Il y a certes eu les transistors mais surtout un travail clandestin permanent violemment
réprimé qui à maintenu contre les putschistes l'esprit républicain et les a mis en échec.
Il y a 50 ans s'écrivait une de ces grandes pages d'histoire qui montrent que ce sont les peuples qui la font.
A elle seule, outre ses conséquences durables dans notre histoire, elle explique pourquoi la droite, le capital par nature impérialiste et répressif n'a eu de cesse de supprimer l'armée de conscription démomocratique issue de la révolution de 89. Elle avait la capacité de lui mettre des bâtons dans les roues au point de la faire chuter. C'est la raison de la suppression du service national : couper le lien armée-nation pour avoir à sa botte des opérateurs de mort professionnelle autorisant les aventures bellicistes de la période sans risques internes autre que de souvent mortels "accidents de travail".
Jacques en me donnant l'autorisation de publier ces bonnes pages (il y en a tant d'autres sur son blog) m'a joint un petit mot que je met en fin. Ce que vous aller lire explique et jusifie ses souhaits et arguments. Lisez ses livres. A la limite de sa santé, il courre les ventes de livres dans les rencontres anticoloniales et d'amitiés entre les peuples. Si vous le rencontrez passez lui le bonjour de La Canaille.
GUERRE D'ALGERIE : 50ème ANNIVERSAIRE DE L'ECHEC DU PUTSCH DES
GENERAUX FACTIEUX EN AVRIL 1961
22 AU 26 AVRIL 1961 PUTSCH ET ECHEC DES GENERAUX FACTIEUX EN
ALGERIE
Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961 à Alger, des éléments militaires de l'armée française sont entrés en dissidence et ont pris le pouvoir. Cette rébellion
était dirigée par un quarteron de généraux à la retraite soutenus par les colonels activistes. Ces factieux tournèrent leurs armes contre la République qu'ils avaient pour mission de
défendre. Ces mercenaires comptaient dans leurs rangs une majorité d'anciens SS et immigrés fascistes hongrois. Et ce n'est pas dans les états-majors militaires que la République trouva
ses plus ardents défenseurs, mais chez les bidasses qui, dans leur majorité refusèrent spontanément de suivre les comploteurs étoilés et galonnés. Les appelés, arrivant
dans un monde inconnu et isolé dans des villages perdus ont découvert le caractère horrible de la guerre.
Aux premières loges du drame qui se jouait dans les djebels, les fils de ceux et celles qui manifestaient et pétitionnaient pour la paix en Algérie ne pouvaient
avoir de réactions bien différentes de leurs parents qui en métropole scandaient " le fascisme ne passera pas". Les putschistes découvrirent que les appelés refusaient de les suivre, qu'ils
étaient prêts à utiliser leurs armes pour les combattre. Ils furent épaulés par certains cadres de l'armée, ils se mirent en grève, malgré l'instauration de la loi martiale et
opposèrent une force d'inertie totale, aux ordres reçus, (refus d'aller en opérations, sabotages des messages). Enfin, malgré les interdictions, les surveillances et les censures, des jeunes
plus conscients et plus politisés que d'autres firent avancer leurs idées et réfléchir autour d'eux. Ce fut la tâche de jeunes militants communistes, syndicalistes ou chrétiens progressistes.
Leur lutte ardue et dangereuse est presque systématiquement passée sous silence par la plupart des auteurs. Après leur cuisante défaite, certains généraux insurgés s'enfuirent et devinrent
les chefs de l'OAS, organisation terroriste qui n'hésita pas à tuer des jeunes du contingent. Ces tueurs bénéficiaient des hautes protections civiles et militaires.
Je n'avais pas 20 ans lorsque j'ai été incorporé direct en Algérie où j'ai effectué mes classes à Oued-Smar, annexe de la BA 149, à Maison-Blanche, près
d'Alger.
