A partir d'un papier qui depuis un ou deux jours circule sur la toile et que "Commun Commune" à mis en ligne (link), une mise dans une perspective convergente mais d'approche différente.
Il s'agit de la situation chez Dacia qui se voulait la branche "low cost" de Renault et se révèle un de ses aspirateurs majeurs à accumulation de profits.
Nous avancerons en trois temps. Les faits, le cadre puis les choix de Renault et ceux des travailleurs (vous savez déjà de quel coté sera La Canaille.
En 2012, Dacia a encore augmenté ses ventes de 4,8%, pour un total de 360 000 unités, dont seulement 6% sont destinés au marché intérieur, le reste se dirigeant prioritairement vers la France, premier marché avec 23% des ventes de Dacia.
Avec près de 8 000 travailleurs, l'usine roumaine de Mioveni produit chaque jour 1 400 véhicules (soit 350 000 véhicules par an) et 250 jours de production annuel. Parmi les revendications des ouvriers, aussi le relâchement de la pression des cadences, chaque ouvrier ne disposant que de 40 secondes pour chaque unité.
Dacia, avec le modèle Sandero produit en Roumanie, est aujourd'hui le moteur des profits réalisés par Renault. Les Dacia permettent, par la pratique des bas salaires et de la délocalisation, de réaliser une marge de profits de 10%, comparable à celles des voitures de luxe.
La nouvelle
usine marocaine, inaugurée l'an dernier par Dacia et évoquée plus loin par le directeur de Dacia, devrait pouvoir produire 400 000 voitures par an.
Voila pour le cadre,
La suite coule de source.
Mais avant d'aller plus loin rappelons pour planter le décor que le PDG de Renault Nissan, hors stock option touche par an plus d'une fois et demie la totalité des salaires mensuels de la totalité de l'usine de Mioveni.
Précisons aussi que le "geste" qu'il a fait pour que FO signe l'accord à casser les repères salariaux et travailler plus représente 430 000/800 = il abandonne que 538 mois de salaires moyens de prime , plus d'une vie de revenus (44 mois) d'un salarié considéré comme une part variable annuelle pour le boss (toujours hors stock-options) il ne doit pas avoir de mal pour remplacer les chaussures du gamin. L'obscénité du système est ainsi résumée
Maintenant repris sur le blog de Commun Commune
On connaissait le chantage à l'emploi pratiqué par Renault en France, et les menaces de délocalisation en Europe de l'Est. Désormais, via sa filiale Dacia, ce sont les ouvriers roumains qui sont victimes de ce chantage.
Les mouvements revendicatifs se multiplient dans les usines Dacia, partie intégrante du groupe Renault. Ce 21 mars, les ouvriers de l'usine de Mioveni, au sud de la Roumanie, ont commencé une grève de 36 heures pour obtenir une augmentation de salaire de 113 euros par mois.
Face à cette grève, premier mouvement d'ampleur depuis la grève victorieuse de 2008, la direction met en avant la perte financière pour le groupe – 20 millions d'euros – et a brandi une nouvelle menace en Europe de l'est : la délocalisation.
« Si nécessaire, nous délocaliserons notre production vers nos usines au Maroc car nous ne pouvons pas faire face à la hausse des coûts en Roumanie. Les revendications des employés sont irréalistes », a avancé le vice-président de Dacia.
Selon la direction, les ouvriers roumains seraient actuellement payés en moyenne 800 € par mois, soit deux fois la moyenne nationale et six fois le salaire minimum. Nombre d'ouvriers ont protesté contre ce chiffre, arguant de payes deux fois inférieures.
Le patron de
Dacia en Roumanie a rappelé que
l'ouvrier marocain avait comme avantage d'être rémunéré deux fois moins qu'un roumain.
Le syndicat unique dans l'usine, le SAD, fidèle à sa stratégie de concertation de classe a désavoué la grève et a appelé les ouvriers à reprendre le travail.
Dacia, première source de profits pour Renault
Pourtant, pour
Renault, le rachat de Dacia en 1998
est une affaire lucrative. Depuis, la production de véhicules n'a cessé d'augmenter, allant de pair avec les cadences de travail et les taux de productivité.
Plutôt qu'un cours magistral cela montre très simplement qui a mis au point, développé et use des délocalisations.
Cela explique ce que syndicalistes calés sur le combat anticapitaliste et donc ne niant pas la lutte de classe et ses antagonismes nomment la mise en concurrence des producteurs pour augmenter les profits et les limites possibles aux prétentions du capital si une organisation internationale de classe se construit pour agir contre ces prétentions.
Sources : Commun Commune/ Article AC/Solidarité Internationale PCF
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