La base de réflexion des chiffres portés par le communiqué de la Fédération CGT des cheminots est à regarder au travers du prisme du communiqué publié par les services Zenchanté du si beau pays de Pépy :
Notre amiral de bateau lavoir clamant du haut de sa passerelle :
"Le projet de SNCF est d’agir pour une société plus mobile, plus respectueuse et plus solidaire, en faisant de l’écomobilité le moteur de sa croissance et de la préférence des clients, voyageurs et chargeurs. Le groupe est organisé en cinq branches d’activité : gestion, exploitation, maintenance et ingénierie d’infrastructure à dominante transport public (SNCF Infra), ferroviaire urbain, périurbain et régional pour les (SNCF Proximités), voyageurs du quotidien transport ferroviaire de voyageurs longue distance et à grande vitesse (SNCF Voyages), transport et logistique de marchandises gestion et développement (SNCF Géodis), gestion et développement des gares (Gares & Connexions)".
Notons aussi, à l'examen des chiffres, que chacun des 160 000 salariés de la SNCF aura par son travail permis de verser à l'état 312 € soit beaucoup plus que l'augmentation moyenne des salaires. Un état "actionnaire" qui bloque le pouvoir d'achat et casse le statut et la protection sociale, un état qui se désengage du financement de l'outil industriel de service public en faisant porter le poids de ses choix sur les collectivités territoriales qui financent par les impôts à fonds perdus les transports dont le patronat à besoin et ceux qui sont de la responsabilité de l'état (transports scolaires), un état qui engage ses contributions par des ponctions sur l'usager et malgré cela conduit à un amoindrissement de la qualité. Ce qui conduit par endroit jusqu'à des conséquences sur la sécurité (contenues par des abaissement de vitesse et de charge des trains).
Commençons donc de rappelez à "l'actionnaire"... qu'il ne l'est pas : la SNCF n'appartient pas à l'Etat. Elle appartient à la nation (le mot d'ordre de la pétition de 1995) l'état n'étant là que pour lui donner les moyens dont elle a besoin pour répondre à ses obligations dans les conditions définies par la constitution.
Combattre l'austérité du budget 2011 de la SNCF
Le budget 2011 de la SNCF, présenté au Comité Central d’entreprise le 21 décembre 2010, privilégie une nouvelle fois la rentabilité et tourne le dos au service public.
Des moyens existent pour répondre aux revendications
Après une année 2009 déficitaire, l’année 2010 permettra à nouveau de payer un dividende de 50 Millions d’€ à l’État. Présenté comme celui du redressement par la Direction, ce budget marque une reprise de la croissance du chiffre d’affaires de +4 %, pour atteindre 33,6 Milliards d’€, la marge opérationnelle augmentera de + 30%.
Alors qu’elle a octroyé unilatéralement, avec l’appui de certaines organisations syndicales, 0,9% pour les salaires en 2010, entérinant une nouvelle perte de pouvoir d’achat, l’entreprise avait réellement les moyens de répondre aux revendications des cheminots. Il y a donc lieu d’exiger dès les négociations salariales de janvier une véritable augmentation générale des salaires permettant le rattrapage du pouvoir d’achat. Les cheminots doivent signer massivement la pétition unitaire.
La Direction développe les filiales…
En 2011, les filiales représentent 44,5% du CA du groupe, contre 28% en 2008. L’augmentation du chiffre d’affaires du groupe porte sur une augmentation de l’activité des filiales et à l’international.
. . . et le routier au dépend de l’entreprise publique ferroviaire SNCF.
Pour le Fret, le transport routier repart à la hausse, contrairement au ferroviaire. Le chiffre d’affaires des activités autres que ferroviaires de la branche SNCF GEODIS augmenterait de 394 M€.
Quant à la part du ferroviaire, elle est portée par les filiales au détriment de Fret SNCF.
Ainsi, le CA du pôle Transport Ferroviaire de Marchandise (regroupant Fret SNCF, VFLI, Naviland Cargo, et Captrain en Europe) augmenterait de 58M€, mais celui de Fret SNCF baisserait de 104M€ ! (1)
Fret SNCF ne transporterait plus que 22Gtk en 2011, un niveau historiquement bas.
La propagande du gouvernement et de la SNCF sur les transports écologiques et le Grenelle de l’environnement est balayée d’un revers de main.
Une croissance déguisée pour l’Épic SNCF
Sur le périmètre de l’entreprise publique, la SNCF accroît essentiellement ses résultats par des hausses de tarifs et des revalorisations indicielles des conventions, et non sur un développement de l’offre. En revanche, elle mise sur une série d’hypothèses en trompe l’œil.
Elle intègre le conventionnement des trains d’équilibre du territoire de +210M€ (mais 175M€ sont à la charge de la SNCF) et estime que la hausse des tarifs voyageurs va lui rapporter 100M€, ignorant que celle-ci aura un impact sur la fréquentation des trains.