Les classes se terminaient lorsque nous avons eu droit aux réjouissances. Le grand cirque avec clowns travaillant sans filet. De tous petits, petits, petits
généraux hypers galonnés ont voulu faire la "révolution". A l'aide de leur fer de lance, le 1er REP (Régiment Etranger de Parachutistes de la Légion étrangère), nos chefs "bien aimés"
ont ourdi un complot contre la République, en vue de garder l'Algérie française.
Les "grands stratèges" de l'armée française ont décidé de se retourner contre leur copain de Gaulle qu'ils ont pourtant porté au pouvoir en 1958. Nos
grandissimes généraux sont à l'initiative, à la besogne. Ils omettent juste un "détail" : les gus du contingent. Patatras! Voilà que les petits soldats de l'an
II, issus de l'armée de conscription, refusent d'obéir aux ordres de généraux renégats.
Les "monsieur Loyal" que furent les généraux Salan, Jouhaud, Challe et Zeller ont trahi la République qu'ils avaient pour mission de défendre. Seul le
Peuple de gueux dont je suis peut prétendre revendiquer l'honneur de faire la Révolution. Ce mot sonne mal dans la gueule de ces généraux félons, officiers supérieurs et grands serviteurs des
basses oeuvres d'un colonialisme agonisant.
Ayant fait l'objet de viles attaques émanant de nostalgiques des guerres coloniales, je tiens à rappeler ce qui s'est passé l'après-midi du 26 avril 1961
et que je relate aussi dans mes ouvrages sur le Mouvement Ouvrier.
Lorsqu'en compagnie d'une petite quinzaine d'appelés, je suis muté dans la Mitidja et alors que nous sommes acheminés en camion GMC vers notre
destination, nous stoppons pour laisser passer une importante colonne de véhicules militaires. Celle-ci est précédée d'une voiture civile noire transportant des officiers dont le commandant
Helie Denoix de Saint Marc qui est à la tête des mercenaires du 1er REP, l'unité qui a servi de fer de lance aux généraux putschistes. Ces troupes d'élites sont en fuite! Les "bérêts verts"
chantent : " non rien de rien, non, je ne regrette rien..." Edith Piaf s'en retourne dans sa tombe!
Au passage de leur dernier véhicule, les mercenaires du 1er REP tirent sur nous des rafales de pistolets-mitrailleurs MAT49. Les trois ou
quatre pieds-noirs de notre détachement qui ont soutenu les félons, n'en reviennent pas. Se faire allumer par les "copains", c'est-y pas un comble!
Lors d'un salon du livre, un jeune homme m'a acheté mon livre anticolonialiste que j'ai écrit sur la Guerre d'Algérie, à titre posthume pour mon
oncle, m'a-t-il dit. En effet, le 26 avril 1961, l'oncle était dans le secteur de Blida et l'unité à laquelle il appartenait a été agressée par les mercenaires du 1er REP qui étaient en
fuite et ont délibérément tiré à l'arme automatique sur les bidasses. J'ai tout de suite pensé que ce soldat était dans notre camion. En fait, il était
affecté dans une unité d'infanterie, il n'était donc pas dans notre GMC.
J'avais déjà eu un témoignage d'un appelé, semblable au nôtre qui s'était également fait "rafaler"dans le même secteur. Il est donc clair que les
parachutistes du 1er REP n'ont pas hésité à ouvrir le feu sur toute unité de soldats du contingent se trouvant malencontreusement sur leur chemin. L'oncle du jeune homme a été très
affecté par cette lâche agression de militaires de l'armée française contre d'autres soldats français.
Je condamne l'attitude irréparable du président socialiste François Mitterrand qui a réhabilité et réparé financièrement ces généraux qui se sont dressés
contre la République. Alors que des militants progressistes, communistes et autres, qui ont été au premier rang des luttes contre le colonialisme et pour la défense de la France, ne sont
toujours pas reconnus.
Aujourd'hui, 50 ans après la lutte exemplaire de tous ceux qui ont agi pour barrer la route au fascisme, qu'ils soient civils ou militaires, la France est
engagée militairement sur divers territoires africains, en Libye et en Côte d'Ivoire, mais aussi dans le bourbier qu'est l'Afghanistan.
