Et les profits , ça gaze ?
L'union départementale CGT est venue, hier matin, assister un groupe de salariés portugais de la société haut-garonnaise Procme, en grève depuis un mois.
Chaque jour, depuis un mois, les salariés de l'entreprise Procme, principal sous-traitant de GRDF, se rendent sur les chantiers mais n'interviennent pas. C'était le cas hier matin, avenue Victor-Hugo, où David Gistau, secrétaire départemental de la CGT, les a rejoints sur un chantier de réfection des réseaux de gaz afin de dénoncer les pratiques de cette société franco-portugaise dont le siège français est basé à Ramonville-Saint-Agne, dans la banlieue toulousaine.
« La société Procme emploie de la main-d'œuvre qui vient du Portugal pour travailler en France », explique David Gistau, relayé par Sylvain Moreno, délégué de l'union CGT mines énergie : « Dans le cadre de la législation sur le détachement des travailleurs étrangers en France, la société doit établir une demande préalable auprès de la direction départementale du Travail, ce qu'elle n'a jamais fait. D'autre part, Procme domicilie ses travailleurs à l'adresse de sa succursale en France, ce qui est complètement illégal. Dans cette configuration, la société se permet de ne pas leur payer tout ce qui rentre dans le cadre des conventions collectives des travaux publics en matière de grands déplacements et de retour toutes les trois semaines au pays ». Et le syndicaliste de terminer : « Ce qui est encore plus vicieux, c'est que lorsque cette société veut se débarrasser de ses salariés, elle met un terme à leur détachement non officialisé et se débarrasse d'eux comme des malpropres en les renvoyant au Portugal où ils ne seront pas repris par l'entreprise ».
Selon les syndicats, de par ces agissements, la société ne paie pas les grands déplacements, n'assure pas de retour toutes les trois semaines mais toutes les cinq semaines, ne rémunère pas les heures supplémentaires, ne licencie pas sur la base du droit français, loge les salariés sur les chantiers ou à plusieurs dans des petites chambres, licencie sans indemnités. Pour David Gistau, « cette situation ne peut qu'être comparée à une forme d'esclavagisme moderne ».
/image%2F0691883%2F20221120%2Fob_a8eb97_pour-logo-blog.jpg)