Le tout, c'est de ne pas se faire prendre
Les Suisses nous en baillent de bonnes
100 000 flacons de médicaments périmés ont été administrés à des patients suisses et français, dont une moitié d’enfants.
Un anticancéreux périmé administré en France et en Suisse entre 2007 et 2011
L'Autorité de surveillance du marché des médicaments suisse a mis en lumière en système de falsification de la date de péremption sur les étiquettes du médicament. Plus de 100 000 flacons d...
"Plus de 100 000 flacons d'un médicament périmé, utilisé pour traiter des cancers, ont été administrés à des patients suisses et français, révèle dimanche 14 janvier Le Matin Dimanche. Il s'agit de flacons de Thiotepa distribués par le laboratoire Alkopharma, un médicament utilisé pour lutter les cancers de l'ovaire, de la vessie et du sein.
Le médicament périmé ne contenait "plus la dose de principe actif exigée", rapporte le quotidien suisse. Le laboratoire falsifiait la date de péremption (en créant de fausses étiquettes) de cet anticancéreux qui avait une durée de vie de 18 mois. "Certains flacons ont été vendus sept ans plus tard", précise la Radio Télévision Suisse. Swissmedic, l’Autorité de surveillance du marché des médicaments suisse, déplore une "mise en danger de la santé des patients."
La plupart des flacons distribués en France
Selon l'enquête de Swissmedic, Alkopharma a vendu pour 3 278 425 euros de médicaments à la date de péremption modifiée et pour 207 573 francs suisses en Suisse. Plus de 2 000 flacons ont été administrés dans la plupart des grands hôpitaux suisses et quelque 98 000 autres en France. Dans le volet français de cette affaire, après une instruction de six ans, le parquet de Paris doit désormais rendre sa décision : renvoi devant un tribunal correctionnel ou non-lieu, indique Le Parisien, qui précise que ce réquisitoire définitif tarde à venir.
Des anticancéreux falsifiés ont trompé tous les hôpitaux
L'Hôpital de l'Île à Berne a reçu 1452 flacons d'un médicament utilisé pour soigner des cancers. Entre 2007 et 2011, la plupart d'entre eux étaient périmés et ne contenaient plus la dose d...
L’Hôpital de l’Île à Berne a reçu 1452 flacons d’un médicament utilisé pour soigner des cancers. Entre 2007 et 2011, la plupart d’entre eux étaient périmés et ne contenaient plus la dose de principe actif exigée. Martin Fey, responsable du service d’oncologie des adultes de l’Hôpital de l’Île, a identifié 23 patients concernés dans son hôpital. Quinze d’entre eux étaient des enfants. Les HUG à Genève ont reçu 442 flacons de Thiotepa. En 2010, des doses périmées ont été administrées à un enfant aujourd’hui adulte. L’hôpital de Bâle a aussi reçu 220 flacons de Thiotepa, 162 ont été vendus à l’Hôpital régional de Bellinzone, 65 au CHUV, etc. L’affaire touche la plupart des grands hôpitaux suisses.
C’est la première fois que des médicaments conditionnés et écoulés au sein du réseau officiel de distribution helvétique ont été falsifiés. En tout, selon l’enquête de Swissmedic, l’Autorité de surveillance du marché des médicaments, Alkopharma a modifié les dates de péremption de 98 820 flacons vendus en France pour un prix de 3 278 425 euros et 2119 en Suisse pour 207 573 francs.
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