Faites de la musique,
pas pour adoucir les moeurs
mais au moins les pacifier
sous la baguette de Daniel Barenboïm à la tête de sa troupe israélo-arabe, le West Eastern Divan Orchestra, des Chœurs de l’Orchestre de Paris et de la Singakademie de Francfort.
"on sent bien qu'il y a un air du temps propagé par les médias et les hommes politiques auquel il n'est pas aisé de résister." J. Lang janvier 2013
Si l'homme et ses investissements politiques sont discutables, on ne peut lui faire le procès d'un philo ou antisémitisme connu, loin s'en faut.
Sa défense des cultures du monde arabe n'est pas un secret (même si l'institut qu'il dirige a toujours des liens plus que discutables avec les régimes dicatatoriaux du moyen orient).
C'est un juriste éprouvé qui en matière de culture, a voir la diversité des foules dans la rue chaque 20 juin n'a pas laissé un passé vide de sens.
Il est militant-dirigeant du PS ce qui n'en fait pas une référence préalable pour Canaille le Rouge, loin s'en faut.
Son entretien de ce jour dans les colonnes du Monde mérite d'être lu avec attention.
La Canaille s'y retrouve fortement. Les lecteurs y retrouveront des arguments ici défendus pour mettre le gouvernement et son "sérolophile" sinistre de l'intérieur en accusation (ce que Lang évidement ne fait pas).
C'est d'ailleurs ce qui conduit Canaille le Rouge à affirmer que le gouvernement s'est servi des éructations racistes de l'ex comique qui n'est plus que troupier comme d'un effet d'aubaine : glisser par le biais de la jurisprudence des mesures liberticides décidée par la réunion des chefs de gouvernement de l'UE à la fin de l'automne 2013, c'est même la raison de fond de l'absence de poursuite sur le terrain judiciaire et le choix des procédures administratives.
Sur des accusations aussi grave, jusqu'à ce jour, alors que La Canaille n'est pas le seul à les avancer, aucune refutation du côté gouvernemental et pire, aucun de ceux qui disent se mettre en travers de cette mise en place d'un autoritarisme brutal supranational qui ne pipe mot..
LE MONDE | • Mis à jour le |
Président de l'Institut du monde arabe, ancien ministre de la culture et de l'éducation nationale de François Mitterrand et de Lionel Jospin, Jack Lang réagit aux ordonnances du Conseil d'Etat confirmant l'interdiction des spectacles de Dieudonné à Nantes, Tours, Orléans et Paris. C'est, dit-il, en tant qu'« homme de culture, militant des libertés et juriste » qu'il s'exprime ici. Agrégé de droit public, M. Lang a été professeur de droit à l'université Paris-X-Nanterre.
Que vous inspire la décision du Conseil d'Etat dans l'affaire Dieudonné ?
Je suis partagé entre deux sentiments contradictoires. D'un côté, bien sûr, la satisfaction de voir Dieudonné et ses ignominies terrassés par les pouvoirs publics. Mais, de l'autre, je ressens une profonde amertume, je dirais même un goût de cendre en raison de l'atteinte partielle portée à une conception de l'Etat de droit par le Conseil d'Etat.
Que voulez-vous dire ?
Dans cette affaire, l'émotion, la colère et la révolte contre l'infamie ont fait vacillerles meilleurs esprits. Sous prétexte que les autorités judiciaires n'étaient pas parvenues à faire rendre gorge à Dieudonné, on a voulu donner à la policeadministrative un pouvoir de répression morale et pénale qu'elle ne détient pas.
Le Conseil d'Etat, selon vous, a-t-il outrepassé son domaine de compétence ?
L'autorité administrative doit veiller au respect de la tranquillité, de la salubrité et de la sécurité. Selon une jurisprudence qui remonte aux années 1930, elle ne peutinterdire une manifestation, un spectacle ou une oeuvre qu'en raison d'un trouble matériel à l'ordre public. Depuis, le juge administratif s'en est tenu strictement à cette lecture. Il s'est toujours considéré comme protecteur de la liberté d'expression, et s'est constamment opposé aux interdictions se fondant sur des raisons autres que la menace à l'ordre public.
