Souvenir d'école (ça fait un bail) et retrouvé me semble-t-il bien à propos, poussé par l'actualité, un extrait d'une longue tirade de Diafoirus présentant son fils dans le "Malade imaginaire" (la totalité de la tirade est en fin de page, elle est superbe). On croirait que ce vieux Molière avait croisé Wauquiez quand parti de Pézenas il montait à Paris. Il est vrai que le Puy en Velay était sur sa route et que le jeune Wauquiez a les idées si vieilles que Molière a pu les croiser.
Diafoirus : … Enfin, à force de battre le fer, il en est venu glorieusement à avoir ses licences ; et je puis dire, sans vanité que, depuis deux ans qu'il est sur les bancs, il n'y a point de candidat qui ait fait plus de bruit que lui dans toutes les disputes de notre école. Il s'y est rendu redoutable ; et il ne s'y passe point d'acte où il n'aille argumenter à outrance pour la proposition contraire. Il est ferme dans la dispute, fort comme un Turc sur ses principes, ne démord jamais de son opinion, et poursuit un raisonnement jusque dans les derniers recoins de la logique. Mais, sur toute chose, ce qui me plaît en lui, et en quoi il suit mon exemple, c'est qu'il s'attache aveuglément aux opinions de nos anciens, et que jamais il n'a voulu comprendre ni écouter les raisons et les expériences des prétendues découvertes de notre siècle touchant la circulation du sang et autres opinions de même farine.
Pourquoi cette aussi longue qu'irrésistible entrée en matière ?
Puisque Laurent Thomas Diafoirus Wauquiez, est venus sur ce terrain, occupons-le. Nous allons parler médecine, plus particulièrement de ce cancer appelé par lui "assistanat" dont il nous rabat les oreilles.
Il ne s'agit pas ici de dénoncer l'inanité et la dimension du mensonge des propos de Diafoirus Wauquiez mais de regarder pourquoi il monte au créneau sur ce terrain là.
Partons d'un cliché résumé par cette intro d'un article du Monde d'hier :
"L'assistanat est un "cancer de la société française". Si on lui a reproché les mots employés, Laurent Wauquiez, en s'attaquant au revenu de solidarité active (RSA), a surfé sur un cliché bien implanté. Quelque 80 % des classes moyennes sont d'accord avec l'idée qu'il "y a trop d'assistanat et [que] beaucoup de gens abusent des aides sociales", selon une étude menée par l'IFOP en octobre 2010, citée parLe Post.fr."
Il s'agit d'une campagne murement orchestrée depuis l'Élysée. A la manœuvre (dès le 05 mars) X. Bertrand, puis Fa# soi même relayant le 7 avril pour arriver à Laurent Diafoirus le 9 mai.
Relevons d'abord pour l'emballage idéologique que le recours à des concepts banalisés comme celui de "classes moyennes" permet de contourner la nature de classe de la société ; nature qui explose les coutures savamment réalisée pour habiller le système.
Ben dame ! S'il y en des moyennes (au pluriel) c'est que l'antagonisme fondamental cher aux dinosaures de l'ex pensée marxiste n'est au mieux qu'une grille de lecture de vieux manuels périmés des ex éditions sociales. L'antagonisme fondamental entre capital et travail exploiteur exploité n'existe plus au 21ème siècle. On peut dire en regardant une vache dans une pâture des monts d'Auvergne que c'est un cheval, si l'animal à des cornes ce n'est pas un cheval mais bien une vache, et la lutte de classe est une réalité.
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Deuxième info de cette entrée en matière, les propos de Wauquiez seraient (confirmé par un sondage) partagés par 80% du dit marais indéfini. Une population qui a pour caractéristique de globalement plus aller voter que le reste des inscrits, habitante des centres villes ou bourg ruraux, à la limite de la notabilité et implantés dans l'associatif sans être forcément militante. Non directement liés au système, ces électeurs forment la masse des choqués par l'image donnée par la droite gouvernementale et seraient tentés en 2012 par des sirènes autres que celle du catamaran en construction UMP-FN (et en matière de catamaran, comme en finance, le petit Wauquiez en connait un rayon).
