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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

CGT : rencontre et téléscopages

Publié le 1 Mars 2014 par Canaille Lerouge in CGT, lutte de classe, formation, collaboration de classe, capital, exploitation

Du besoin et l'urgence

d'une bonne formation

des dirigeants

CGT : rencontre et téléscopages

Canaille le Rouge ne sait pas si comme lui, vous appréciez Frédéric Lordon.

Ce qui suit est la rencontre fortuite entre son papier dans le Monde Diplomatique de mars et la réaction plus qu'ulcérée de Canaille le Rouge à la lecture de la lettre que Charles Hoareau a adressée au secrétaire général de la CGT.

Ce qui est ulcérant, ce n'est pas la lettre, d'autant que La Canaille qui la joint en pied de page la partage totalement, mais qu'en 2014 la CGT en soit au point qu'une telle missive ait dû être écrite (
depuis le début de la rédaction de cette page Canaille le Rouge a reçu un autre message de même nature qui va vite le faire réagir).

Rencontre fortuite donc, mais pas sans suite du moins faut-il l'espèrer.

Comme La Canaille sait qu'il rentre suffisamment d'exemplaires du Monde Diplomatique à Montreuil, vite que quelqu'un se dévoue pour faire que la page 3 de la livraison de mars soit portée toute affaire cessante au 8e étage de la tour confédérale et, si possible, soit remise en main propre au Secrétaire Général de la CGT.

Un regret : l'arrivée tardive de ce texte par rapport à l'actualité. À une semaine près, cela aurait évité à Th Le Paon de sortir une de ces âneries qu'un stagiaire en FSD suivant le cursus normal aurait à coup sur évité de faire.

Si, camarade lecteur (trice), tu te trouves à Montreuil vite, la lui porter non sans en avoir fait ton miel.

Toutes et tous, précipitez-vous pour lire le papier de Frédéric Lordon (Outre la version papier qui par l'achat est une vraie et politique aide à la presse, il existe une version plus développée sur le blog de F Lordon : La pompe à phynance).

Dans son texte F Lordon revient via le serpent de mer des "prises d'otages par les grévistes" à la vraie prise d'otage, celle qu'exerce le capital sur l'ensemble de l'humanité au travers de ce que La Canaille rappelle souvent ici le talon de fer de ce rapport social d'exploitation et que Fr. Lordon démontre ici avec finesse et clarté de façon magistrale.

Qu'il est bon de voir un spécialiste de l'économie non pas faire un numéro de bateleur devant la caverne du CAC à rentes enveloppé de fumigènes chargés de masquer les truquages, mais expliquer comment cela fonctionne et comment il faut s'y prendre pour ne pas se laisser déséquilibrer par la somme des messieurs Déloyal qui vocifèrent depuis les studios et salles de presse pour renforcer le rôle des fumigènes.

Tordre le cou à cette vieille lune qui suinte de tous les Think-tanks, clubs, rédactions postulant que "les entreprises créent l'emploi" et voudraient donc par rebond expliquer à ceux des syndicalistes qui n'accompagneraient pas encore le dogme que la grande famille de l'entreprise a des intérêts communs.

 

Désolé de le dire pour qui pourrait se sentir visé, écouter ces sirènes est au mieux une preuve d'inculture au pire une capitulation.
 

 




Lire, étudier, se former est la boussole des militants. Éditée par l'IHS CGT, la seconde édition de L.U.C.I.D.E.S. (lexique Usuel Critique de l'Idéologie Dominante Économique et Sociale) mériterait à coup sur une vente-dédicace ciblée dans les hauteurs de la tour confédérale.

 



Pourtant, pour la formation des cadres syndicaux, le centre B Frachon à Courcelles dispose d'une formidable bibliothèque mettant à disposition de tous les militants les écrits des fondateurs de la CGT, et, outre les grands classiques de la pensée sociale, les écrits des secrétaires généraux de la CGT, depuis " Au rythme des jours" de B. Frachon, "La grève" de G Séguy, "Syndicats et lutte de classe" d'H. Krasucki, tous les outils théoriques et historiques permettant à un syndicaliste de ne pas se faire aspirer par les ornières de la collaboration de classe.