L'exemple de l'Algérie montre bien tout l'intérêt pour les peuples de tout faire pour préserver la paix. Les 30.000 soldats dont une écrasante majorité
d'appelés du contingent et les centaines de milliers d'Algériens tués sont là pour nous le rappeler.
53% d'électeurs ont placé Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Depuis ce jour maléfique,
notre peuple ne cesse de souffrir, de s'enfoncer dans la misère. Depuis ce coup de tonnerre, tout ce que compte notre pays de réactionnaire, de fascisant relève crânement la tête. Les
nostalgiques des guerres coloniales, les anciens tueurs de l'OAS, encouragés par les propos et le soutien inconditionnel que leur apporte Nicolas Sarkozy ont même été jusqu'à
parader sous l'Arc de Triomphe, à Paris, en toute impunité.
En faisant allégeance à la désastreuse et ruineuse politique guerrière, de croisade néo coloniale de Barack Obama, l'obéissant toutou Nicolas Sarkozy, fera intervenir l'armée
française partout dans le monde où l'intérêt des Etats-Unis l'exigera. Il est donc plus que temps, dans l'intérêt de tous les peuples, notamment du peuple de France, de rompre
avec cette politique, héritage de la honteuse époque coloniale.
Jacques Tourtaux
Militant Anticolonialiste
" GUERRE D’ALGERIE SOUVENIRS D’UN APPELE ANTICOLONIALISTE", préfacé par Henri Alleg, auteur de La Question
C‘est en février 1961 que Jacques Tourtaux, comme des dizaines de milliers de jeunes Français avant lui , avec lesmêmes réticences à participer à cette guerre « imbécile et sans issue », arrive en Algérie. Mais, entre lui et la majorité de ces bidasses mobilisés à qui pourtant il ressemble, une différence qui a son importance : il est communiste et il sait parfaitement pourquoi il refuse cette guerre et où sont la vérité et le droit. Non pas, comme le prétend la propagande officielle, du côté des gros colons exploiteurs, des gouvernants et de l’armée coloniale qui les servent et continuent de prétendre que l’ « Algérie c’est la France » mais du côté des Algériens qui luttent pour l’indépendance de leur pays et des Français qui les soutiennent.
Pas un moment donc, Jacques Tourtaux ne cédera, malgré tous les tentatives de « bourrage de crâne », malgré les pressions et chantages de toutes sortes, malgré les mises à l’écart, les brimades ouvertes ou camouflées des gradés, souvent « anciens d’Indochine », avides de prendre leur revanche sur un adversaire – pour eux, le même qu’au Vietnam - qui les avait victorieusement affrontés « là-bas », . Bien plus, dans ces dures conditions où il est noté comme une « forte tête » et en dépit du danger, il s’efforcera avec les pauvres moyens à sa disposition (parfois à l’aide de« papillons » fabriqués artisanalement) de faire entendre la voix des partisans de la paix, de la liberté, de l’ententefraternelle avec le peuple algérien.Mais il y a aussi d’autres souffrances durement ressenties, celles particulièrement odieuses qu’impose la guerre coloniale aux hommes et aux femmes révoltés contre l’exploitation, l’injustice et le mépris dont JacquesTourtaux est le témoin et qu’il ne pourra jamais oublier. Les ratissages sanglants de douars, les gourbis incendiés, les exécutions sommaires de combattants et de civils, les tortures et les viols. Tout cela est encore présent dans sa mémoire et toujours aussi durement ressenti. Il le dit avec force et émotion :
« Depuis mon retour d’Algérie, j’ai toujours souffert, sans savoir que je souffrais de là-bas. Plus de 40 ans après, je me réveille régulièrement en sursaut . Difficile de remonter la pente : sautes d’humeur, phobies, rendent souvent la vie difficilement supportable à mon entourage ; Depuis de nombreuses années, mon sommeil est agité, troublé par des insomnies, cauchemars et anxiétés. Les troubles graves endurés encore aujourd’hui sont la conséquence directe des mauvais traitements subis et qui m’ont été infligés volontairement du fait de l’institution militaire lors de la guerre d’Algérie. Les vives et graves souffrances que j’ai subies à l’époque ont laissé des traces indélébiles et des blessures qui m’ont affecté toute ma vie et, encore aujourd’hui, je subis un très important sentiment de culpabilité du fait d’avoir vu des horreurs que je réprouvais…. ».
