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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Que fait le timonier ? Et surtout en faut-il un ? Suite du débat sur les peuples et leur manipulation, quelques idées pour y voir plus clair

Publié le 2 Mai 2011 par canaille le rouge in Nouvelles du front

http://www.educol.net/coloriage-le-timonier-dl10523.jpg

Que fait le timonier ? Et surtout en faut-il un ?

Je n'avait pas encore mis en ligne l'article de Dominique Losurdo qu'un courriel me le proposait comme la vérité vraie plutôt que d'écouter des sources inconnue (de l'auteur du courriel) et donc douteuses.

Ce courriel assez cinglant m'opposant l'analyse de Dominique Losurdo (pour lequel La canaille ne cache pas son estime) au témoignage de notre cairote de correspondante du côté de l'est méditerranéen.  

La question portant sur l'appréciation des crises des pays de l'arc arabo-persique (raccourci dont je conviens qu'il passe trop vite sur la non "arabité" d'une part importante de ces régions) et des affrontements en Syrie.

Comme la cairote en question a quelques pratiques et expériences militantes et pas du côté impérialiste loin s'en faut, et des références théoriques qui lui permettent de liér théorie et pratiques, l'opposer à Losurdo m'a interpelé comme on dit.

Donc pour y voir clair, retour sur les deux textes (vous les avez sur les pages précédentes  [ La Syrie vue d'un regard cairote affuté ] et [ pour débattre : coups tordus, peuples et insurrection ] pour comprendre ou se trouverait l'antagonisme.  

Je n'en ai pas trouvé et c'est là que se pose le vrai problème.

La démonstration de D Losurdo sur les capacités de manipulation massive de l'opinion dans le cadre de la guerre idéologique planétaire ne souffre pas de contestation et sa démonstration à partir d'exemple connus et dénoncés qu'il remet en perspective est non seulement à considérer mais même à populariser.

On peut même préciser qu'il ne s'agit pas d'une invention de la CIA mais que la bourgeoisie européenne, française en tête, en son temps, avait su développer ses pratiques alimentant le tronc commun de l'intox : les intox sur les pétroleuses de la Commune ont la vie dure, elles sont de même nature que les faux contre Dreyfus pour alimenter les campagnes antisémites de Drumont ou les calomnies qui conduiront des démocrates au suicide comme Salengro. Elles sont du même tonneau, mémoire du 1er mai, que la provo devant chez McCormick à Chicago ou le massacre de Fourmies comme l'ont été les fusillades de Draveil si chères à Clémenceau. Tout comme le fut dans les Balkans l'assassinat de l'archiduc en 14 ou l'incendie du Reichstadt en 33 à Berlin.

Pour autant le développé des arguments de snony pose le débat sur un autre registre.

Un constat lui peu discutable : il y a  avec ou sans contre-révolution dans de nombreux pays de cet arc arabo persique  une violence d'état qui fait des morts ultra majoritairement coté du peuple. C'est toujours un pouvoir d'état qui tire et réprime.

La question qui est posée est donc de comprendre pourquoi ces violences et donc pourquoi le peuple se retrouve-t-il face aux canons ? Sur quel terrain favorable une colère ou une manipulation peut-elle se transformer en émeute contre un pouvoir, la manipulation est-elle possible sans la colère ?

Dit autrement depuis 50 ans que la même campagne avec des assauts de violence aussi forte voir très souvent plus est engagée contre Cuba et plus récemment contre le Venezuela et d'autre pays d'Amérique latine, pourquoi ces campagnes ne produisent pas les mêmes effets ? Il faut l'opération Condor et les armées d'Amérique du sud pour instaurer des dictatures. Les peupes ne les suivent pas. Comme il y a pas de gènes marqueurs "soutien de la CIA" au moyen orient, il faut rapidement en conclure que les raisons sont autres. 

Cela pose la question de la nature du régime et de la place du peuple acteur ou subissant la conduite des affaires du Pays.

Je persiste a penser que la nature réel du régime syrien est masqué par des considérations de géopolitique ou l'impérialisme , devant la montée des velléités démocratique des peuples a besoin de se défaire de ceux qu'elle a mis en place ou toléré au nom du moindre mal.

