Il va certainement y avoir quelques bonnes âmes qui vont sentencer devant micros et caméras pour dire "certes ce n'est pas bien ce que font les dirigeants de PSA mais il faut savoir maîtriser sa colère". leur pairs disaient de même aux gars de la navale, du parisien libérés de la sidérurgie(déjà) de SKF ou aux cheminots d'Austerlitz, du train de jaune, des Chemin de Fer de Provence(qui viennent de gagner) aux marins du France, aux filles du textiles ou de carrefour ou de Moulinex. Brefs "on vous soutien mais restez calmes".
Et bien NON. Quand la nuée est là, qu'on l'a identifié comme sauterelles qui s'abattent pour piller les récoltes, fou celui qui ferait le délicat pour ne pas s'en prémunir et la contrer. Fou qui appellerait Monsantos pour combattre les plaies d'Egypte ou se satisferait de Sapin et Moscovici pour s'opposer à Varin Parisot.
Il semble bien que sur les dernier mois nous arrivions à la fin d'un cycle : les travailleurs ont mesuré que parer les coups de la violence patronale ne suffit pas mais qu'il faut lui montrer qu'on est décidé à ne pas se laisser faire. D'autant que dans la guerre de classe, la puissance publique a choisi son camp : avant ou après juin 2012 les coups de matraques n'ont pas changé de direction. Au propre comme au figuré, le budget 2013 le porte, les cadeaux pour les mêmes, les gnons pour la masse des autres.
Les autres, ils se rebiffent ?
ILS ONT RAISON.
12 12 12 à Poissy
Les réactions à la provocation patronale lors du CCE de PSA hier augurait de cette colère
elle a commencé à se mettre en éruption ce midi.
Voici la réaction à chaud du représentant de la CGT PSA à l'issue du CCE d'hier:
"Fin mai, les effectifs dans l'activité automobile (PCA, Peugeot Citroën Automobile) s'élevaient à 67 112. Ils devraient fondre à 55 989 d'ici à la mi-2014, selon les informations relayées par les syndicats. "C'est la première fois que la direction nous avoue ces chiffres, elle n'a jamais voulu jusqu'à présent nous répondre sur les effectifs cibles", a réagi Jean-Pierre Mercier, délégué CGT. "Arnaud Montebourg demandait en juillet à la famille Peugeot de reformater son plan à la baisse. Ils le reformatent à la hausse ! C'est un véritable scandale. Le gouvernement doit intervenir sérieusement", a conclu le délégué CGT."
Voici la déclaration de la CGT qui démontrait avant le coup de force de la famille Peugeot et ses arc boutants la préméditation de la direction et son refus de prendre en compte les propositions des salariés.
Bien que la CGT considère toujours le plan de 8 000 suppressions d’emploi injustifié et inacceptable, les élus CGT ne rendront pas d’avis sur le motif économique concernant le plan de restructuration de la direction.
Nous considérons que sur cet aspect économique du plan, de nombreuses questions ne sont pas encore traités.
Nous considérons qu’en donnant un avis à ce stade, nous clôturerions des discussions qui n’ont pas encore commencé.
En effet le rapport d’expertise soulève de nombreuses questions et fait un certain nombre de propositions sur lesquels nous n’avons pas de réponse.
Le rapport fait ressortir la nécessité, non d’un plan de suppression d’emplois, mais d’abord et avant tout d’une restructuration financière. Le rapport évoque plusieurs pistes, (augmentation de capital, adossement à l’Etat, approfondissement de l’Alliance avec GM, nouvelles cessions de certaines activités du groupe, sortie de la bourse).
A ce jour nous n’avons aucune réponse, tant sur la nécessité de cette restructuration financière que sur la forme qu’elle pourrait prendre.
Dans le plan B que la CGT a dévoilé hier, nous proposons un apport de capital de 1,5 milliard d’euros, de la famille Peugeot et de ses sociétés financières FFP et Peugeot Frères.
Une telle mesure serait juste, possible et efficace :
Juste parce que depuis 1999, la CGT dénonce le pillage de l’entreprise par la politique de dividendes et de rachat d’actions menée au détriment de l’emploi et du développement économique dans l’intérêt financier immédiat de la famille Peugeot.
