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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Vue de Mars, droit des femmes, féminisme et lutte de classe

Publié le 3 Juin 2011 par canaille le rouge in polémique

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Sujet compliqué à aborder pour ne pas édulcorer la colère, ni laisser banaliser le crime tout en stigmatisant la routine idéologique autorisant d'autres pratiques liées.

La colère aidant, La Canaille, aidé de son correspondant, se lance.


 

Mon vieux camarade martien Zlurp répond ce jour à ma lettre du 2 mai [pour rappel, c'est là=>link].

Il me sollicite pour avoir mon avis sur un point que peu de nos concitoyens ont osé soulever et qui pourtant vu de sa planète semble demander réflexion.

 

"je ne comprend pas-dit-il- pourquoi ta société est capable, et tu as été un des premiers à juste titre à le faire, de monter au créneaux pour prendre la défense d'une personne victime d'un racisme sexiste culturel, résumé dans la devenue célèbre phrase "trousser la soubrette" et que les mêmes ne montent pas avec la même vigueur quand la soubrette est vendeuse et que le trousseur physique est une "trousseuse", groupie du Princident de votre monarblique, conduisant sa cible à l'exclusion sociale et professionnelle ? ". (Le dictionnaire de La Canaille n'ayant pas d'interface terrien-martien, celui -ci ne dit rien sur la masculin en "eur" mais sursaute, décontenancé, et tente de me faire supprimer le "seuse".

http://blogs.ac-amiens.fr/0801443j_marechalleclercadm/public/culture/.002_s.jpg

Certes la syntaxe martienne de mon ami Zlurp a ses à peu après mais je pense avoir compris son message :

Parmi les violences faites aux femmes, y en auraient-elles de spécifiques physiques, sexuelles dont l'ignominie permettrait d'en amoindrir d'autres aux traces moins immédiatement visibles mais aux empreintes séxuées, sociales violentes au moins aussi évidentes? Et si oui, faut-il ou pas les rassembler toutes ? Et alors quel critère unificateur?

Ces violences ont-elles un caractère moins condamnable si leur auteur est de même sexe que la victime ? 

D'abord, réaffirmons-le, tout ce qui est viol ou tout acte de contrainte de nature équivalente est maintenant, c'est heureux, reconnu comme crime. Il ne faut pas biaiser la dessus, l'acte doit être jugé et condamné es qualité.   

Cela ne peut empêcher de juger la seconde attitude. Or, ce terrain est miné : L'abjection que soulèvent les premiers est telle qu'elle édulcore, voire fait écran à la violence des seconds et les envoient rapidement sous l'éteignoir.

Mais, me demande Zlurp, "Dans les deux cas n'est-il pas l'objet d'un abus d'autorité sur personne physiquement et (ou) socialement vulnérable.

Doit-on juger à partir d'une sorte de hiérarchie des actes qui amoindrirait la gravités à partir du plus odieux ou doit-on juger cette gravité par rapport à l'écart d'une situation normale qui interdit crimes et délits ?"

Question pertinente à voir comment les deux faits on eu un traitement totalement déséquilibré, le second semblant ressortir d'une normalité surprenante. Si la "soubrette" se révolte, il y a réaction physique et sociale de mépris contre elle. Mépris même si l'acte criminel subit est aggravé par un abus de position sociale dominante "moralement habituel". Pour autant, lois aidant, il a y a mise en mouvement de l'appareil judiciaire. Mais pour la vendeuse qui est virée par caprice de cours lui aussi abus de position sociale dominante, sffuiiit dégagez, rien à voir  [pour mémoire, c'est là=>:link].

Piètre connaisseur de nos mœurs, Zlurp m'interroge : "A-t-on déjà vu un groupe de "femmes de chambres" violer un séminaire de banquiers ? Est-il fréquent de voir un garçon d'étage agresser une banquière ? Un-e élu-e trivial-e a-t-il-elle été démis-e de ses mandats pour insulte à un quidam, électeur ou pas ?".

 Devant mes dénégations, il poursuit : "Les conditions du crime sont donc empruntes d'une dimension de classe qui est vite passée aux oubliettes alors qu'elle permet au crime ou au délit de "confortablement" s'adosser. Il y a un lien de causalité entre statut social des agressées et le fait qu'il y ait crime ou délit subit. Violée ou virée, c'est pot de fer cognant sur pot de terre." J'avoue que cela doit faire réfléchir.

http://www.christian-jacquiau.fr/wp-content/uploads/2010/12/le-pot-de-terre-contre-le-pot-de-fer-illustration-egon.graphic.free_.fr_.jpg

Que la vendeuse retourne une paire de baffes bien méritée à la Pompadour des mirabelles se prenant "sur ses terres" pour la Médicis dans les couloirs du Louvre et le garde du corps présent n'aura aucun scrupule à libérer des forces qui ne sont pas de la joie. Alors que la suite des comportements de la baronne du régime va cumuler l'abus de position socialement dominante au point de mettre une mère de famille au chômage et cela de façon prémédité puisqu'elle le lui a même annoncé.