De quel droit disposent politiquement effectivement les syriens au plan politique et syndical ? Le fait que deux partis communistes aient accepté d'être dans le front national progressiste (FNP) fait-il du régime syrien un bastion à défendre ? 

Comment mesurer les stratégies impérialistes ?

Il leur fallait se débarrasser de Nasser, contenir Sadate et défendre Moubarak comme il a fallu assassiner Lumumba et bien d'autres de ses camarades. Cela a été fait sans fléchir par la CIA ses relais, dont la françafrique.

De même dès qu'il fallut se complaire officiellement à adouber les sergents de la coloniale propulsés au statut de monarque. Tout comme des autocrates ont pu faire parfois illusions parce que le fondamental était oublié : la place du mouvement populaire pour créer les conditions de la transformation, la conduire et la pérenniser et leur transformation concomitante, à coup de corruption, en potentat, d'Abidjan au Caire, en passant par Rabat Alger et khartoum jusqu'aux émirats, la liste est longue et scande la traversée du continent.

C'est dans ce conteste que l'interpellation de snony prend tout son sens :" Avec l’épisode syrien, le printemps arabe se rapproche semble-t-il de son centre de gravité : la question palestinienne". C'est bien le positionnement des dirigeants des états du pourtour de la méditerranée et l'usage politicien, le rejet ou l'ignorance de la question palestinienne qui liés aux bourgeoisies compradores au pouvoir et à toutes les manipulations pour s'y maintenir, croisés aux opérations de l'impérialisme pour s'assurer les points d'appuis dont le capital un besoin crucial dans la région qui déterminent la forme et le niveau des colères.

Dans ce conteste et mis en ligne quelques jours avant l'explosion de Marrakech, cette phrase de snony : " Mais il est clair que le printemps arabe va déclencher des avalanches que l’on ne pourra pas forcément arrêter en posant des bombes dans les cafés, pour relancer le fond de commerce habituel : la peur du terrorisme." prend un relief certain.

A lier concernant, la Syrie aux accusations lancées par le peuple contre Bachar al assad de mollesse devant Israël à propos du Golan (une accusation qui ne va pas forcement dans l'intérêt du jeu U.S. dans la région).

Cela montre que si la CIA est toujours aux avant poste des mauvais coups elle n'a pas forcément les coudées franches et qu'elle ne maitrise pas forcément toutes les déstabilisations qu'elle tente de piloter (rappelons nous Castro et Batista).

Confirmation aussi en l'état des difficultés de l'OTAN d'avancer dans la partition de la Libye ou le rejet de Kadhafi pour réel qu'il fut est entrain de s'estomper devant le rejet de l'agression extérieure et la question de la souveraineté qui mettent les partitionnaires et leurs soutiens officiels et son encadrement officieux en difficultés militaires et diplomatiques.

En fait, doit- on soutenir des régimes parce que l'impérialisme cherche à venir y faire le ménage à son avantage ou doit on d'abord se positionner du point de vue du mouvement populaire ?

A ce régime là, au Viet Nam, il aurait fallu soutenir Bao Daï parce que les USA n'en voulaient plus et avait choisi Diem ? Le soutien aux patriotes vietnamiens et leur guerre d'indépendance me semble avoir été plus fécond en termes de solidarité et de perspective révolutionnaire contre Diem et Bao Daï.

La question qui renvoi à l'analyse de D Losurdo est de faire la part entre l'affrontement au niveau des appareils d'états et la réalité de l'affrontement de classe qui parce que de classe ne met pas la question de l'état au premier chef mais fait que les dominants la gardent tout près pour la faire ressortir dans le cadre de l'état bourgeois.

Dans ce moment d'anniversaire de Lénine, lire ou relire "l'état et la révolution" (tout comme celui de la commune pour relire "la guerre civile en France" de K Marx.).

C'est à la fois l'atout et le handicap du mouvement populaire. Atout parce qu'il ne dépend pas des arcanes des stratégies politiques pour se déployer, faiblesse parce que les forces les plus structurées sont les plus rapidement en capacité à s'ériger en groupes dirigeants et d'installer un pouvoir d'état à la mesure de leurs ambitions pour marquer la défaite adverse et installer leur domination.