Avec beaucoup de modestie, Jacques Tourtaux présente son livre comme un témoignage. Mais, c’est beaucoup plus que cela. Dans sa volontaire simplicité et sa totale vérité, c’est aussi un vibrant hommage à ces soldats anticolonialistes qui, après avoir milité clandestinement dans leur unité contre la guerre et pour faire prendre conscience à ceux qui les entouraient de son contenu pervers et criminel, n’ont pas hésité, le moment venu, à se dresser, souvent au péril de leur vie, pour barrer la route aux généraux factieux prêts à donner l’assaut à la République. Avec juste raison, il pose cette question que les dirigeants en place ont le plus souvent volontairement oubliée : Que serait-il advenu si, en avril 1961, le contingent mobilisé en Algérie, avait suivi les officiers félons et leurs chefs ?
Une question qui mérite toujours réflexion, ne serait-ce que pour aider les générations d’aujourd’hui à tirer les leçons de l’histoire et à rester vigilantes car les forces mauvaises du passé n’ont pas renoncé.
Henri ALLEG
C'était il y a 50 ans, un 1/2 siècle déjà ...
En ce 50ème anniversaire du cuisant échec subi par les généraux et colonels félons lors de leur folle aventure, en d'avril 1961, en
Algérie et alors que les témoins de cette guerre coloniale disparaissent, il faut rappeler et expliquer à notre jeunesse la tragédie que fut la Guerre d’Algérie.
Par classes entières, près de 3 millions de jeunes gens du contingent furent mobilisés en Afrique du Nord de 1952 à 1962. Trente mille d’entre nous n’eurent pas la chance de revenir. Près de
300.000 furent blessés ou malades auxquels se sont ajoutés plus de 800.000 cas sociaux et pensionnés. La population civile fut également très éprouvée. Plusieurs centaines de milliers
d’Algériens furent tués. Cette Guerre a laissé bien des cicatrices. Elle a profondément marqué toute une génération.
Avoir eu 20 et 21 ans en Guerre d’Algérie, avoir gâché les deux plus belles années de ma jeunesse ont fait de l’anticolonialiste que j’étais avant mon envoi forcé en Algérie, un
antimilitariste.
Je dénonce le vote de la honte que sans vergogne les députés ont voté le 23 février 2005. Cette loi scélérate dont l’article 4 exige que " les programmesscolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord (…)".
Plusieurs dizaines d’années après la fin de l’empire colonial, des députés ont osé voter une loi glorifiant le colonialisme et les infamies commises au nom et dans l’intérêt de la bourgeoisie
française.
Lorsque les soulèvements des peuples colonisés firent sonner le glas de l’empire colonial, l’impérialisme français se cramponna à sa domination jusqu’aux limites du possible, faisant payer un
lourd tribut de sang aux peuples opprimés mais, aussi, aux jeunes soldats, appelés du contingent envoyés en Algérie ou ailleurs pour mener de
sales guerres coloniales.
C’est au prix d’atrocités, de massacres, de multiples destructions, que le colonialisme a pu établir sa loi en Algérie.
Cette loi inique a soulevé à juste titre l’opposition d’historiens, d’enseignants, mais aussi de tous ceux que révolte le silence fait sur les
massacres qui ont jalonné l’histoire de la conquête et de la domination coloniales.