 



Ajoutons-y la mise à jour par les travaux des IHS dont celui national d'une base de connaissance sur les congrès de la CGT, dont celui d'Amiensqui produira la fameuse Charte ( http://www.ihs.cgt.fr/IMG/pdf_Charte_d_amiens.pdf,quelle actualité) il y a matière à se donner ou se rafraichir les connaissances.

Au moment ou le gouvernement se vautre dans le lit du Medef, n'est-il pas plus urgent d'aller s'oxygéner les boyaux de la tête en Vallée de Chevreuse que de trainer rue du coté de la rue Solferino ou de la rue Cadet ?

 

Le lettre que Charles a adressé à Th. Le Paon :

 

 

A Thierry Le Paon
Secrétaire général de la CGT

Le panorama de presse que la CGT envoie à ses organisations, nous apprend que tu as déclaré au Nouvel Economiste du 21 02 2014 [1] : « Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents - et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. ».

Comment un dirigeant de la CGT, le syndicat qui dans ses statuts (c’est-à-dire le texte qui fait son identité) se réclame de la charte d’Amiens peut-il faire une telle déclaration en contradiction totale avec elle ?

Faut-il rappeler ce que cette charte déclare ? « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat… : Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en oeuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière ».

Non nous n’appartenons pas à la même communauté que celle de nos employeurs. Oui il y a « opposition de principe » entre le grand patronat et nous et cela s’appelle la lutte des classes. Celle-ci est plus que jamais d’actualité et elle est toujours moteur de l’histoire.

Que le syndicalisme, en tenant compte du rapport de forces, soit en permanence obligé de se poser la question de jusqu’où la lutte peut mener et quel compromis [2] il peut momentanément accepter, ça c’est le B-a Ba du syndicalisme. Mais ce compromis ne doit pas nous faire lâcher l’objectif – une société sans classe – ni être synonyme de compromission. Sinon nous ne sommes plus syndicat révolutionnaire.

De plus, de par le monde, quel exemple avons-nous de syndicat prônant la cogestion qui ait montré que celle-ci ait eu une quelconque efficacité face à un capitalisme toujours plus vorace et obsédé par le taux de profit, seul critère de gestion à ses yeux ?
Sans compter que le résultat de l’enquête publiée
par Le Monde de ce jour et indiquant que 61% des jeunes de notre pays sont prêts à se révolter situe à lui seul l’ampleur du décalage entre ton propos et les attentes...

Il y a quelques années, Jean Christophe Le Duigou (membre du bureau confédéral de la CGT) avait, avec Jean Gandois (président d’honneur du MEDEF), préfacé et post-facé un livre intitulé « Changer le travail oui mais ensemble », hymne à la collaboration de classe. Nombre d’entre nous avions alors parlé de « dérive ». Ton propos d’aujourd’hui montre que tu assumes de passer de la dérive au changement d’orientation….tout seul ?

Car la dernière question que pose cet entretien est : où est-ce qu’un tel changement, à savoir passer de la notion de lutte des classes à celle de « communauté » d’intérêts, a-t-il été débattu ? Venant après l’initiative décidée on ne sait où, de rencontre de l’obscurantiste CRIF qui se « nourrit de l’antisémitisme » (comme le dit l’UJFP) et, fait aggravant, ton refus d’en débattre au CCN [3] cela commence à faire beaucoup.

La CGT est, elle, une véritable communauté où les débats doivent avoir lieu, au risque de provoquer en son sein des colères pouvant conduire à des fractures.

Charles Hoareau
Syndiqué CGT.

[1] Contactée, la journaliste nous a indiqué que Thierry Le Paon avait relu l’article avant parution. L’article est d’ailleurs publié en entier sur le site de la CGT

[2] titre du paragraphe d’où est extraite la citation

[3] Comité Confédéral National, parlement de la CGT

 

 

 

Canaille le Rouge partage le fond et la forme de cette lettre.

Quelle désolation pour le syndicalisme et la CGT de devoir avoir de tel débat.

Commenter cet article
S
Cher camarade,<br /> Je me suis permis de reproduire cet article sur &quot;Bandera Rossa&quot;, le blog de la section du Cap Corse du PCF,en citant ma source.
C
pas de problème, bien au contraire<br /> Cler qui vous salue bien