Nous somme là au cœur du vieux débat qui clive durablement le mouvement progressiste : la prise du pouvoir d'état suffit-il à qualifier la transformation?

Le changement de timonier garantit-il le changement de cap ? Sans même parler de 2012, pour revenir à la commune et à octobre 17 ou les conseils de travailleur de l'automne 44 dans les usines mises sous séquestre : a-t-on besoin d'un timonier ?

D'expérience, le moins que nous puissions dire, cela ne semble pas être la piste la plus féconde. De 1924 en URSS à nos jours, en passant par toutes les guerres de libération nationale, sauf pays où les dirigeants avait comme boussole, même contre leur entourage proche, ce refus de la personnalisation du régime, la déification du timonier à produit de l'échec.

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de 1924 à 1954, quand le kopeck indique le sens des  évolutions où est passé le peuple ? 

Cette stratégie a conduit à se mettre dans les pas de pouvoirs abhorrés et souvent même de faire pire que lui, avec à l'initiative ou les roues dans l'ornière des partis se déclarant communistes discréditant ainsi durablement l'idée.

Toute la question du stalinisme se résume dans ce débat et il me semble que les travaux de D Losurdo permettent une remise en perspective éclairant les conditions de ce qui fait débat. Le stalinisme n'est que le raccourci étatique où l'état et sa primauté devient l'objet à sauver par tous les moyens comme quintessence de ce qui a été mis en place contre ce qui a été aboli…sans voir combien les tares de l'aboli fécondent et ressourcent la quintessence, la clase dominante créant sa nouvelle bourgeoisie. Ce ne sont pas les oligarques d'aujourd'hui qui pourrons nous démentir.

C'est ce qui explique toute les révolutions bourgeoises, et tous les échecs en Europe et en Afrique des révolutions à vocation socialiste dès lors qu'au nom de la cohérence du pouvoir ou de la défense de la forteresse on confisque le pouvoir et supprime la démocratie. La canaille ne peut pas en avançant cela ne pas penser au Burkina Faso.

C'est, concernant la Syrie ce que Bachar a fait avec le parti Baas et l'union sacrée pour défendre le territoire contre l'agresseur israélien depuis 67. Si Israël n'a pas trop été ébranlé, si les palestiniens sans même remonter à 1947 depuis 44 ans supportent l'essentiel des agressions impérialistes, les démocrates syriens pour certains ont cessé de l'être et pour les autres l'ont payé et le paient fort cher. Le pouvoir syrien n'a pas été trop dérangé jusqu'à ses temps dernier et n'était pas plus honni que Moubarak ou ben Ali, presque mieux en cour que Kadhafi (que nous n'avons pas beaucoup entendu dénoncer l'invasion de l'Irak par ceux qui le bombardent et leur allié parisien d'aujourd'hui) mais voila les peuples non seulement entre sans frapper mais en plus ils exigent les clefs et l'accès au réserves.  

Insupportable pour tous les pouvoirs d'états , insupportables pour le capital et l'impérialisme qui se sent (à juste titre) menacé dans l'accès aux matières premières et à de juteux marchés des pays dits émergents si leurs peuples décidaient souverainement que faire de leurs richesses. D’où les provocations des services spéciaux, leur coups tordus. D'où les colères populaires que les premiers tentent d'instrumentaliser. Le peuple doit il cesser son combat dans ces conditions là ? C'est la théorie social-démocrate de l'union sacrée.

Dans ce contexte et La Canaille vous invite à aller relire le texte de snony, celui de Dominique Losurdo et surtout en faisant sienne la conclusion de snony : Le camp de la guerre trépigne, panique et s’affole. C’est donc un bon moment pour mobiliser celui de la paix et pour mettre l’intelligence au pouvoir partout où se sera possible. L’espace, ces derniers mois, s’est sérieusement agrandi : profitons-en !

Une paix à imposer dans un rapport de force que les belliqueux vont tout faire pour l'empêcher c'est vital pour eux. C'est la bnature de classe de l'affrontement.  

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