Par ce vote scandaleux, les députés, élus du peuple ont réhabilité les assassins de l’OAS et encouragé tous les nostalgiques des guerres coloniales. L’élection de Sarkozy n’a pas été une
bonne affaire pour l’anticolonialisme et le maintien de la Paix dans le monde.
Voilà que ce sinistre individu agresse militairement la Libye et la Côte d'Ivoire, sous couvert de l’ONU qui laisse faire, en prétextant vouloir apporter une aide humanitaire, ce qui est faux
et mensonger.
Ce qui a poussé Sarkozy à guerroyer en Libye et en Côte d'Ivoire, c’est l’or noir et toutes les richesses que recèlent ces deux pays et dont le capitalisme veut s’accaparer pour son plus
grand profit. Peut importe au capital et à ses laquais dont Sarkozy est un des "fleurons". Il faut se débarrasser à tous prix de toute velléité populaire.
Actuellement, les peuples arabes secouent le joug capitaliste et veulent se libérer de leurs chaînes en s’insurgeant contre les despotes qui sont aux
affaires de leur pays respectif.
Les peuples de Tunisie et d’Egypte ont mis en fuite leurs tyrans.
Sarkozy qui, pour la France, est à l’initiative de ces croisades guerrières, en notre nom, a d’autres buts qu’une action humanitaire dont il se moque totalement.
Ces attaques ont lieu sous couvert de l’ONU, aux ordres des USA, dont les visées impérialistes sont de recoloniser toute l’Afrique et le Moyen-Orient afin de faire main
basse sur les ressources de ces pays mais aussi d’occuper une place idéale sur le plan stratégique de
la géopolitique mondiale.
En ce 50ème anniversaire de la déroute des généraux factieux, en Algérie, j’insiste pour rappeler que les traumatisés de cette guerre sont des milliers qui se débattent en plein dénuement
avec leurs souffrances morales et psychiques, auxquelles il n’est pas possible de trouver remède tant les souffrances sont terribles quand elles décident de frapper.
Des historiens s’essayent à relater ces souffrances mais rien ni personne ne peut remédier à ce mal.
Je n’en parle quasiment jamais tant c’est difficile, douloureux d’évoquer les terribles traumatismes de guerre.
En 2000, j’ai été l'un des 10 cas exemplaires "choisis" dans le pays, m’a-t-on dit. J’étais donc un de ces dix hommes anéantis par la guerre,
laissés sans aide depuis des décennies, a accepter de dire à quoi nous a réduits l’injustice de la nation qui nous avait appelés.
J’ai donc rencontré en aparté une dame, docteur en psychologie qui enseigne aux étudiants et dont la qualité des travaux est reconnue en France et au-delà de la
Méditerranée.
Cette personne m’a reçue pendant plus de deux heures. Pour mon expérience personnelle, ce fut très dur d’aborder ce sujet
délicat et encore tabou, des décennies après. De ces dix interviews est sortie une brochure de cinquante pages appelée " Dossier pourpre des psychotraumatismes de guerre. Les entretiens que nous avons eu dont certains de mes propos que j’ai reconnu, sont
évoqués dans certains journaux sans que ceux-ci ne semblent penser que nous puissions en avoir connaissance.
Il y a quelques mois, je suis tombé sur un de ces articles très véridiques et j’ai
reconnu des extraits de mes propos.
Ce fut un choc terrible de voir qu’ainsi des entretiens qui eurent lieu dans un cadre privé étaient jetés en pâture publiquement, tant
le sujet évoqué est pénible.
J’ai donc décidé d’écrire à l’auteur de l’article en spécifiant que j’étais l’un de ces dix cas "exemplaires". Je n’ai jamais eu de réponse et pourtant, il
s’agit d’un journal réputé progressiste que nous, internautes engagés,
nous citons souvent.
Parmi les commentaires évoqués par la personne citée ci-dessus, je lis notamment :
"Frappante est la constance de la peur chez tous les interviewés. Cette peur, qui persiste aujourd’hui, a ceci de remarquable qu’elle est plus rapportée aux menaces de la hiérarchie qu’à la
crainte d’attentats ou d’attaques.
