L'Huma de ce jour publie un édito de maurice Ulrich.
Un texte intéressant, des idées pour certaines partagées et une observation que lui fait La Canaille via l'emplacement réservé aux commentaires des lecteurs.
Six heures plus tard, après l'intervention d'un des gardes roses de faction le texte a glissé vers une surprennante corbeille.
Pour que vous mesuriez le niveau de subversion anticommuniste des propos de la Canaille, le mieux est de le mettre en ligne in extenso et pour ceux qui n'ont pas eu l'article de M Ulrich, la canaille y joint l'intégralité de l'édito en question.

Chacun ainsi pourra juger et dire, et à La Canaille et au journal sa façon d'apprécier les choses.
Le texte parti aux oubliettes :
"Mais pourquoi ne visite-t-il pas les placards du Front de gauche, du Parti communiste ou du Parti de gauche," Nous dit M.U.
Deux lignes d'un édito qui dit par ailleurs des choses justes et partagées au delà du PCF.
Le problème c'est la pauvreté de ces deux lignes car dans ces placards, quelles propositions réellement anticapitaliste pour répartir autrement les richesses ? Quelle augmentation massive
générale et immédiate des salaires non pas en taxant les profits financiers mais en captant et réorientant les richesses ?
Quelles formes de réappropriations collectives des leviers économiques (pourquoi ce débat parmi des communistes voir des socialistes fait-il peur ?) Quelle rupture avec l'UE pour reconquérir
la souveraineté populaire en arrachant l'idée de souveraineté nationale des mains de l’extrême droite pour lui redonner ses couleurs ?
« L’internationalisme de la classe ouvrière, c’est la fraternité des peuples face à leurs ennemis. Il inclut la défense de la nation parce que la liberté réelle de l’humanité est solidaire de la liberté de chaque peuple ». C'est de G Politzer, fusillé par les pères spirituels du parti de LePen il a 70 ans cette année.
Voila Maurice Ulrich quelques questions qui sont à mettre en débat dans le pays. C'est la meilleurs façon de mettre
les Duhamel à contre courant, d'isoler l’extrême droite, de battre la droite sans se coucher devant les exigences programmées par le FMI.
Et ce n'est pas en accompagnant la droite et la social démocratie contre la Libye à Strasbourg qu'on donne
du côté du PCF, du PG de leur FdG ses signes positifs, bien au contraire.
Le texte de M Ulrich :
Jamais l’extrême droite n’a remis en cause l’exploitation capitaliste.
Alain Duhamel est le nouveau Marx. Dans sa chronique hebdomadaire de Libération, il a découvert « la nouvelle lutte des classes ». Le Front national, écrit-il, est devenu le parti de la classe ouvrière et donc « la lutte des classes a changé de visage », entendons qu’elle a pris celui de Marine Le Pen... Allons, c’est un peu court. Parce que cette dernière colle habilement à certaines problématiques sociales et que sa démagogie n’est pas sans effets, elle serait devenue révolutionnaire ? La lutte des classes, Alain Duhamel l’ignore-t-il, c’est le rapport d’exploitation capitaliste. Ce rapport qui fait que le propriétaire des capitaux et des moyens de production va tout faire pour tirer le plus possible du travail salarié. Augmenter les cadences, allonger les horaires, remettre en cause le repos hebdomadaire ou les congés payés, repousser l’âge du départ en retraite, peser sur les salaires ou, tiens, charger les immigrés de tous les maux pour mieux diviser la classe ouvrière, attiser les rancœurs et les frustrations pour les transformer en racisme et en xénophobie. Ce camp est celui de Marine Le Pen, du Front national et de toutes les extrêmes droites. Jamais aucune d’elles n’a remis en cause l’exploitation capitaliste et toutes l’ont servie en détournant les révoltes, les colères et la contestation sociale.
Mais il arrive parfois qu’Alain Duhamel dise des choses justes. Ainsi : « Dans les milieux populaires, la part de l’indignation, du ressentiment, de la protestation ne reculera que si la situation économique et sociale s’améliore de façon significative et durable. » Mais comment ? Eh bien, semble lui répondre la une du même journal, en mettant la gauche « au boulot. » Et le nouveau directeur de sa rédaction, Nicolas Demorand, s’en explique dans son éditorial : « À quatorze mois de la présidentielle, les socialistes n’ont rien ou pas grand-chose à dire au peuple. Pas d’alternative crédible ou tout simplement audible sur le chômage et l’emploi, l’industrie, la mondialisation. (…) Peut-être que tout cela existe dans les placards de la Rue de Solferino : si c’est le cas, il devient urgent de le faire savoir. » Soit, la gauche, pour Nicolas Demorand, c’est le PS. Mais pourquoi ne visite-t-il pas les placards du Front de gauche, du Parti communiste ou du Parti de gauche, ou mieux, pourquoi ne pas rendre compte d’une manière ouverte de ce qui se dit dans les débats qu’ils organisent un peu partout dans le pays, avec précisément l’ambition de construire réellement une et des alternatives, non seulement à Nicolas Sarkozy, mais à la politique du capital qu’il sert ? Pourquoi encore, et ce n’est qu’un exemple, les projets de régression sociale de la Commission de Bruxelles, que nous évoquions mercredi, sont-ils restés dans les placards à Libération et n’ont trouvé aucune place dans ses colonnes ? Pourquoi, ces jours-ci, les débats des élections cantonales, qui touchent aussi à la démocratie locale et aux finances publiques, y sont-ils ignorés ? Ça aussi, c’est la gauche au boulot.
La gauche au boulot ? Mais toutes celles et ceux qui rejettent la politique de Nicolas Sarkozy et de la droite, un débat public polarisé sur les thèmes du Front national, mais qui veulent parler emploi, salaires, services publics, acquis sociaux, parler d’une tout autre utilisation de l’argent, des profits, du crédit, ne demandent que ça, une gauche au boulot. Nombre d’entre eux s’y sont mis. Mais il est de bon ton de les ignorer.
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