Le 21 janviers fait partie de ces dates qui mettent en mouvement les neuronnes politico-historiques.
Il y a 221 ans en matinée, à une heure relevée de façon auusi précise que celle d'un train entrant en gare de Verdun, à 10h22 du matin, par un de ces raccourcis historiques dont il a le secret le peuple français affirmait au monde sa souveraineté en mettant fin à celui qui représentait l'ordre qui la lui refusait.
Oui, me souffle-t-on, mais c'est aussi le 90ème aniversaire de la mort de ton pote Wladimir. Oui, vous savez bien, celui dont La Canaille vous parle assez souvent refusant que ceux qui se réclament aujourd'hui d'un communisme aussi officiel que de pacotille refusent d'évoquer, non pas pour ce qu'il a fait et dit, mais parce qu'il leur rappelle qu'eux allaient serrer les mains de Brejnev, avant d'aller prestroïker allègrement avec Gorbatchev.
Un peu comme ces évèques qui rejettent la théologie de la libération dès fois qu'on leur rappelle inquisitions ou soutiens en tout genre de toutes les dictatures.
Donc pour Canaille le Rouge si la mort de Lenine est sommes toutes un phénomène assez classique pour tout ce qui concerne le vivant, celle d'un monarque et son sort, comprommis comme Pétain un siècle et demi plus tard auprès des forces réactionnaires coalisées depuis l'étranger, a une autre signification.
C'est le moment où à la face du monde le Peuple Français substitue le droit du sol au droit du sang, celui où il oppose la vertu du savoir et de son partage à celle de la naissance et de la concentration aristocratique du pouvoir.
C'est de là que nait ce qui est toujours l'entrée du préambule de notre constition :
"Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l'homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République."
Le couperet marque certes une exécution capitale (que repproche toujours ceux qui aujourd'hui pétitionne pour le retour de la peine de mort et en cela montre à leur façon la nature réelle de 21 janvier 1793), mais elle est surtout ce moment qui fédère toutes les références républicaines à la souveraineté populaire.
De même que les chrétiens fêtent l'épiphanie avec fèves et galettes, l'anticonformiste tête de veau du 21 janvier fait partie des habitudes.
Pour ceux qui ne connaissent pas l'origine de la tradition, elle est d'importation : à l'occasion du 220ème anniversaire l'UL des syndicats CGT du 10ème de Paris avait rappelé l'origine de la pratique :
"Très vite , le pamphlétaire Romeau dans son opuscule « La Tête et l’Oreille » projeta dès le 21 janvier 1794 l’organisation de banquets républicains pour commémorer la fin de la monarchie absolue de Droit Divin génératrice d’injustices et d’oppressions en tous genres. Il suggéra alors que le plat principal du menu soit concocté à base d’oreilles et de têtes de cochons.
Des banquets commémoratifs se déroulèrent ainsi chaque année, dès le 21 janvier 1794 et tout au long de la première partie du XIX ème Siècle, avec au menu comme plat de résistance : de la tête de cochon farci .
Vers 1848, au moment de l’instauration de la 2ème République la tête de cochon farci fut abandonnée au menu des banquets et remplacé par la tête de veau.
En avait-on trop consommé au point d’en être rassasié ? Où le peuple révolutionnaire s’était-il quelque peu embourgeoisé ?
La raison de cette substitution n’est pas élucidée sur le plan historique , et à ce jour il est impossible répondre à ces questions . Mais ce que nous savons c’est que dans « L’Education Sentimentale » Gustave Flaubert fait dire à l’un de ses personnages du roman, participant à la Révolution de 1848 à qui il donne la parole au sujet de la tête de veau, je cite : « c’est une importation anglaise » ; pour parodier la cérémonie que les « Roundheads » célébraient chaque 30 janvier , après la décapitation du roi Charles 1er d’Angleterre, survenu le 30 janvier 1649 . Une autre victime décapitée pour que l’installation d’un pouvoir démocratique devienne possible .Ces partisans de la monarchie institutionnelle célébraient cette date lors d’un banquet où la tête de veau était arrosée de vin rouge qui servait à remplir en guise de verre , des cranes de veaux utilisés au cours du repas , pour porter des toasts à l’extermination des Stuart ."
Et comme lutter donne faim, leur UL donnant sur la place de la République, ils proposaient aussi la recette :

A servir avec :
Rouge : Haut-Poitou ; Bourgueuil ; Beaujolais Village.
Blanc : Champagne Brut si vous avez les moyens ; Sylaner ; Entre deux Mers ; Quincy.
Rosé : Côtes de Provence ; Sancerre ; Vin de Corse.
Il ne viendrait pas à l'idée à Canaille le Rouge d'aller déjeuner d'un Bortch ou se commander des zakouskis les 21 janvier.
La tête de veau garde sa préférence, précédée d'une carmagnole vigoureuse.
Un repas qui se conclura par ce champ que les fédérés de l'Armée du Rhin entonnèrent de vives voix : "le Chant de marche des volontaires de l'armée du Rhin". Un chant fait pour marquer le pas de ceux qui allaient démontrer leur souveraineté aux impérialistes d'alors et qui devint ainsi le chant des Marseillais.
Ils feront connaitre leur Marseillaise aux Parisiens lors de leur entrée aux Tuileries le 30 juillet 1792.
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