Pour autant, dire et laisser dire qu'il s'agit de draguer l'électorat d'extrême droite conduit à tomber dans le panneau.
En l'état, le capital, soutien massif de la droite gouvernementale sait que le risque est fort de voir celle-ci éliminée de cette élection qui est le pivot de la légitimité de l'hégémonie, sa structure de domination. L'égo de Fa# et son camp est certes important mais l'avenir du CAC40 compte au moins autant si ce n'est énormément plus pour ce camp.
Certes si devant les délitements pour part d'entre eux l'élection de DSK est la solution la meilleure pour les intertes bien compris du capital, celle ci ne se ferait pas sans risques de queues de comète sous forme de luttes sociales. A partir d'illusion certes, vu les gages qu'il a déjà donnés, mais luttes réelles qui pèsent toujours sur le cours de la bourse et la rentrée des profits et dont de plus on ne sait jamais vers quoi elles peuvent tendre.
Et donc l'idéal serait d'avoir Fa# présent au second tour soit face à DSK et le catamaran est prêt, soit face au "fn" et Bingo c'est gagné. D'où et ce n'est pas un hasard si l'opération est lancé par la branche qui se prétend sociale de la nébuleuse bleu brune.
Mais surtout et c'est là le plus important, cette question de "cancer de la société française". Diafoirus Wauquiez, réussi le double saut périlleux avant avec rebond au sol et reprise du trapèze de baliser le terrain médiatique pour culpabiliser les victimes d'une (de sa) politique et dédouaner les responsables (lui et les siens), responsabilités qui devenaient encombrantes à trainer et qu'il faut masquer tant le parasitisme du capital devient prégnant au point de faire bouger dans des marges non connues pour être hantées par les collectivistes.
Car quand même, que le parti de la rente de l'accumulation et de la fraude fiscale, quand les marchands de Tapie, d'hippodrome, se font coincer par leur propre loi, quand le club des breloqués pour services rendus au parti au pouvoir montre les pillages de la sécu et des caisses de retraites leur branchement sur leurs coffres, le pillage public c'est bien là qu'il est ! Ça devrait faire la une de la presse dite de gauche.
Quand la sommes de dividendes versés à ceux qui pour reprendre Figaro "ne se sont donnés que la peine de naître" est égal à combien de milliers de fois le budget alloué (et surtout pas financé par ceux-là) pour survivre à ceux que la droite stigmatise ? Où est-il le cancer ? Ça devrait être distribué en tracts dans les gares, les centres commerciaux à la porte de la sécu et des hopitaux.
Il ne faut donc pas en rester à dénoncer l'injure (ce qu'il faut faire et beaucoup plus vigoureusement) mais retourner le scalpel pour fouiller la plaie.
Si cancer il y a, et oui, il y a, si la partie française est rongée par une tumeur, c'est bien le capital qui est la maladie et la droite l'agent pathogène principal mais pas exclusif.
Les luttes pour l'augmentation des salaires défendre les services publics pour la protection sociale sont une des thérapies qui comme toute chimio va demander moult séances.
Comme pour certains cancers des multi thérapies sont nécessaires : luttes sociales dans l'entreprise, luttes encore dans la société et luttes toujours dans la cité. Mais aussi luttes politiques. Et là attention à l'efficacité de la molécule, qu'elle n'aille pas jouer au placébo en laissant les autres faire le boulot (et l'élection présidentielle est un placébo).
Et puis quand même le recours indispensable à la chirurgie : pour garantir la guérison, il faudra bien ôter la tumeur et traiter les métastases en coupant leur alimentation par une réappropriation publiques et collective des leviers économiques en interdisant la captation des richesses pour l'accumulation et les gâchis capitalistes, produire et les redistribuer ces richesses sur la base d'autres critères.