Elle parie sur une négociation favorable de la convention avec RFF qui lui ferait économiser 232M€. Elle affiche une reprise par RFF des surcoûts de la réforme des retraites de 2007 sur le périmètre de l’Infra de 100M€… mais cette somme réapparait miraculeusement dans les péages à verser à RFF !
Enfin, elle fait un autre pari sur la prise en charge d’une partie du T2 (contribution sociale au financement des avantages spécifiques de retraite du régime spécial) par l’Etat à hauteur de 70M€. Ce que la CGT conteste.
Nul doute que la facture de ces incertitudes sera présentée quotidiennement aux cheminots.
Le niveau des péages impose le retour à l’unicité du système ferroviaire
La hausse des péages de +6% va lourdement peser sur l’activité Voyages qui doit faire face à des investissements lourds et se répercutera sur le prix du billet, voire la réduction de dessertes. Cette augmentation des péages traduit une nouvelle fois la nocivité de la réforme ferroviaire de 1997 et l’incurie de l’État qui refuse de prendre ses responsabilités sur la dette du système ferroviaire. Pour la CGT, il faut revenir à l’unicité du système ferroviaire en abrogeant les dispositions législatives ayant créé RFF.
L’emploi cheminot sacrifié pour payer la facture
A l’augmentation des péages s’ajoutent celles de la fiscalité (+4 %) et de l’énergie (+16% dont les effets de la loi NOME sur l’électricité). Les suppressions d’emplois et la vente de patrimoine serviront une fois de plus à compenser le désengagement et la politique anti sociale de l’État.
Sur l’emploi, avec 6 350 départs estimés et seulement 4 500 recrutements, soit 1 850 suppressions d’emplois, dont 1 540 au Fret, conséquence de la stratégie inefficace du schéma directeur de Blayau-Pepy, les cheminots payent la facture.
La situation de Fret impacte les charges de travail du Matériel, dont l’emploi diminuerait de 200 cheminots, malgré les engagements de ré internalisation de charges de travail qui avaient été confiées au privé.
La Direction entend également réduire les effectifs dans la branche SNCF Voyages de - 453, en particulier avec le projet de suppression des guichets, ainsi qu’à l’Infra (- 100 et – 42 à la DCF) sous la pression de RFF.
Quant au niveau des recrutements, la CGT exige que la direction remplace intégralement, comme elle s’y était engagée, les 1 000 départs supplémentaires en 2010. Les embauches prévues et actées en 2010 doivent être réalisées le plus rapidement possible et s’ajouter à minima aux 4 500 embauches budgétées en 2011, déjà insuffisantes pour couvrir les départs prévisibles et les besoins du service public.
Dans chaque établissement, sur tous les chantiers, nous devons exiger l’embauche immédiate des recrutements actés en 2010 et combattre toute nouvelle suppression d’emploi.
Sur le plan des notations, la Direction SNCF entend, une fois encore, jouer sur la mobilité des agents et la modification des cadres d’organisation pour réduire le nombre de promotion en niveau et en qualification
Le budget de la SNCF pour l’année 2011 se caractérise par un développement des filiales au détriment du service public et des cheminots. Il est en droite ligne du plan d’affaires 2015 axé uniquement sur la rentabilité financière.
La dégradation du réseau ferré (1 700 km de ralentissements par défaut d’entretien), et la hausse des incidents de circulation nécessite de changer cette politique. Alors que la période de froid a mis en avant la nécessité de services publics efficaces, la SNCF doit utiliser ses moyens pour assurer et développer un service public de qualité voyageurs et Fret. Elle doit garantir un haut niveau de sécurité des circulations avec des moyens matériels et des emplois de cheminots à statut, plutôt que privilégier les indicateurs financiers.
La CGT ne s’inscrit pas dans la logique du business. La mobilisation des cheminots est impérative pour changer la donne.
Le 41e congrès de la fédération CGT des cheminots a décidé de proposer une action nationale tous services en janvier 2011. Celle-ci doit être mise en débat avec les cheminots sur l’ensemble des chantiers.
Montreuil, le 20 décembre 2010
(1) Ce qui reviendrait à dire que la direction de la SNCF abandonne au patronat routiers et aux nouveaux entrants près de 50% du chiffre d'affaire réalisable dans le périmètre du contrôle public du service public. Cadeaux à un patronat le plus souvent quasi esclavagiste et de toute façon d'abord antisocial (les mots sont pesés), cela dans le cadre ce cette grandiose concurrence libre et non faussée des principes de privatisation de l'UE (relevé par C.le R.). Ce sont les salariés de la SNCF et ceux du transport routiers marchandises qui sont les variables de profitabilité.
C'est sans doute ce qu'il faut comprendre dans le souci des "chargeurs" relevé par notre amiral naufrageur en chef du navire Service Public.
/http%3A%2F%2Fcommunistesclichy92.elunet.fr%2Fpublic%2Fcommunistesclichy92.elunet.fr%2Fsncf-vautours300.jpg)
/image%2F0691883%2F20221120%2Fob_a8eb97_pour-logo-blog.jpg)
BUDGET SNCF 2011