Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Deux raisons de ne pas malgré tout désespérer de l'Humanité

Publié le 17 Décembre 2011 par canaille le rouge in Mémoire et Histoire

 

http://www.humanite.fr/sites/default/files/imagecache/une_article_horizontal/18-10-61.jpg

 

Ici il s'agit du journal.


La Canaille parfois doit se retenir pas ne pas grimper au rideaux tant des articles peuvent irriter, fâcher, voire  durement et durablement encolèriser.


Mais là, deux papiers, deux hirondelles qui certes ne font pas le printemps mais... prennons plaisirs à regarder ces hirondelles.


L'un d'Alain Ruscio sur Fernand Iveton, assassiné par la IVème république avec au premier rang des bourreaux le décoré de Pétain : Mitterrand, ministre de l'injustice d'alors. L'histoire simple, humaine d'un combattant communiste algérien parce qu'y étant né, anticolonialiste, assassiné par un pouvoir qui donnait des gages au capital dont les indépendances des peuples menaçaient les intérêts.

 

http://www.socialgerie.net/local/cache-vignettes/L398xH280/iveton-1caf7.jpg   

 http://www.paris.fr/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=24263

L'Autre de Charles Sylvestre entamant une série (du moins est-ce souhaitable que cela soit) sur André Carrel qui vient de disparaitre, A. Carrel que La Canaille s'honore d'avoir eu la chance de fréquenter jusqu'à ces derniers temps.

Il faudra que la presse revienne sur ses aventures avec son complice André Tollet durant la Résistance et la Libération de Paris, leur rôle au sein de ce CPL qui organisa l'insurrection libératrice, lui, un géant taillé en armoire à glace et Toto plus dans le format jockey.

Leur compagnonnage pour ensuite fonder monter fabriquer de toutes pièces avec d'autres résistant(e)s et dans un esprit de travail culturel et historique de masse, le Musée de la Résistance nationale, institution associative et culturelle majeure pour la connaissance de la période.

Mais bref,  pour revenir à ces deux papiers je pique dans l'Huma Ici celui d'Alain Ruscio (avec en prime, c'est jour de bonté, le lien pour y accéder: [lien article F Iveton]) Il dit avec finesse et intensité ce que l'affaire Iveton mis au coeur des interpelations de ce qu'est la lutte anticoloniale, ici en "métropole". En disant cela, La Canaille pense, les pieds dans le XXIème siècle, aux Antilles à la Guyanne, à l'Océan indien

 

Celui concernant André Carrel sera sur une des pages suivantes du c@rnet.

 

 

Tribune : N’oublions jamais Fernand Iveton, communiste algérien
Mots clés : pcfalgérie,

 

 

Le Centre culturel algérien honorait, cette semaine, la mémoire du militant communiste et patriote algérien Fernand Iveton, guillotiné le 11 février 1957, poursuivi par la haine tenace d’un gouvernement dont le ministre de la « Justice », et donc principal décideur, s’appelait François Mitterrand. Par Alain Ruscio, historien

Son « crime » ? Avoir projeté de poser une bombe pour saboter une tuyauterie dans l’usine à gaz d’Alger. L’engin avait été programmé pour exploser à 19 h. 30, c’est-à-dire à un moment où les lieux étaient déserts. Il ne pouvait donc pas faire de victime. Il avait d’ailleurs été découvert avant l’heure et désamorcé. En temps « normal », la sanction aurait dû être de quelques années de prison. Oui, mais… la guerre d’Algérie a été une permanente anormalité dans l’histoire française et, en particulier, de la justice.

Fernand Iveton faisait partie de ces militants du Parti communiste algérien – plus nombreux que ce que veut bien dire une certaine historiographie – qui avaient épousé très tôt la cause de l’indépendance de son pays. Oui, son pays. Car Iveton, cela fut rappelé avec force lors de cette soirée, était un fils de ce peuple, un Algérien à part entière, sans formule complémentaire (du type « d’origine européenne »). Avec ses camarades Maurice Laban, Henri Maillot, Maurice Audin, Henri Alleg, bien d’autres encore, il ne se posait pas la question des « origines » de ses camarades de combat : son pays, l’Algérie, était la proie d’un système honni, le colonialisme, il fallait l’en débarrasser, c’était aussi simple que cela.

Lorsque Fernand Iveton fut arrêté, la propagande coloniale, haineuse, accentua  immédiatement ses accusations anticommunistes : elle tenait la « preuve » de la manipulation par le PCF, donc par Moscou, du mouvement patriotique algérien. Est-ce cette situation qui amena ce Parti à faire preuve de prudence et à ne pas s’engager dans la défense militante d’Iveton ? Jean-Luc Einaudi, auteur il y a vingt-cinq années d’une histoire de ce drame, maintint sa sévère analyse de cette attitude. D’autres présents, dont de nombreux anciens cadres du FLN, nuancèrent cette sévérité et rappelèrent la fraternité d’armes d’antan, malgré les divergences politiques.    

Si le contexte particulier de cette époque permet de comprendre (approuver est une autre question) cette prudence, il faut que la mémoire communiste, aujourd’hui, se réapproprie Fernand Iveton. Il fut un pur héros, mort pour son idéal. Au pied de l’échafaud, il ne baissa pas les yeux. Il embrassa ses deux compagnons d’infortune, eux aussi condamnés à mort, Mohamed Ouenouri et Mohamed Lakhnèche. Puis jeta aux yeux de ses bourreaux – et de la France colonialiste – un vibrant « Vive l’Algérie ! ».

Cette affaire reste en tout cas une tache indélébile dans l’histoire de la France contemporaine. Mais la particularité du cas Iveton ne doit pas faire oublier que le sang a été répandu à flots durant cette période : 221 autres patriotes algériens, classés, eux « musulmans », furent guillotinés, dont 44 durant la période où François Mitterrand était Garde des Sceaux.

En ces temps de réhabilitation tous azimuts du colonialisme, en ces temps où un pouvoir sarkozyste aux abois utilise le mythe Bigeard pour chasser sur les terres du Front nationali, il est bon de rappeler que ce système, né dans la violence, ne s’est perpétué que par le sang, avant de s’écrouler lamentablement.

Alain Ruscio

Commenter cet article