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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Attentat contre la presse et le livre, une histoire des "sérials censeurs"

Publié le 2 Novembre 2011 par canaille le rouge in la culture et les idées


 

 

http://q.liberation.fr/photo/id/346195

Devant le siège détruit ce journaliste de Charlie Hebdo brandit le numéro visé par  les factieux.

L'attentat contre Charlie Hebdo ; pas un hasard mais une sinistre continuité historique à toujours combattre.

 

Durant des siècles, les murs étant trop lourd, l'écorce trop vulnérable, les peaux puis la forêt furent les seuls gisements de ressources pour fabriquer du support à imprimer, diffuser du support à pensées.

Tant que la copie était manuelle, si l'encens et le secret n'y suffisaient plus, quelques sabres et deux ou trois prévôts aidés d'un évêque ou deux permettaient de contenir les périls contenus par cette pensée qui nourrissait en son sein ce dangereux esprit critique, lui même une denrée volatile et aléatoire.

Arriva Gutenberg qui certes imprimera la Bible mais aussi, scandale, Erasme et sa bande de subversifs iconoclastes qui firent souche jusqu'à Voltaire, Noir pour la plume, de Daumier a Jossot ou J Effel pour le trait, aujourd'hui contournant les rangés des pavés, vendus des dédicaces, ils sont les aprovisionneurs de pages de blogues et autres c@rnets.

Devant ce flot montant, il fallut passer à la dimension supérieure pour tenter, en vain, de rationaliser. Les autorités régulières et séculières mirent au point une technique qui liée à des mesures pratiques et administratives leur permis de maintenir le cadre : Les cerveaux mis au frais dans des culs de basses fosses voir décollés des contingences terrestres par le glaive du bourreau et les productions détruites sur place permettaient de faire face. Ainsi, en fermant une imprimerie en enfermant l'imprimeur et-ou en encadrant le stock il était possible de contenir la diffusion des idées.

Bien sur de temps en temps il y avait des dérapages et les forces de l'ordre moral prodiguaient des purges salvatrices au moyen d'autodafés. Une sorte d'écobuage chargé de fertiliser la pensée dominante : Au nom du Livre, des bûchers de l'inquisition où écrits et auteurs étaient pêle-mêle brulés, jusqu'aux tris sélectifs du 3ème Reich ; les livres d'un côté ceux qui lisent écrivent pensent de l'autre et leur successeurs pour le préventif de l'autre; le grand oeuvre de préservation de l'ordre moral pouvait continuer.

Bon an mal an, les effets pernicieux dans les cerveaux produits par les effets de la conjugaison fine de l'encre sur le papier pouvaient être si ce n'est régulés du moins fermement encadrés.

Le problème n'est pas le papier. on peut tout y emballer même des osties ou des produits divers rituellement santifiés. Pas l'encre avec laquelle on peut inscrire partout "dieux sont unique". le problème, c'est quand la rencontre des deux produit un objet qui par sa maniabilité échappe aux contrôles et peut être diffuser...hors normes d'états ou d'ordres religieux.

Ces incendies condamnés puis enfin interdits par la lutte des défenseurs de l'esprit par le droit à l'écrit qui créra ensuite le droit à l'audio et au visuel, la chirurgie des ministères de l'information pris le relai. Au besoin et bien sur contre lui, les ciseaux du pouvoir montraient combien le rouge idéologique du texte censuré était valorisé par un blanc en pleine page, leurs auteurs étranglés financièrement (parfois encore mis à l'ombre) .

 

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/26/Andr%C3%A9_Gill_-_Madame_Anastasie.jpg/220px-Andr%C3%A9_Gill_-_Madame_Anastasie.jpg

 

Des fois des inflammations de la main droite capable de gagner tout le bras voir tout le corps causaient des irruptions de feux sacramentels. Ainsi à l'époque où l'Humanité était repéré pour défendre les colonisés, les idées de progrès, l'idée d'une société sans classe, les colonisateurs, les réactionnaires, les anticommunistes ont à plusieurs reprises cherché à mettre le feu à l'imprimerie et au siège du journal. Plus que les techniques de construction, son contenu l'a rendu ignifugé.

Aujourd'hui que l'électronique est au cœur de l'industrie de la presse c'est Charlie hebdo qui est la cible des succédanés (joli nom pour l'occasion) de nos Torquemada. Piratage du site Web réalisé par ces octets de con qui en plus ont coktailisé le siège du journal.

Cela a un nom : c'est du fascisme.

Toujours au plus près du fanatisme. Alimenté par l'idéologie communautariste dont le capital à besoin pour diviser tronçonner le corps social, il est savamment entretenu et produit ses remugles :

Ici hier on tente d'interdire une pièce de théâtre, là aujourd'hui on brûle un journal. Ailleurs encore, petit bras, on tente d'acheter le stock pour en interdire la diffusion mais toujours Anastasie arrive, sabrant de ses ciseaux réels ou virtuels, suivit de ses nervis, condottières ou janissaires . L'attaque d'un piquet de grève ou d'un centre de planning familial est sans doute dans l'arsenal de leurs prochains forfaits tant au delà des condamnations de principes ils sont sur le font par les mêmes encouragés.

Pourtant Charlie avait su donner des gages quand il mettait Siné à la lourde pour outrage au logo de la famille-de la femme-du fils-du babu qui règne. Pour la bête cela ne compte pas il s'agit d'un fonctionnement dichotomique : le bien le mal, le blanc le noir. Tout ce qui n'est pas pour lui est contre lui et toujours au nom du même Livre ou la majuscule rend minuscules ceux qui se cachent dans sa reliure.

Fa# vend la République aux intégristes de la croix et donne la Lybie (mais aussi le Louvres et la Sorbonne) via le Qatar aux intégristes du croissant. Croix et psaumes ou chapelets et fatwa  en main ils passent à l'offensive.

Depuis l'épisode Siné, La Canaille a pris plus que du champ avec Charlie. Sa rédaction à sa façon ayant su prouver qu'Aragon avait raison : "c'est avec les jeunes sots qu'on fait les vieux cons". Brel, avec "les bourgeois" l'avait mis en chanson.


Mais devant le fascisme, barrage. Condamnation et exigence de jugement contre les coupables.

Ensuite, comme aurait pu le dire Chancel, "et Dieux dans tous ça ?". Personnellement, inconnu au bataillon certainement une affaire privé pour nombre de mes voisins et même si je ne l'ai jamais croisé dans l'ascenseur, cela n'empêche pas la canaille de toujours chercher à prendre de la hauteur.

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