A lire ou à relire pour que les enfants d'aujourd'hui soient les bacheliers de demain et les insurgés d'après demain
La Canaille, du haut de son BEPC +43 n'est pas dans l'état d'esprit de passer le baccalauréat. Personne cette année de son entourage immédiat à transpirer sur sa copie.
D'autant plus libéré de toute pression pour se poser une question :
Pourquoi imposer de repasser une épreuve de BTS pour présomption de fraude et ne pas faire de même pour une épreuve du bac "S" ou la fraude est confirmée ?
Au premier abord, la seule différence entre les deux examens réside plus dans la composition sociologique des candidats que dans la nature des épreuves (toute les deux au cœur du cursus, coefficient élevé, demandant un travail permanent et intense durant toute l'année scolaire).
Seulement voila, le bac "S" c'est la voie royale. Celle où les dossiers d'inscription au classes prépa, les entrées sur dossiers dans des fac "exellencisées" pour trier leur recrues et la place des mentions comme écrémeuse à élite dont on est d'autant plus sûr de faire partie qu'on appartient aux établissements les plus renommés, ceux dont le recrutement –carte scolaire supprimée- sélectionne le plus finement les élites issues des élites triées essentiellement par le pouvoir d'achat des géniteurs.
Le BTS c'est une aristocratie…des pauvres, celle des exclus pour des raisons majoritairement sociologiques, et surtout de classe, de la voie royale. Et là pas de quartiers pour ces rejetons de prolos qui s'entichent malgré les obstacles de devenir techniciens supérieurs voire ingénieurs.
L'élémentaire justice républicaine aurait exigée qu'on convoque un dimanche matin tout les candidats en "S" pour repasser l'épreuve comme cela a été fait pour le BTS.
Au nom de quelle hiérarchie des diplômes de la République procéder de cette façon ségrégative ?

Mais avec quels surveillants, quels correcteurs si comme l'a révélé la correction de l'épreuve de philo, il n'y a plus assez d'enseignant disponible ? Et là on met le doigt dans la plaie. Les fraudes, la lutte contre, la surveillance et la correction des épreuves demandent des moyens. C'est à l'aune des moyens mobilisés pour l'éducation qu'on juge le niveau de civilisation d'une société. Trente ans d'alternance ponctuée par ce mandat de sarkozysme auront tiré la France bien bas, et rien à l'horizon qui annonce comment concrêtement la redresser pour remettre debout la République.
Cet épisode participe de la destruction de l'école républicaine laquelle voit le pouvoir simultanément reconnaitre la validité de peau d'âne confessionnelle ou patronale. C'est l'inégalité assurée pour les recrutements sur titre. Déjà qu'un lycéen habitant au confins du Val d'Oise et de la Seine St Denis (s'il avait échappé à l'orientation d'office en bac pro) était pénalisé au regard de ses homologues de Versailles ou St Maur, sans même parler de ceux contraints d'autorité à l'internat par clarification de la densité des établissements publics, l'histoire retiendra que c'est en 2011 que le pouvoir décida d'en finir avec l'égalité de traitement des candidats à des examens nationaux.
Cela a un nom : il s'agit d'un nouveau coup de sabre dans le pacte républicain et une fois de plus, sans jeu de mot s'agissant d'école, un coup donné sur des bases de classe.
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