforcer la présence de mercenaires ?

Rien ne l'empêche d'en recruter.

Hibou garni: Est6ce que la stratégie suivie par la coalition est la bonne ?

La stratégie, c'est l'art du possible. Les contraintes diplomatiques sont telles que les moyens militaires engagés par la coalition, bien que puissants, restent limités. Il faut donc accorder nos objectifs en fonction de ces moyens.

A cet égard, la recherche d'un arrêt des combats est à peu près tout ce que nous pouvons espérer. Je crains malheureusement que cela ne signifie pas pour autant l'arrêt de la guerre.

Chat modéré par Caroline Monnot"


Bien évidement ce texte est sans coupure, sans retrait ni ajout de mot, juste a été surligné une phrase qui n'est pas n'importe laquelle.


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Maintenant renouons avec quelques principes connus du mouvement pacifiste mondial :

Quand une force armée intervient contre un pays souverain cela s'apelle faire la guerre.

Quand cette force le fait sans avoir à riposter à une attaque contre son territoire, ses ressortissants ou (et) ses intérets, cela s'appelle une guerre d'agression.  La France officiellement mène la coalition des agresseurs et se met en droit international sous le coup des ripostes de l'agressé.

Ensuite, quand pour légitimer cette entrée en guerre les forces qui agressent tordent les textes et traités internationanux et s'assoient sur leur propre légitimité, en terme de droit international, les agresseurs se retrouvent dans la même situation que Mussolini attaquant l'Ethiopie ou Hitler annexant les Sudètes.

Question cela rend-il Kadhafi fréquentable ? en aucune façon. D'ailleurs ceux qui le fréquentaient se retrouvent quasi exclusivement parmi ceux qui mènent les opérations contre leur ex client et protégé.

Notons pour ne jamais l'oublier que les mêmes qui accordent protections assistances et soutiens aux féodaux du Golfe persique ,à l'unisson, ont fait jusqu'il y peu de même avec leur ami de Libye. Vieille pratique d'assistance : Qui se rappelle du rôle du GIGN dans l'aide active à la réduction sanglante, qui se terminera littéralement par la décapitation à coup de sabre, d'une insurrection à La Mecques il ya quelques décénies ? les rouages des répressions sont restés bien huilés.

Cela dit quand la France envoit son armée en Nouvelle Calédonie pour massacrer une part de la population qui exige reconnaissance, démocratie et départ des caciques colonialistes trucqueurs d'élections, qu'auraient dit les batteurs d'estrades de 2011 si une force militaire coalisée avait été envoyée pour neutraliser les blindées et force aériennes déployés par l'armée française sur ordre du gouvernement en place ?

Enfin et pour conclure provisoirement, que chacun de ceux qui pourrait avoir des doutes aille demander à son député ou à son sénateur quel est le statut d'intervention des forces armées sur le territoire de la République (métropolitain ET outre mer) pour réduire les crises éventuelles de contestation du pouvoir, les formes prévues et les modalités de leur mise en oeuvre et de quand date-t-il ?

Il va y avoir des surprises


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