Rappel succinct :
· Servier compte 20 000 salariés, dont les trois quarts à l'étranger.le labo a engrangé un bénéfice net plus que doublé au cours de l'exercice clos le 30 septembre dernier, à 378 millions d'euros, contre 143 millions en 2009.
· Les ventes du laboratoire ont progressé de 6 % l'an dernier, à 3,7 milliards d'euros.
· La France représente le premier marché de Servier, avec 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, (notamment grâce aux ventes de génériques de Biogaran).
· A l'international, le chiffre d'affaires a progressé de 6,4 % à 2,7 milliards d'euros.
· Médicament destiné aux diabétiques en surpoids largement détourné comme coupe-faim, le Mediator aurait provoqué en trente-trois ans la mort de 500 à 2 000 personnes, avant d'être retiré du marché français en novembre 2009. Plusieurs centaines de plaintes ont été déposées à ce jour.
Et maintenant parlons un peu pillage
Commercialisé en France par les laboratoires Servier de 1976 à novembre 2009, le Mediator a été utilisé par 5 millions de personnes. Il a été retiré du marché en raison de risques cardiaques avérés. Plusieurs centaines de plaintes ont été déposées à ce jour. La CNAM avait décidé en février de déposer plainte contre les laboratoires Servier pour "escroquerie et tromperie aggravée".
Les estimations varient mais le médicament est à l'origine d'entre 500 et 2 000 morts selon les bases de calculs retenues. Le Figaro, peu suspect de harcèlement du capital, affirme dans son édition de jeudi 5 mai qu'il a coûté environ 1,2 milliard d'euros de remboursement à la Sécurité sociale,
La presse précise que le seul remboursement, dont quelque 145 millions de boîtes ont été vendues, a coûté 879 millions d'euros, selon une note confidentielle de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM). Les ventes du Mediator n'ont, en effet, cessé de progresser entre 1983 et 2005. Les chiffres connus précisent qu'un pic a été atteint en 2005 avec plus de 9 millions de boîtes vendues.
Arrêtons-nous une minute sur cette info et rappelons-nous la vieille revendication des militants fondateurs de la sécu et de ceux qui ont repris le flambeau demandant la nationalisation de l'industrie pharmaceutiques. Il fut une époque avant leur démantèlement au nom de la capacité du privé faire mieux et moins cher (!!) que le public ou les pharmacies centrales des hôpitaux et leur secteur de recherche ont été sinon supprimés du moins marginalisés dans la politique du médicament en France. Créant ensuite un pilotage par l'aval par l'industrie pharmaceutique des facultés de pharmacie.
Nationalisé en 1981, Rhône Poulenc sera une des privatisations emblématique de Balladur que la gauche ne remettra plus en question.
Server-Biogaran, avec une massive campagne de pub mobilisant vedettes de la télé et objectifs pédagogiques pour rendre le labo autonettoyant (-http://www.biogaran.fr/), s'est engouffré dans le marché du générique. Lequel dès 2007 après que le gouvernement ait balisé le champ du pillage, par des combines de conditionnement voire de facturation d'amortissement des recherches, maintient les flibustiers de la santé branché sur les coffres de la sécu. Coffres qui drainent la part socialisée des salaires à partir richesses créées par le travail des actifs salariés.
Notez au passage, ce n'est pas le moins scandaleux, que grâce au plafonnement des cotisations sociales, la rente de grands patrons de l'industrie et de la finance transformée en salaires, ceux-ci échappent pour leur plus grande partie aux cotisations sociales. Ceux-ci ne paient pas plus de cotisation qu'un ingénieur débutant ou un agent de maitrise en fin de carrière* pour plus de la moitié des diverses cotisations, (cachet sur l'excipent, la cotisation est dans la limite à quatre fois le plafond dans le cas de la CSG)
Les dirigeants de l'industrie pharmaceutiques salariés de leur fondations (fiscalement aussi chouchoutées par le pouvoir, pillent et ne cotisent pas mais accèdent aux prestations dans des conditions dont les chômeurs malades voudraient bien pouvoir bénéficier.
Mais, regardez combien La canaille n'avance pas sans biscuit, la presse nous apprend aussi que Servier, qui pourrait avoir, in fine, à indemniser les victimes du Mediator, dispose d'une trésorerie de 2 milliards d'euros et n'a pas de dette.
Ce montant plus que coquet est dû au fait que le laboratoire n'a jamais versé de dividendes depuis sa création en 1954 nous dit le Monde. N'est-ce pas la confirmation que la rémunération des actionnaires (puisqu'ils sont rémunérés et monsieur Servier ne se déplace pas en solex) se fait au travers d'un salaire ou équivalent fiscal (voir plus haut). Le bas de laine accumulé est si confortable que si Servier était contraint d'indemniser il n'aurait pas besoin de céder d'actif nous annonce "les Échos".
La CNAM estimerait que le seul coût de la prise en charge des complications médicales liées à ce médicament, destiné aux diabétiques en surpoids et largement détourné comme coupe-faim, représente, au moins 315 millions d'euros.
"Cette estimation part du principe que 1 750 patients ont subi une intervention chirurgicale cardiaque. La CNAM n'a en revanche pas calculé le coût des arrêts de travail liés au Mediator, ni les primes d'invalidité. Elle n'a pas non plus pris en compte les 663 000 courriers envoyés par l'Agence du médicament aux patients ayant pris du Mediator ainsi que les consultations et les échocardiographies qui ont suivi", raconte "les Échos", précisant que d'autres calculs sont en cours. Contactée par Le Figaro et l'AFP, la CNAM n'a pas souhaité commenter cette information.
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*Le plafond de la Sécurité sociale est utilisé pour le calcul de certaines cotisations sociales (une partie des cotisations d’assurance vieillesse, contribution au Fonds national d’aide au logement, cotisations aux régimes complémentaires de retraite, notamment) et de certaines prestations de Sécurité sociale. |
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Pour les interéssés : détail des barèmes ici =>: link |
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