Le capital est tranquille
Eux, il n'attendent rien de l'UE de la commission et de la CES
Voici d'abord le texte de l'intervention de B Thibault au congrès de la CES à Athènes, celui de Monks.
La déclaration de Bernard Thibault conduit La Canaille à réagir (après les deux déclarations).
Précisons qu'il ne s'agit pas de brandir des anathèmes ou de prononcer des fatwa au nom de repères idéologiques mais d'en appeler aux syndiqués pour qu'ils confrontent les pratiques de la CES aux besoins des salariés, au bilan d'une pratique qui ici a été source de colère durant le conflit sur les retraites, une organisation qui ne répond pas aux exigences revendicatives des peuples soumis aux diktat de la Banque Centrale Européenne, au FMI et aux gouvernements coalisés des pays de l'UE.
Pourtant ce moment aurait pu être l'occasion de dire de quel syndicalisme anticapitaliste nous avons besoin au plan international.
On ne peut, surtout dans les moments de congrès, se contenter d'à peu près ou de rassemblement sur le moins pire quand ce moins pire donne des gages ...au pire.
Or le bilan de la CES pour les peuples qui subissent les ukases de l'UE est détestable et approuver le raport présenté par Monks, s'i le fâche pas le patronat européen, fabrique de l'impasse.
les textes ci après sont téléchargeable sur le site de la CGT [=>.link] ou celui de la CES sur le site de celle-ci. [=>link]
Maintenant, un point de vue (argumenté), parmi d'autres :
Non Bernard, l'analyse de Monks n'est pas juste.
Relis son intervention. Son socle se résume à ceci :
" Mais les clauses de l’UE / du FMI sont trop sévères. Les remboursements de la dette sont trop élevés et trop précoces.
Nous l’avons dit dès le départ. Et je n’ai aucun plaisir à l’affirmer – nous vous l’avions dit.
Aujourd’hui, les options sont de plus en plus réduites. Personne ne veut commettre d’erreur – et tuer les banques grecques et peut-être d’autres –, ni voir la Grèce sortir de l’euro. Mais il est urgent de restructurer la dette, d’assouplir les conditions de l’austérité, avec les efforts réciproques de la Grèce".(sic)
Certes les dénonciations existent, incantatoires. Mais la seule partie de son allocution portant engagement ferme réside dans le soutien aux banques, à l'Euro et à l'UE.
Dans ces conditions il n'est pas possible à la CGT de partager le rapport de Monks.
Il n'est pas possible pour la cgt de dire " Dans son intervention, John Monks a décrit avec la mesure et les mots justes, l’analyse de la crise, qu’il s’agisse de ses origines ou des responsabilités, mais aussi de ses conséquences dramatiques pour les salariés et l’ensemble des populations en Europe."
C'est mesuré, certes. Trop mesuré. Les mots ne sont pas justes : l'analyse de la crise est structurellement fausse considérant les banques de façon désincarnée et non comme des leviers du capital pour asservir les peuples. Elles n'ont pas seulement cherché qu'à leur faire payer la crise mais s'acharnent à aggraver l'exploitation des travailleurs pour renflouer et regonfler la masse des capitaux ayant toujours plus de mal à se rémunérer.
C'est une loi de l'économie qui devrait servir de boussole à tous syndicaliste : quand les richesses produites ne sont pas consommées et sont accumulées, servent à spéculer pour maintenir la rentabilité, ce sont ceux qui les produisent qui crèvent. D'Athènes à Reykjavík, de Porto à Riga, c'est leur loi, leur règle.
La responsabilité politique de l'UE qui fait injonction aux états membres de mettre en œuvre des mesures qui laminent les garanties sociales n'est pas dénoncée par Monks.
Les deux éléments précédents sont au cœur des responsabilités et des causes.
Bernard, dans ton intervention, tu déclares :" Nous mesurons aussi les limites de nos capacités à peser contre les politiques d’austérité inspirées des positions patronales." N'y a-t-il pas quelques lignes plus loin pour partie la réponse quand tu avances : J’ai bien entendu l’appel que nous adresse Madame Reding ce matin au nom de la Commission européenne : « à vous de créer un climat de confiance » nous dit-elle !
