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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Droit du sol, droit du sang et lutte de classe

Publié le 14 Février 2024 par Canaille Lerouge

Les bateleurs de la réaction fascisante

et la riposte urgente

Droit du sol, droit du sang et lutte de classe

Sachant que l'arrivée du droit du sol apparait dans les textes royaux lié à l'abolition du servage dès ​​le 3 juillet 1315 un édit qui affirme que « selon le droit de nature, chacun doit naître franc », c'est-à-dire libre, et non plus serf. S'il y a encore loin pour arriver à la citoyenneté de la Révolution, dèja avec la fin de l'asservissement les habitants d'un fiefs ne sont plus sujet. Un des actes majeurs fondateurs du droit du sol s'intalle avec  les dispositions de la Constitution de 1791

« Considérant que si cinq ans de domicile en France suffisent pour obtenir à un étranger le titre de citoyen français, ce titre est bien plus justement dû à ceux qui, quel que soit le sol qu’ils habitent, ont consacré leurs bras et leurs veilles à défendre la cause des peuples contre le despotisme des rois, à bannir les préjugés de la terre, et à reculer les bornes des connaissances humaines ; »

Aujourd'hui, en France, en 2024, autour de cette question du droit du sol, une vague de purin brun et visqueux adossée aux déclarations de Darmanin déferle via les média pour ramener la France à l’avant 1789 en passant par l’automne 1940. Elle exige des ripostes du plus haut niveau de mobilisation possible.

Pour cela, il faut déjà identifier les données historiques de la question.

Il s’agit ni plus ni moins de revenir à la primauté du sang et de la filiation sur celle dui lieu de naissance pour prétendre à la nationalité française , au droit de vivre sereinement en France, de rompre avec la tradition d’accueil des étrangers gravée dans l’histoire multiséculaire de notre pays , un pays dont toutes les facettes économiques culturelles scientifiques sont marquées par sa capacité et le désir d’accueillir les "venant d’ailleurs" de l'Est, du Sud, du Nord, et cela depuis Avicenne, Léonard de Vinci Marie, Curie, Anna Marly, Georges Charpak et les FTP MOI de l’affiche rouge.

Faut-il s’étonner des sorties du ministre de l'Intérieur, infatué téléphérique politique faisant la navette et liant la droite extrêmement réactionnaire à une extrême droite ultra réactionnaire, le MEDEF et les propriétaires des grand média, assurant la tension des câbles ? Ce serait oublier que Darmanin a fait ses classes comme pigiste actif dans les couloirs de la raciste, antisémite et antirépublicaine Action Française fondée par ce Maurras que Macron lors de son premier mandat à tenter de faire entrer dans le cercle des penseurs de référence.

La presse nous apprend que Bolloré actuel patron d’une dynastie dont la fortune s’est construite sur le pillage colonial est en communication directe et régulière avec le locataire de l’Élysée. Rarement pour ne pas dire jamais le pouvoir politique et les outils idéologiques n’ont autant été concentrés entre les mains du capital. S’il en fallait une preuve, dans leur quasi-totalité les postes ministériels sont entre les mains de millionnaires, fortunes d’héritage ou de captation de tout le ruissellement si cher à la Macronie.

La suppression voulue par la réaction du droit du sol pour revenir au féodal droit du sang ferait que seraient prioritairement français la cohorte des exilés fiscaux et ne pourraient prétendre l’être ceux qui par leur travail permettent à ces fraudeurs d’accumuler dans les paradis fiscaux les capitaux qu’ils font fructifier depuis leurs manoirs classés monument historique et pour cela fiscalement assistés.

Si la dénonciation est indispensable, elle ne suffit pas. Il faut mesurer pourquoi la contre-offensive de cette restauration pétainiste est possible. À quel moment les traditions démocratiques héritières des lumières de la révolution française des grands mouvements révolutionnaires et populaires des XIXes et XXes siècles ont perdu leur ancrage au point de se faire ainsi balayer.

Ne pas garder la pression dans le combat quotidien, ne plus porter de projet alternatif à l’état existant tend à sacraliser cet état des choses et offre un socle pour la reconquête contre-révolutionnaire grâce à un balisage-quadrillage aussi fin que total du champ de l’affrontement idéologique.

L’acceptation de l’UE et son primat du droit privé sur le service public, la marchandisation de tous les secteurs de vie sociale (école, santé, énergie, transports, etc. Jusqu’à l’industrie de défense) l’absence de combat de la monarchisation à marches forcée de tous les compartiments de la vie constitutionnelle du pays, voire son acceptation tacite ou active, participe de cette défaite.

Il est remarquable qu’assumant un héritage né de l’Union Sacrée de 1914 certains passant par la case Vichy avant de contribuer à toutes les guerres coloniales de l’après 45, nombre de politicard-es issu-es de la vieille SFIO et du PS se trouvent à l’aise et participent activement aux actions de cet aréopage réactionnaire. Reste que les forces qui se parfument de transformation politique économique et social qui statutairement disent vouloir abattre le capital n’opposent que des projets édulcorés refusant le combat frontal indispensable.

Voilà qui libère l’espace à cette ultra réaction valet de pied du fascisme.

 

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