La maladie affaiblit. La preuve, ce qui précède devrait être le "b-a BA" d'un projet communiste. Il n'est même pas en discussion pour ceux qui s'y réfère sur l'échiquier officiel. A en croire la presse y compris celle s'en réclamant, d'autres Diafoirus experts en saignée et cautère à prothèse en sont à chercher la nature de l'excipient et la densité du pigment du placébo ; tout le corps est atteint, ils ne restent que la main au front.
C'est essentiellement ce qui laisse de l'espace à la tumeur pour se propager d'autant que les métastases de type Wauquiez se nourrissent et sont sous perfusion du cancer financier qui ronge la société française pour capter l'organisme.
Ce n'est pas d'une recherche de rémission dont la société française a besoin mais de guérison. Pour cela déjà décontaminer en retirant ici l'amiante européenne qui a été bourrée dans tous les plis de l'institution, en la confinant puis en la démolissant pour ventiler l'espace (ce que le peuple a exigé constitutionelement en 205). Éliminer les produits financier et autres pesticides ou dopants qui pour augmenter les rendements rongent le corps social.
Puisqu'ils ont choisi ce terrain occupons-le :
Le cancer c'est eux, la thérapie c'est nous.
Chassons la tumeur. On n'y arrivera que par la chirurgie des luttes, les thérapies de l'action et la marginalisation disparition des placebos des protocoles thérapeutiques que quelques charlatans ou rebouteux de la politique vont s'efforcer de nous présenter.
Voici la tirade de Molière, un petit bijou qui touche au delà de Wauquiez, tout ce qui dans la vie politique française renvoi aux rebouteux, au népotisme… et l'éventail est si large dans l'arc en ciel institutionnel français.
Diafoirus : Monsieur, ce n'est pas parce que je suis son père ; mais je puis dire que j'ai sujet d'être content de lui, et que tous ceux qui le voient, en parlent comme d'un garçon, qui n'a point de méchanceté. Il n'a jamais eu l'imagination bien vive, ni ce feu d'esprit qu'on remarque dans quelques-uns ; mais c'est par là que j'ai toujours bien auguré de sa judiciaire, qualité requise pour l'exercice de notre art. Lorsqu'il était petit, il n'a jamais été ce qu'on appelle mièvre et éveillé. On le voyait toujours doux, paisible et taciturne, ne disant jamais mot, et ne jouant jamais à tous ces petits jeux que l'on nomme enfantins. On eut toutes les peines du monde à lui apprendre à lire ; et il avait neuf ans, qu'il ne connaissait pas encore ses lettres. Bon, disais-je en moi-même : les arbres tardifs sont ceux qui portent les meilleurs fruits. On grave sur le marbre bien plus malaisément que sur le sable ; mais les choses y sont conservées bien plus longtemps ; et cette lenteur à comprendre, cette pesanteur d'imagination, est la marque d'un bon jugement à venir. Lorsque je l'envoyai au collège, il trouva de la peine ; mais il se raidissait contre les difficultés ; et ses régents se louaient toujours à moi de son assiduité et de son travail. Enfin, à force de battre le fer, il en est venu glorieusement à avoir ses licences ; et je puis dire, sans vanité que, depuis deux ans qu'il est sur les bancs, il n'y a point de candidat qui ait fait plus de bruit que lui dans toutes les disputes de notre école. Il s'y est rendu redoutable ; et il ne s'y passe point d'acte où il n'aille argumenter à outrance pour la proposition contraire. Il est ferme dans la dispute, fort comme un Turc sur ses principes, ne démord jamais de son opinion, et poursuit un raisonnement jusque dans les derniers recoins de la logique. Mais, sur toute chose, ce qui me plaît en lui, et en quoi il suit mon exemple, c'est qu'il s'attache aveuglément aux opinions de nos anciens, et que jamais il n'a voulu comprendre ni écouter les raisons et les expériences des prétendues découvertes de notre siècle touchant la circulation du sang et autres opinions de même farine.
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