C'est ainsi, par exemple, que l'ancien maire de Tours , le très conservateur Jean Royer, a vu plusieurs fois ses décisions invalidées par la justice administrative, celle-ci estimant que les considérations morales n'étaient pas de son ressort.
Pour vous, l'ordre public n'était donc pas menacé par le spectacle de Dieudonné ?
Honnêtement, je ne le crois pas. Aucun élément sérieux ne donnait à penser que la menace était irrésistible. Le Conseil d'Etat aurait donc dû, sur ce point, donnerraison au tribunal administratif de Nantes.
Plus grave encore, en évoquant l'atteinte à la dignité humaine, il a fragilisé sa décision en mettant en balance la liberté d'expression avec un autre principe, le respect de la dignité de la personne humaine, qui peut faire penser que, désormais, un ordre public moral s'ajoute à l'ordre public matériel.
Pourquoi employez-vous le mot « fragiliser » ?
L'atteinte à l'ordre public, c'est quelque chose de matériel, on est sur un terrain balisé. L'atteinte à la dignité humaine, c'est une notion beaucoup plus floue : on navigue ici dans des eaux plus incertaines où s'entremêlent des considérations philosophiques et politiques beaucoup plus que juridiques.
Que vient faire dans le raisonnement, par exemple, la notion de « cohésion nationale » ? Le Conseil d'Etat nous a habitués à une langue plus rigoureuse, à des concepts plus limpides, à des démonstrations moins alambiquées.
Qu'est-ce qui, au fond, vous choque dans cette ordonnance ?
Deux choses majeures. D'abord, la confusion entre deux ordres juridictionnels, l'ordre administratif et l'ordre judiciaire. Par exemple, le principe constitutionnel de dignité ne regarde en rien la police administrative. Sa protection relève du juge judiciaire, du législateur et éventuellement du Conseil constitutionnel.
La seconde chose qui me choque, c'est que cette ordonnance marque un retournement de jurisprudence. Par rapport à l'histoire du Conseil d'Etat qui a toujours été un gardien vigilant des libertés, c'est un vrai bouleversement, une profonde régression qui tend à instaurer une sorte de régime préventif, voire de censure morale préalable à la liberté d'expression. La boîte de Pandore aux dérives et aux abus est ouverte.
Mettez-vous en cause l'indépendance du Conseil d'Etat ?
Non, les personnalités qui se sont exprimées sont éminentes. Bernard Stirn, qui a jugé l'affaire en référé, est un remarquable président de la section du contentieux. Jean-Marc Sauvé est un très bon vice-président du Conseil d'Etat. Je n'ai pas de raison de soupçonner leur indépendance. Mais on sent bien qu'il y a un air du temps propagé par les médias et les hommes politiques auquel il n'est pas aisé de résister.
Est-ce à dire qu'il ne faut pas interdire ceux qui promeuvent le racisme et l'antisémitisme ?
La justice administrative n'a pas à se substituer à l'institution judiciaire. Ce n'est pas par des interdits mal fondés juridiquement qu'on s'attaque à la racine du mal. Certes, on met provisoirement fin au spectacle de Dieudonné, mais ça ne change rien à la gravité du fléau raciste. C'est sur le terreau social, scolaire et territorial qu'il faut agir. Je ne pense pas que l'on s'attaque au racisme en tordant le droit. Militant antiraciste depuis toujours, je rêve que les pouvoirs publics inventent unepolitique radicalement nouvelle de la ville et de la citoyenneté.
Comment se prémunir contre la dérive que vous dénoncez d'une mise en danger de la liberté d'expression ?
La situation est aujourd'hui si confuse qu'elle réclamerait une initiative des pouvoirs publics. Peut-être serait-il souhaitable qu'un haut comité de spécialistes ait pour mission d'élaborer une véritable charte des droits et des libertés.
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