Le rapport SARTORIUS et le rapport SECAFI ont confirmé la position de la CGT.
Il est juste qu’une partie des 6 milliards prélevés hier soit aujourd’hui réinjectée dans l’entreprise pour garantir l’avenir des salariés.
Une telle mesure est possible parce que les sociétés financières de la famille Peugeot (FFP et Peugeot Frères) ont placé les dividendes de PSA, dans une palanquée de sociétés : LISI, ZODIAC, LINEDATA, ORPEA, ONET, SEB, CHATEAU GUIRAUD, IPSOS, Immobilière DASSAULT, SANEF, DKSH Suisse…
Aujourd’hui rien n’empêche la famille Peugeot de revendre ses participations pour restituer l’argent au groupe PSA au lieu de cacher des lingots d’or dans leur salle de bain !
Une telle mesure serait efficace car Cet apport de capital permettrait
De réaliser les projets de développement et d’avenir, qui sont aujourd’hui suspendus : boite de vitesse DCT, hybride rechargeable, etc…
De relancer les projets de véhicules qui ont été retardés ou abandonnés et de maintenir un niveau de R&D suffisant pour préparer l’avenir.
De gérer de façon convenable le volet social de la phase transitoire jusqu’à 2016, date où l’alliance avec GM commencera à produire ses résultats.
La CGT demande donc rendez-vous à la famille Peugeot afin de lui demander un engagement sur le sujet. Nous considérerions qu’à défaut la question du changement d’actionnaire principal serait posée.
En tout état de cause, cette mise au clair avec l’actionnaire principal est une condition de base pour envisager l’avenir du groupe PSA.
Sur le volet industriel, le rapport SECAFI pointe les inconvénients du scénario 9 de la fermeture d’Aulnay. Il montre que cela déboucherait sur la sur-saturation de certains sites, qui serait alors soumis au moindre aléa, tandis qu’Aulnay serait fermé et que d’autres sites comme Mulhouse seraient en sous-activité.
La colère qui commence à déborder ne surprendra que ceux qui sont confortablement installés dans leur fauteuil club à débattre de la condition ouvrière en surveillant d'un oeil discret les tendances boursières et distrait le zaping de l'actualité sociale.
Aujourd'hui est journée date : des salariés de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, qui doit fermer en 2014, se sont mis en grève mercredi pour aller manifester à Poissy (Yvelines) où devait se tenir à 13 heures une réunion sur l’accompagnement des personnes concernées par le plan social. Cette réunion a finalement été reportée au 20 décembre, après la manifestation de colère des employés d'Aulnay, qui ont pénétré à Poissy et renversé des pots de fleurs et des tableaux d'affichage.
Ils ont tapé du poing sur la table.
Un salarié PSA a indiqué que des manifestants avaient «détruit des ordinateurs et des tableaux», et «tout broyé sur leur passage». «La réelle casse, c’est celle de l’emploi : après 8 000 suppressions de postes, la direction en rajoute 1 500. On est là pour dire qu’on est en colère», a commenté un délégué CGT.
«Les négociations sont au point zéro. Le dialogue social chez PSA, c’est de nous envoyer à Pôle emploi sans rien», a dénoncé la CGT d'Aulnay.
Les réactions habituelles commencent à poindre :
"La direction et les cinq autres organisations syndicales dénoncent ces agissements qui sont le fait d'une minorité non représentative de l'ensemble des salariés", a réagi un porte-parole de PSA. Il a précisé que la direction avait porté plainte contre X."
Faut--il que cette colère soit circonscrite ? Il n'appartient qu'aux salariés eux mêmes avec leurs organisations dans les entreprises de décider de leur forme d'action. Mais hors PSA et dans toutes les branches ne faudrait-il pas s'interroger : se laisser mordre ou arracher les dents des chiens de garde et ceux qui tiennent les laisses ?
Historiquement, le patronat ne recule que si on l'agrippe fermement et qu'on serre, que si on le met en difficulté respiratoire.
On ne négocie pas avec un crotale et on ne fait confiance au marchand de potion antidote qui battent les estrades sur les foires.
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