Plusieurs milliers de personnes, se sont rassemblées samedi 26 février en Ardèche pour le premier rassemblement national contre l'exploitation du gaz de schiste. Entre 10 000 (selon la préfecture) et 20 000 personnes (d'après les organisateurs) ont convergé vers de Villeneuve-sur-Berg centre de gravité de l'opposition croissante à l'exploitation de ce gaz emprisonné à 3 000 mètres sous terre.
Les industriels Schuepbach Energy et GDF-Suez ont obtenu un permis pour explorer 930 km2 autour de Villeneuve. Deux autres permis, dits de Nant (Aveyron) et Montélimar (Drôme), ont été accordés en mars 2010 par les services de l'ancien ministre de l'environnement, Jean-Louis Borloo. Les élus locaux et régionaux, des habitants qui s'opposent à ces projets ont imposé un premier recul au gouvernement qui a du annoncer la suspension des travaux d'exploration dans l'attente des conclusions d'une mission d'évaluation des enjeux environnementaux, en juin.
Cette technique connue pour ses dégâts irréversibles dans les nappes phréatiques mobilise l'opposition populaire
En plus de cette la pollution des nappes phréatiques il est redouté des dégâts sur les activités rurales et touristiques. Pour extraire ce gaz, il faut effectivement forer des puits tous les 200 mètres et y injecter des millions de m3 d'eau additionnée de sable et de produits chimiques afin de libérer les particules gazeuses. Même "la collectivité n'a rien à y gagner, sauf qu'elle devra entretenir les routes abîmées par les camions".
Les différents collectifs départementaux se sont par ailleurs constitués samedi matin à Valence en coordination nationale. Le maire écologiste de Rocles estime qu'"il se passe la même chose qu'avec les OGM : les populations ne sont pas consultées". Et les élus non plus. Dans sa commune ardéchoise de 240 habitants, il a pris, comme contre les OGM, un arrêté pour interdire l'exploitation de ce gaz. A ce jour, la préfecture ne l'a toujours pas contesté.
Il semblerait que devant la mobilisation le pouvoir hésite à passer en force dans un contexte électoral assez aléatoire pour l'UMP.
Cela dit la question du devenir des ressources énergétiques ne pourra rester longtemps dans le champ indispensable mais insuffisant des mobilisations militantes. Une réflexion publique, massive portant un projet de croissance libéré des pratiques néocoloniales et de la recherche de la rémunération des actionnaires, une politique tournée vers la réponse aux besoins sociaux doit être engagée et se concrétiser dans un vrai projet politique de rupture avec le capital.
La reconquête de la maitrise publique de l'énergie doit en être la pierre angulaire. Pour l'instant, aucune force politique institutionnelle ne porte cette approche. D'où le besoin de faire du neuf, de le construire dans un rapport de forces qui ne se plie pas au calendrier électoral concocté par ceux qui ne vise qu'à la pérennisation de ce système.
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