Choix de Blummollet, rêve de Valls : un ministère resséré de combat
Dans les milieux progressistes et (ou) syndicalistes politiquement les plus engagés contre le patronat (sans pour autant mener le combat contre le capital) revient sans cesse ce commentaire sur, au choix, la surdité, l'autisme ou la sélectivité auditive de Blummollet.
D'une part ce ne n'est ni juste ni sympa d'installer le scooterman comme figure de prou d'une pathologie ou d'une infirmité qui, elle, ne dépend que de la volonté assumé d'un groupe et nom de la médecine et d'autre part cela sous tend l'idée que le concierge du Medef, de sa loge du faubourg St Honoré, serait victime et non pas acteur conscient.
Or, acteur conscient il l'est. Pour preuve la nomination à Matignon du traqueur de Roumains et gazeur de travailleurs mais conciliant avec la délinquance patronale urbaine ou rurale.
Blummollet avait le choix dans le personnel politique pour tenter de reprendre la main après sa bérézina municipale. Qu'il ait choisi celui-ci, dans ce moment-là montre bien qu'il s'agit d'un choix assumé dans une direction donnée qui confirme et va aggraver les choix antérieurs.
Aborder l'analyse du point de vue de l'erreur politique, de l'incapacité à entendre la colère relève de la complaisance avec ce pouvoir. Puisqu'on nous rabat les oreilles avec le centenaire de la boucherie antropophagique de 14-18, caractériser la pratique de Blummollet de cette façon conduit presque (presque ?) à le maintenir dans le camp des victimes alors qu'il est un des acteurs majeur de la décimation sociale et de la ruine politico industrielle.
Avec la nomination de Valls, notre Poincaré de la gestion de la crise nous fait croire qu'il a adoubé son Clemenceau (ce qui déjà en soi n'est pas rassurant) mais le risque est grand qu'il ne nous ait refilé qu'un Tardieu.
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