Chaque sujet exprime le besoin de parler. Le soulagement lié au fait qu’on l’écoute est d’autant plus grand que la détresse consécutive
au traumatisme n’a jamais été vraiment reconnue.
Les troubles ressentis touchent tous au rapport avec la mort : angoisse d’être tué, tortures, cauchemars, ramassage de cadavres, etc." Il faut avoir vécu de tragiques et sanglants
événements pour savoir ce dont il s’agit.
Les historiens ne peuvent pas s’exprimer à la place des intéressés, c’est une des raisons qui font que les associations d’ACVG sont très méfiantes à l’égard des historiens qui relatent des faits rapportés sans les avoir eux-mêmes vécus.
Il n’est pas concevable que cette douloureuse page de l’histoire puisse être tournée. Notre présence aux monuments aux morts lors de la journée du Cessez-le-Feu chaque 19 mars, journée du recueillement et du souvenir, servira la cause de la Paix.
Jacques Tourtaux
Appelé Anticolonialiste
Le message que jacques m'a adressé ce jour
Camarade, tu peux reprendre cet article et ses commentaires mais, attention, le putsch a commencé dans la nuit du 21 au 22 avril 1961. Ne change surtout rien au titre de mon article ni à son contenu. Il s'agit d'un vécu militant auquel je suis très attaché.
Je suis particulièrement révolté par l'hypocrisie des "camarades" prétendument révolutionnaires qui, pour nombre d'entre eux, savent dans quelles terribles souffrances post traumatiques je me trouve très souvent.
Comment peut-on chaque jour écrire sur nos blogs engagés sans même prêter le moins intérêt au 50ème anniversaire de cette semaine historique d'avril 1961 qui fut sans doute la seule page honorable dont peut s'enorgueillir l'armée française lors de la Guerre d'Algérie?
En effet, lors de ces journées historiques, loin du peuple de France qui manifestait pour faire barrage aux factieux qui venaient de prendre le pouvoir en Algérie par un coup d'Etat, afin d'y continuer la guerre coloniale et ses exactions contre le peuple Algérien, dans les manuels d'histoire de l'Education nationale, rien ou presque ne parle de ces mémorables journées où les petits gars du contingent, emmenés notamment par des militants des Jeunesses Communistes (UJCF), ont contribué au sauvetage d'une République qu'ont trahi des généraux et des colonels parmi les plus galonnés et les plus décorés de l'armée française.
Lors d'un salon du livre, j'ai discuté avec deux jeunes professeurs d'histoire qui ne savaient même pas qui était et ce qu'avait subi notre camarade Henri Alleg. Ils ont feuilleté mon livre et ne l'ont pas acheté. Je leur ai demandé comment ils pourraient un jour parler à leurs élèves de la guerre coloniale menée par la France en Algérie, s'ils ne lisent même pas un ouvrage relatant le vécu d'un authentique témoin.
Je suis tellement remonté que je réfléchis à un article traitant de l'hypocrisie de "camarades" qui, pour préserver leur tranquillité auprès d'over-blog mais aussi par jalousie, ont totalement oublié ce qu'est la Solidarité Ouvrière.
Par leur attitude ringarde et petite bourgeoise, ils n'ont pas daigné apporter un commentaire à ce témoignage de haut niveau. Ce comportement déloyal, pas très courageux et surtout absent de tout esprit militant, va permettre à nos ennemis de me saquer encore davantage qu'il ne le font.
En effet, comment a-t-on pu me retirer mon étoile rouge alors que la plupart des internautes qui l'ont, sont souvent loin de recevoir autant de visiteurs uniques que le blog du Sanglier Rouge?
Honte à ces prétendus camarades qui savent tous combien ma santé très précaire est liée à la vie de mon blog!
Merci de bien vouloir publier ce commentaire.
Jacques Tourtaux
Militant anticolonialiste
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