Cela, nous savons le faire, nous savons diffuser la confiance. Mais la confiance ça se mérite, nous ne pouvons pas donner confiance dans une Europe où la parole des banquiers et des agences de notations compte plus que l’opinion des citoyens et des travailleurs".
Dès fois et même trop souvent, la CES montre son efficacité à diffuser cette confiance dans les structures économiques patronales et politiques de l'UE alors que l'urgence pour les salariés est de les combattre
La CES a donné sa confiance à la commission. Pas aux travailleurs. Elle a plus diffusé de confiance dans des structures politiques au service du patronat parce que crée par lui (y compris cette CES-vérifions les certificats de baptême) qu'appelé les travailleurs à la riposte aux mauvais coups, pire elle en a justifié un grand nombre au nom de la crise.
Une chose est d'avoir à un moment lutté contre l'ostracisations de la CGT, autre chose est de co-impulser des mesures contraires aux attentes des salariés.
Ce sont ces options qui conduisent à faire confiance à madame Reding et ses amis. C'est capituler devant leurs exigences.
Y a-t-il un avenir revendicatif dès lors que le critère du marché du travail, qui considère les salarié–es comme de la marchandise reste une base d'analyse imposée par le tenant de l'exclusivité du marché ?
Les femmes et les hommes ne sont pas des marchandises. Les services publics ne sont pas des espaces marchands, la question n'est pas la répartition de la valeur ajoutée comme horizon (elle est un indicateur de la réalité sociale) mais son usage au service de la collectivité.
Y-a-t-il un avenir revendicatif quand on appelle à cogérer les sacrifices pour sauver les banques ?
Y-a-t-il un avenir revendicatif quand on approuve Monks et son plaidoyer pour l'Euro et l'austérité pour assurer sa survie ? Comment admettre pour un syndicaliste ce " il est urgent de restructurer la dette, d’assouplir les conditions de l’austérité" alors que nulle part dans son rapport il exige des sanctions contre les banques et le capital industriel et financier ?
S'opposer à cela n'a rien de subversif ou d'outrancier. Ce ne sont en langage du 21ème siècle que l'actualisation des principes fondateurs du syndicalisme dont celui de notre pays.
Il aurait été bon que la CGT en ce 140ème anniversaire de la Commune le rappelle, surtout à Athènes.
Cela aurait évité que ce congrès qui au regard des luttes populaires en Grèce soit retoqué par le peuple grec.
Oui, l'image de ", bureaucrates en vacances, comme l’affirment certaines affichent dans les rues d’Athènes" qui semble choquer Monks est justifié vues ses déclarations durant les phases aigües des luttes contre les projets du FMI. C'est dommage qu'il soit choqué, mais comme Molière le fait dire à La Flèche s'adressant à Harpagon dans l'Avare :"qui se sent morveux se mouche".
Dire à Athènes qu'une démocratie qui étouffe les travailleurs pour servir les propriétaires du capital est tout sauf une démocratie et le plus souvent tend vers le pire pour se maintenir. Voila qui aurait pu être un beau sujet de débat syndical permettant de lutter efficacement comme tu le propose justement contre l'extrême droite.
Pour cela faudrait-il encore que la CES admette que cette extrême droite, parce que créé par le Capital, n'est qu'un des outils dont il se sert pour assurer sa domination sur les peuples, les diviser voir opposer pour les empêcher d'exprimer leur souveraineté.
Mais il ne semble pas que la CES, et la suite des débats tend à le confirmer, ait l'intention de rompre avec le consensus voir l'inféodation aux considérations patronales.
Continuer dans ce sens tourne le dos aux intérêts des salariés et à l'aide aux luttes que devrait permettre une organisation internationale. La CES n'en veut pas.
Alors que sur toute la planète à travers tous les continents les travailleurs reprennent les chemins de leur émancipation et disent combien les valeurs fondatrices du syndicalisme que la France s'est donnée les intéressent, que fait donc la CGT sur les remparts de la forteresse impérialiste au lieu d'être avec ceux qui mettent le siège ?
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