Il ne s'agit pas d'un texte polémique. Non.
Il ne s'agit pas de régler des comptes anciens mais de regarder une situation dont chacun mesure la dérive, son sens, son accélération et l'urgence d'organiser une réponse permettant d'y faire face.
Il s'agit de l'expression de ce qui est à la fois un constat, et la volonté de très modestement participer à la construction d'une issue avec toutes celles et tous ceux qui sentent, mesurant l'urgence de s'affranchir du capitalisme cause de ces maux, l'impératif besoin de la construire.
Dans la Rose et le Réséda, Aragon nous lance ces vers que chacun connait mais qui, aujourd'hui prennent un sens, hélas, d'urgence.
"Quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au cœur du commun combat."
Le problème, c'est que pour que le combat soit commun, encore faut-il que ceux qui doivent le mener le mènent. Il y a des trous dans un front escompté qui montrent une béance criminelle.
Nous sommes devant une déferlante jamais vue de mesures antisociales, des régressions de civilisation imposées au nom de la satisfaction des exigences du capital appelé marché, conduites par une organisation internationale capitaliste ayant des outils organisationnels performant tel BM, FMI, BCE UE etc., on le mesure douloureusement à chaque instant sur toute la planète.
Pourtant, ici, la force qui normalement devrait – plus personne n'ose dire statutairement, légitimement, historiquement – si ce n'est organiser au moins participer à la riposte, la construire et appeler à la renforcer, le PCF, a décidé d'être aux abonnés absents et mobilise ses forces résiduelles pour une élection qui participe au fonctionnement du rouleau compresseur à combattre. Que ne relisent-ils leurs archives, leur histoire qui fut, pour beaucoup, la nôtre.
Au-delà de ce qui pourraient être des divergences d'analyses, de point de vue, il est proprement incroyable de ne voir aucune initiative populaire de masse proposée par le journal de Jaurès ET de Camélinat celui de Péri et de Cachin, aucune proposition d'action par le parti de tous ces noms qui scandent l'histoire du combat contre la réaction, le capital, l'impérialisme et la compromission de ceux qui veulent gérer avec eux. Au-delà d'un sentimentalisme de circonstance, la platitude du discours de P. Laurent à Châteaubriant y trouve son explication.
Pas un mot dans l'édito de Le Hyaric de ce 13 novembre pour nommer et condamner ce mode de fonctionnement basé sur l'exploitation et la spoliation qui s'appelle le capitalisme. Rien toujours sur le site du PCF.
L'extrême droite de retour en Grèce sur injonction entre autre du premier responsable politique de la réaction française, les anciens fascistes et néo nazis qui siègent dans son gouvernement se réunissent aux magasins du Printemps pour trinquer à la liquidation du pacte social et à l'espoir de l'inféodation totale aux marchés financiers, et pas une déclaration du PCF de ses groupes parlementaires ?
Pas un tract aux bouches des métros, dans les gares, sur les marchés ou zones commerciales. Rien sur internet qui pourtant ne mobilise pas de force militante.
Aucune expression massivement diffusée de solidarité internationale ni d'appels à résister dans les entreprises et les quartiers ? Non on attend. La place du colonel fabien nous joue le Désert des tartares. Une direction mobilisée à scruter l'horizon électoral, satisfait de s'être fait prendre les clefs du château par un cheval de Troie de la social-démocratie. Sauf que la forteresse est en feu et que les murs s'effondrent. Un sac annoncé et, de l'intérieur, par certains souhaité, un viol par consentement mutuel.
Il est certains que d'une façon ou d'une autre, sauf si la logique du capital conduit à son terme détruit l'humanité, nous sortirons un jour de cette barbarie mais quand et dans quel état ?
Il ne faudra pas s'étonner alors si les peuples demandent des comptes et les règlent avec tout ceux qui porteront les responsabilités : ceux qui ont mené cette régression historique du genre humain mais aussi ceux qui, byzantins des urnes, l'auront laissé faire.
Et pendant ce temps parce que c'est surement l'essentiel, ceci rebondit sur le net :
"Les vérités du matin
Regards croisés sur un engagement (1)
Espaces Marx vous invite à une rencontre avec les auteurs
Francette Lazard* et René Piquet**
Ils parleront de leur engagement et de la place du « je » et du « nous
»
dans l’exercice de hautes responsabilités politiques.
La soirée sera animée par
Michel Duffour,
Ancien dirigeant national du PCF,
ancien Secrétaire d'État au Patrimoine et à la Décentralisation culturelle"
Ca va trembler du côté de Neuilly. Pitoyable.
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