Le 3 mai 2011, une nouvelle fois Xavier Mathieu, un des porte-parole des travailleurs de Continental-Clairoix en lutte
contre leurs licenciements, est convoqué devant le tribunal correctionnel de Compiègne.
Cette fois c’est pour avoir refusé de se soumettre au relevé de son empreinte ADN, après la condamnation de la cour d’appel d’Amiens, aux côtés de cinq autres
camarades, à une simple amende, suite à la manifestation à la sous-préfecture de Compiègne en Avril 2009.
Cette demande de soumettre à un tel test, dans un fichier qui à l’origine ne devait concerner que les délinquants sexuels les plus graves (pédophiles,
violeurs), est en soi une humiliation et une atteinte à la dignité de tous les militants à qui cela est demandé.
Si cette affaire de test ADN qui avait été classée il y a un an, au moment des fortes mobilisations, est ressortie aujourd’hui à l’initiative du parquet, sous
le contrôle du gouvernement, c’est que le pouvoir veut s’acharner sur les travailleurs de Continental, et en quelque sorte les punir d’avoir tenu tête jusqu’au bout à la coalition implicite
entre ce géant de l’industrie et le gouvernement.
Et au-delà il s’agit de considérer comme des délinquants méritant un fichage systématique les travailleurs qui refusent de baisser la tête et entendent se
battre pour leurs droits.
Aussi les soussignés demandent qu’on mette fin à ces discriminations insupportables, à cet acharnement indigne, que
le parquet arrête ses poursuites, et qu’au moins le tribunal prononce la relaxe et qu’on arrête de vouloir transformer en délinquants qui doivent
être fichés ceux qui ont le courage de se battre pour leurs droits et leur dignité.