Sans même aller nous risquer du côté de Draveil, nous sommes dans le même cas de figure, moins l'affichage d'un patrimoine culturel machiste, que Fa# au Guilvinec qui injurie un quidam isolé en lui proposant de "venir-s'expliquer-s'il-est-un-homme" entouré de ses gros bras du GIPN. Imaginez s'il était tombé dans panneau (et pourtant ça a du lui démanger les phalanges). Souvenez-vous de cet élu de Lorient kidnappé par la sécurité présidentielle sur le territoire de son mandat électif pour avoir osé dire ses vérités à Fa#.

Donc, me reprend Zlurp,"Ce même Fa# que tu ne porte pas dans ton cœur et celles et ceux de sa cour et diverses baronnies, mais aussi d'autres cours et baronnies rivales ou alliées présentes et futures, leurs obligés à tous, sont dans le délit aggravé par l'usage de privilèges auto octroyés et hors la Loi, les conduisant à ces abus sociaux de position de dominante. Ce sont les pratiques aristo-oligarchiques qui caractérisent le système.".

J'en conclus provisoirement que sur Mars restent des repères d'esprit républicain, on se sent moins seul.

Et là, bon sang mais c'est bien sûr, C'est cela.

http://www.vipnet.ci/v3/images/resized/images/stories/aristocrate_200_200.jpg

C'est ce que La Canaille tente d'expliquer depuis quelques temps : les composants de cette dimension "hors sol". Cette dimension à facettes morales, fiscales, faites de coupes-fil, de droit de cuissage, de train de vie inimaginable pour le-a citoyen-ne ordinaire, faite aussi d'accès réservés là où le quidam doit faire la queue et payer. Des plaques d'immatriculation à série réservée aux places d'honneur au stade pour les obligés du monarque. Cette organisation de leur vie quotidienne hors de l'espace social commun du pays. Et cela vaut (avec quand même quelques gardes fous moraux tenant encore bon par endroit) de la gauche institutionnelle ne vivant plus les quartiers et les cités, jusqu'à la droite et son extrême choyée, leurs châteaux et résidences fiscales. Une véritable mondialisation des apparatchiks recyclés oligarques ou rêvant de l'être et leurs déclinaisons locales en lévitation au dessus du pays réel.

Revenons à la hiérarchisation des pratiques :

Les mêmes qui ont su à juste titre s'occuper du volet "soubrette" sont d'une discrétion surprenante concernant la vendeuse. Nous n'assistons pas à cette partie de flashball médiatique qui a suivi l'épisode visant l'une suivi des taiseux sur la situation de l'autre.

Le niveau du crime est-il la seule raison? Tout comme, puisque le Louvre a été évoqué, concernant toujours la même, à part le palmipède du mercredi, que ce soit l'artillerie lourde des rotatives ou les snipers des studios, la presse reste d'une grande discrétion quand la même Pompadour de Lorraine se sert de ses mandats pour tenter de se faire payer une visite guidée privée gratuite pour sa progéniture dans un Musée de la République.


http://www.lesmotsontunsens.com/files/chimulus-nadine-morano-hou-la-menteuse.jpg


Laissons aux juges la partie crime et délit et attardons nous sur ce fameux abus social de position de dominante qui renvoi lui à la morale républicaine.

Mon ami martien me disant : "Quand un ministre se sert de son mandat pour faire échapper un proche à une contravention pour excès de vitesse, emprunte un avion le weekend pour éviter la promiscuité ferroviaire, ou qu'un locataire de l'Elysée se permet d'injurier un tiers en se mettant dans tout ses états, ils sont tout aussi hors normes que quand une sous fifre du gouvernement se prend pour baronne dans son fief chez le marchand de pull du coin… ou on peut penser pouvoir s'octroyer des droit médiévaux sur le "petit personnel" dans un palace new yorkais"

Et sur cette question pivot, la presse participant idéologiquement au système, du moins son gratin visible bénéficiant des prébendes se tait.   

A la réflexion, Mon pote Zlurp a bien raison : Du Sofitel de New-York à chez Kookaï à Nancy, ce qui permet toutes les dérives et exactions, rappelons-le, c'est ce lien qui lie un-e salarié-e à son employeur qui est en droit, qualifié de "lien de subordination". Durant tout le temps l'exercice du contrat. Et comme pour l'employeur, bible du système marchand, le client est roi… Là, de criminelles "privautés", ailleurs "on obéit et on se tait sinon la porte". Parce que nous sommes à l'interieur de ce liens qui permet tout.

Zlurp m'interrompant :"Ne sont-ce pas là de vrais questions de fond ?"

 

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