Faut dire que ....
"Cette chanson politiquement engagée (à l'extrême-gauche) a des visées anticapitalistes quand elle fustige « Les gros », « ceux qu'ont le pognon » et « les biens de ces messieurs là ». Elle est contemporaine de la Révolution Bolchevique de 1917 qui a entraîné, en France, la mutinerie des soldats communistes russes à La Courtine et, sur le front de l'Est, la débandade et le retrait des troupes russes (alors alliées à la France)." ( extrait de Wikipédia)
Wikipédia ne disant pas que Paul Vaillant Couturier en fut un des propagandistes majeur (voire l'auteur -à vérifier), alors mobilisé et au front, recherché par la police militaire pour atteinte au moral des armées.
Le ministre de la guerre du gouvernement Viviani (radical socialiste), Millerrand lance la traque les chanteurs subversif.
Millerand est élu député de la Seine en 1885, ("fédération des gauches") il siège à l'extrême gauche. Il est réélu sans interruption jusqu'en 1919.
Viviani (cofondateur de l'Huma avec Jaures) sera le président du conseil d’août 14 et l'entrée en guerre à 1915. Sous leur gouvernement seront engagées les premières fusillades (dès l'automne 1914 cf : André Bach général directeur du service historique de l'armée de terre, est à l’origine de la première étude exhaustive sur le sujet des fusillés de 1914-1918. Fusillés pour l’exemple, Tallandier, 2003). Exécutions pour l'exemple dont Pétain usera deux ans plus tard avec un zèle au moins équivalent pour l'élimination des rouges au sein des unités révoltées.
Peut-être tout cela donne-t-il de l'urticaire à la solférinocratie.
Paroles
Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.
Refrain
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !
C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.
au Refrain
Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.
Refrain
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !
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