Canaille le Rouge n'étant pas un spécialiste du droit et ne fréquentant le plus souvent les avocats que s'ils sont accompagnés de piments, tomates, crevettes et citrons verts, pas question ici de faire des théories sur les droits des baveux à garder dans leurs cravates les divers postillons sonores écartés des prétoires.
Par contre, là où La Canaille à quelques droits à les interpeller, pas tous tant il en est d'estimable qui ne trempent pas dans ces casseroles, c'est sur cette surcapacité à réagir quand la profession est touché de la part des mêmes qui déroulent des hectares de pâtes à papier pour expliquer doctement comment le droit de retrait exercé par la profession quand un postier, un cheminot où un urgentiste agressé dans l'exercice normal de sa profession est susceptible d'aménagement pour ne pas « prendre en otage » un client (terme statutaire pour l'avocat) redevenu pour l'occasion « usager ».
Même question pour les licenciements de salariés aussi légalement protégés que le sont les avocats et pourtant contraints d'avoir recours aux services, contre rémunération, non pas pour trancher un litige mais faire respecter la loi.
Enfin et point d'orgue, et dès lors que le principe des écoutes mis en place par le législateur s'applique à celui –ci et son conseil, Canaille le Rouge a ouïe de l'organe oratoire et donc professionnel d'un baron du barreau que les écoutes téléphoniques d'un de ses confrères ne seraient légitimes que si celui-ci était coupable d'un crime ou délit.
Intense et rapide mise en ébullition des peux de neurones en rab' de La Canaille mobilisé pour l'occasion : si impossibilité d'enquêter comme pour n'importe quel justifiable comment établir la dite culpabilité ? Et si culpabilité prouvée hors écoute, pourquoi écouter ? Conclusion la loi, c'est pour les autres, pas pour les hommes de loi. Un peu comme la présomption d'innocence d'un auteur de bavures ou l'infaillibilité d'un pape.
Devant une situation pour eux complexe, les avocats ont fait comme les métallos, les cheminots, comme les caissières les infirmiers, les serveurs ou les opératrices, ils ont manifesté...et là, miracle, les micros les stylos, les vidéos les ont enregistrés et leurs propos répercutés. Ils ont mêmes été entendus, (réaction de la chancellerie : moins de deux heures pour les avocats plus de vingt ans pour les délégués syndicaux) pensant être certainement écoutés.
La réactivité solidaire professionnelle est louable à condition de ne pas s'en servir d'écran. Un notaire véreux, cela existe. Un boucher égorgeur, un employé indélicat un ouvrier bagarreur, même voleur ou assassin existent tout autant que des empoisonneuses de toutes conditions, trucideurs de toutes espèces. Les archives judiciaires en regorgent, tout comme des patrons fraudeurs, des escrocs, des spécialistes de l'évasion fiscale ou de la fausse facture, même si pour ces derniers les archives sont d'accès plus complexe.
Pourquoi une plaque vissée sur un boulevard des beaux quartiers, signe d'une profession maintenant accessible sans que les compétences soient formellements assurées (Rappelons-nous des distances prises par l'ordre des dits avocats lors de la modification des conditions d'accès à la profession... instaurées sous le Monarblicat* du principal mis en cause dans cette affaire), dès lors qu'il est susceptible d'intégrer la cohorte des précédents, le préserverait des foudres qui s'abattent sur le délégué syndical évoqué plus haut ?
Notons que l'aire délictuelle concernée est strictement balisée par les protestataires. Elle est bornée par la notabilité et la nature financière et politique des délits éventuels.
Jamais jusqu'à ce jour La Canaille n'a vu le moindre barreau saisir le président du Conseil Supérieur de la Magistrature pour un avocat écouté dans le cadre de l'assistance à un délinquant trafiquant de drogue, voleur de bicyclette, ou animateur d'une filière répréhensible. Mais pour deux ténors du barreau qui pourraient risquer de se retrouver à vérifier leur Dalloz derrière les susdits, c'est la tempête.
Voilà une aussi intéressante qu'exotique (au sens d'inaccoutumée) démonstration de la nature de classe de la société et de sa justice.
*Monarblicat : espace de temps compris entre deux renouvellements du bail, locatif à titre onéreux pour les bailleurs, sis 121 faubourg St Honoré appelé « Elysée » pour gérer la monarchie républicaine appelée « monarblique ».
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