Ainsi donc, nos deux duettistes Nunez et Darmanin, Dupont et Dupond du gouvernement, soutenus et applaudis par tous leurs collègues, ayant intégré les vertus de la dématérialisation du courrier, viennent de mettre au point la lettre de cachet virtuelle.
Cette missive intime l’ordre de ne pas sortir chercher son journal ou sa baguette de pain aux dates et heures définies par l’intelligence artificielle d’officiers de justice virtuels.
Une pratique qui a des implications, elles, bien réelles.
Comme les Bastilles de la République sont déjà pleines comme RER à 18 h 00, les miracles de la technologie font des destinataires de ces missives, certes encore à ce moment à durée limitée, des embastillés à domicile.
Notons que tout n’est pas ainsi automatisé : un condamné à de la prison ferme, s’il est ancien président de la République, peut partir en vacances doté de son élégante chevillette électronique ou, dans des conditions équivalentes, une doublement condamnée peut arpenter les plateaux TV et sièges des médias si elle postule à prendre rang dans la succession du précédent.
Le présumé subversif qui pense, au point d’avoir à coup sûr plus de 14/20 s’il se présentait au concours d’entrée dans les CRS, à celles et ceux qui lui donnent l’instruction pour lui éviter d’avoir à passer le dit concours, à celui ou celle qui défend ses camarades dans son entreprise ou service, à celles et ceux qui soignent la population, à eux la lettre de cachet dématérialisée.
Il va falloir trouver un nom à ce dispositif qui fasse bien à l’international si on veut le refourguer à Interpol ou à l’US -ICE. Je propose “ Virtual Home Carceral Letter ”.
Comme pour la qualité de l’outillage à disposition des forces de répression, dès lors que les moyens suivent, on n’arrête pas le progrès !
/image%2F0691883%2F20221120%2Fob_a8eb97_pour-logo-blog.jpg)
/image%2F0691883%2F20261103%2Fob_918ba8_ldc.jpg)