L'administrateur qui se livre à un bras de fer avec Charles Doux a tranché.« les difficultés de trésorerie rendent difficiles, voire compromettent la faisabilité d'un plan de redressement », explique-t-il.
Des candidats. Plusieurs groupes agroalimentaires ont déjà fait acte de candidature auprès du Ciri (Comité interministériel à la restructuration industrielle) pour une reprise. « La solution de reprise sera de préférence globale, insiste l'administrateur. Elle devra maintenir les activités, sauvegarder un maximum d'emplois et apurer le passif dans les meilleures proportions possibles. »
Parmi les repreneurs potentiels, on pense forcément à LDC, le numéro 1 de la volaille en France. Il a déjà dit qu'il était prêt à examiner le dossier. Il y aussi Terrena avec sa filiale Gastronome. La direction de Doux, qui semble cette fois ne plus avoir la main, tempère ces déclarations : « Il s'agit d'une décision conservatoire destinée à sauvegarder le groupe si la période d'observation ne peut être financée sur une durée suffisante. » Elle travaille à la recherche de financements. « Déjà 20 millions seront réglés lundi prochain », dit un porte-parole. La vente de la société d'aliments pour chiens Stanven, basée à Port-Launay, a été examinée, hier, par le tribunal de commerce de Quimper. Il rendra sa décision mardi.
Natixis se défend. Doux cite parmi ses difficultés le blocage par Natixis Factor, une société d'affacturage, filiale de la banque Natixis, de 10 millions d'euros. Le rôle du « Factor » est d'acheter les créances d'une entreprise pour lui fournir des liquidités, à charge pour elle de récupérer les sommes auprès des clients et de prélever sa rémunération au passage.
« Nous n'avons pas pu financer un lot de factures envoyé par le groupe Doux car elles n'étaient pas accompagnées des documents prouvant qu'elles étaient réellement exigibles », explique-t-on du côté de la banque. Natixis Factor accompagne l'entreprise depuis 2008 en lui assurant des financements à court terme.
Sans compter les créances datant d'avant le dépôt de bilan, Natixis dit avoir accordé 10 millions supplémentaires depuis le 1er juin. Doux a rompu le contrat avec Natixis, « sans respecter le délai de préavis de trois mois. Il y a un décalage entre le rôle qu'on nous prête et les faits, c'est dur à avaler ».
Lorient, le 21 juin 2012
AUX SYNDICATS CGT DE BRETAGNE
AUX UNIONS LOCALES
AUX SYNDICATS DEPARTEMENTAUX
L’importance de la filière avicole dans notre région ne doit faire de doute pour personnes. Du salarié de l’agroalimentaire en passant par le transport, l’aviculture, l’activité portuaire, les services publics en territoires, etc… DOUX est l’affaire de tous.
La CGT dans l’unité la plus large et les salariés doivent tout mettre en oeuvre pour la sauvegarde de la filière avicole française qui engage également toute l’économie régionale et nationale.
La situation du groupe DOUX ne peut être réglée par le dépeçage de l’entreprise. Il y a urgence à engager une réflexion constructive concernant la filière.
Les organisations syndicales du groupe DOUX ont appelé à un rassemblement samedi 23 Juin prochain à 15 h 00 à CHATEAULIN, Place de la Résistance. L’ensemble des organisations CGT, CFDT, FO et CFTC, avec les salariés, appellent l’ensemble des acteurs de la filière et les populations à y participer massivement.
Quoi de mieux que la mobilisation massive de toutes nos forces pour mettre à mal les sombres projets qui sont déjà dans « les tuyaux ».
La sauvegarde de la filière avicole française passe par une amélioration des conditions sociales, par des droits nouveaux des salariés qui doivent avoir un droit de regard sur la gestion des entreprises et l’utilisation des fonds publics.
Nos organisations syndicales territoriales invitent l’ensemble des syndicats CGT à participer massivement à l’appel de l’intersyndicale et des salariés du groupe DOUX pour ensemble faire entendre que d’autres choix sont possibles.
La filière a de l’avenir !
Tous les syndiqués, les salariés, les populations, les professionnels sont appelés à participer à ce rassemblement qui permettra que la voix des salariés ait la place qui lui revient.
C’est en se mobilisant massivement que nous arriverons à une prise en compte d’orientation qui aille dans le sens de l’intérêt des salariés, des populations et des territoires.
C’est dans ce cadre que les organisations syndicales de l’entreprise DOUX vous appelle à un rassemblement le samedi 23 juin à 15 h 00 Place de la Résistance à CHATEAULIN.
Un communiqué qui tient autrement la route que l'appel de certains à ce qu'uniquement le patron mette la main à la poche. Une condition indispensable mais pas suffisante pour garantir l'avenir des agro-industries du Pays si cela ne s'accompagne pas d'un controle par les salariés de l'usage des fonds.
L'organisation de l'activité de la filière, le poids de la distribution mais aussi les banques qui se gavent en priorité doivent être remis à plat et transformée.
Joseph D'angelo, sécrétaire de la fédé CGT de l'agro précisant :
"Cette stratégie a déjà coûté beaucoup d’emplois dans le groupe. Quand la direction a décidé de s’implanter au Brésil, elle a fermé 14 usines en France et cela s’est traduit par la perte de centaines d’emplois.
Aujourd’hui, cette stratégie s’achève de manière catastrophique, avec une dette de 430 millions d’euros, dont 290 millions pour la filiale brésilienne. À plusieurs reprises, la CGT a demandé l’expertise des comptes de la holding et elle n’a jamais pu l’obtenir. Cette absence de transparence est l’une des raisons du désastre.
Autre conséquence de cette démarche, ce sont des conditions de travail en France qui se sont sensiblement dégradées, avec une multiplication des accidents du travail. Ce dumping social a eu un impact sur l’ensemble de la filière.
Au Brésil, la venue de Doux a mis en faillite plusieurs dizaines de petits producteurs. En tout cas, on ne peut pas dire que c’est le coût du travail en France qui a plombé les comptes de l’entreprise.
Doux a touché 55 millions d’euros de la politique agricole commune européenne pour la seule année 2011, notamment au titre de la compensation du coût du travail par rapport à la concurrence étrangère.
C'est à l'aunede ces éléments qu'on peut mesurer la déclaration du président du conseil régional qui outre d'être socialiste est aussi ministre du gouvernement, déclaration qui frise le cynisme :
La recherche de repprenneur, solution industrielle de toutes les liquidations avec toujours des PSE à la Clé, est comme pour Air France et ailleurs le crédo du pouvoir. Quel changement depuis le départ de l'ex équipe ?
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