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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

1829-2010. Grèce, Victor Hugo & d'autres

Publié le 6 Mai 2010 par canaille le rouge in Solidarité internationale et expériences

 

En 1822 la Grèce se proclame indépendante.

Des populations sont alors massacrées par les Turcs, notamment les habitants de l'île de Chio (Scio).

En remplaçant "Les Turcs ont passé par là" du premier vers de 1829 par " L'UE est passée par là" en 2010,


Quelle singulière actualité de ce célèbre poème de V Hugo


http://www.ac-grenoble.fr/lettres/podcast/sequences/romantisme/Site/2C2BEDDB-E2B4-4F34-B4A6-3044B7C7C858/FA803FCB-FCB5-4AEC-9D9F-F2C430117F1D_files/Victor_Hugo.png

 

L'enfant

"Ô horror ! horror ! horror !", 
W. Shakespeare, Macbeth

Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil. 
Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil, 
Chio, qu'ombrageaient les charmilles, 
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois, 
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois 
Un choeur dansant de jeunes filles. 

Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis, 
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis, 
Courbait sa tête humiliée ; 
Il avait pour asile, il avait pour appui 
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui 
Dans le grand ravage oubliée. 

Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux ! 
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus 
Comme le ciel et comme l'onde, 
Pour que dans leur azur, de larmes orageux, 
Passe le vif éclair de la joie et des jeux, 
Pour relever ta tète blonde, 

Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner 
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener 
En boucles sur ta blanche épaule 
Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront, 
Et qui pleurent épars autour de ton beau front, 
Comme les feuilles sur le saule ? 

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ? 
Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus, 
Qui d'Iran borde le puits sombre ? 
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand, 
Qu'un cheval au galop met, toujours en courant, 
Cent ans à sortir de son ombre ? 

Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois, 
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois, 
Plus éclatant que les cymbales ? 
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ? 
- Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus, 
Je veux de la poudre et des balles. 

Victor Hugo, Les Orientales, 1829

 

Et un autre reçu par les fils de trame de la toile (merci à Ernesto)

GRECE

 

Grèce,

Quel beau pays !

Toi qui as traversé la Méditerranée

Pour planter tes oriflammes

Sur la tête de Nations balbutiantes

Grèce,

Aujourd’hui tu te dresses à nouveau

Et se sont les murs de tes villes qui résonnent,

A présent,

Du sang des partisans

Qui a coulé pour que tu vives

Grèce !

Pour que tu puisses chanter le renouveau,

Le chant des laborieux,

La grande armée de l’ombre,

Des travailleurs

Le chant de la faim,

Le chant de la soif,

Le chant du désir inextinguible  

Le chant de la dignité

Qui pousse celui-là à dresser le poing

Celle-ci à haranguer,

A interpeller celui qui tarde encore à grossir les rangs

A venir rejoindre les cortèges

Pour élever l’homme,

Non pas au-dessus de l’animal mais de la bête,

Pour lui redonner sa fierté d’être humain

Grèce !

Tes ruines s’enorgueillissent

Et tes orangers,

Tes clochers,

Tes collines,

Tes rochers éblouissants

Sous le soleil ardant,

Le sable des plages qui épousent le bleu tranchant de la mer,

Reprennent ce chant

Pour le porter aux confins de la Terre

Jusqu’aux plus lointaines chaumières

Imprégner les murs des villes,

De ces tours palais de glace,

Et faire trembler cette Europe qui n’existe que dans les coffres forts,

Cette Europe qui a mal et qui saigne,

Ces Nations en décomposition qui hurlent dans le silence des vociférations

Hantées par le seul et même désir

Briser le mur

Et que s’élève

Ce chant,

D’espoir,                                                                                                           

Et de Liberté !                                                                                                                                                                        

 (Philroad 05 Mai 2010)

 

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