Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Comment éviter la proportionnelle ?

Publié le 26 Avril 2011 par canaille le rouge in Du côté du capital

 

 

http://www.cibletrade.com/tunisie_news/images/electoral.jpgCauchemar des réactionnaires comment éviter la proportionnelle 

 

La crise politique laisse les meilleurs souteneurs du trottoir institutionnel ambiant devant une angoisse qui ne fait que croître et embellir.

Toute mesure gardée, l'arrivée du FN dans les sondages et votes rappelle la guerre des macs qui fit des ravages sur le pavé parisien quand les bordeliers d'Afrique du nord rapatriaient leurs intérêts, pratiques et méthodes pour se faire leur place au soleil métropolitains contre l'union sacrée des julots de Paname, les lyonnais, marseillais et corses et qui se répartissaient jusqu'alors le marché. On vit même alors dans certaines arrières salles de troquets des Halles ou de Pigalle se nouer des alliances qui ressemblaient presque à des second tour de cantonales du 21ème siècle.

Très soft sur soi, le monde politique bien en cours, mais toute lanterne en veilleuse sur ce sujet, du Siècle en passant par Terra Nova, les groupes et fondations, plus largement de la trilatérale jusqu'à ce aussi sexagénaire qu aristocratique et réactionnaire groupe de Bilderberg  (qui eux mondialisent les pratiques capitalistiques et les critères d'extorsions de la plus value), tous planchent pour sortir de la crise institutionnelle généralisée que, concernant la France,  de 1958 au traité de Lisbonne, leur choix ont façonnée.

Ils n'en finissent plus de tirer des plans pour chercher comment résoudre une équation à deux inconnues : comment 1) contrôler les dérives nationaliste et factieuse qu'ils ont mis sur orbites, si encombrantes mais utiles 2) surtout sans faire appel à la souveraineté du peuple pour marginaliser le 1).

Dans l'urgence ils ont trouvé un os à ronger en mettant un cautère sur leur jambe de bois : "le danger, c'est le peuple. Il plébiscite les populistes contre les élites qui elles savent ce qu'il faut de sacrifice aux peuples pour que la terre tourne à la vitesse et dans le sens voulue par les élites".

Or, caractéristique forte, le peuple ne se déplace plus pour voter et nos élites se trouvent décrédibilisées et tout nus dans le réservoir électoral.

 

http://i.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L300xH200/Pecheur_a_la_ligne_au_bord_de_la_Vonne-2-17580.jpg

Mais cela n'a qu'un temps et donc ils explorent d'autres pistes pour modifier les normes représentatives en modifiant éventuellement les règles électorales. Vieilles recettes de diafoirus : pour ne pas voir la fièvre changeons de thermomètres en le graduant différemment et à chaque alerte, vite, la saignée.

Une idée leur est définitivement acquise pour subsister la démocratie bourgeoise à besoin de leurres qui interdisent la démocratie réelle.

Dans ce cadre, leur mot d'ordre, "tout sauf la proportionnelle pour les élections" n'est pas qu'une option, la sanctuarisation de la loi électorale est le dogme. "En France, hors du scrutin uninominal point de salut". C'est la condition de leur maintient aux leviers et ils ne peuvent les lâcher sous peine de disparaître.

Pour maintenir une domination de classe il faut un état de classe et la légitimité de celui-ci, face aux mécontentements éventuels (l'actualité de la planète le démontre), n'est possible que par la légitimité des modes de désignation et formes de représentations.

Les abstentions massive des électorats sauf lors des rendez-vous où les mobilisations offrent du sens aux électeurs bousculent les pouvoirs (France, Islande, Irlande, Pays Bas, Danemark). Cela leur rend urgent leurs recherches.

Terra nova, ce laboratoire idéologique de la roue de secours social démocrate et quelque part le stabilisateur anti roulis du vaisseau DSK vient de publier une tribune dans le Monde qui montre l'urgence pour le mouvement populaire de penser à ses formes de représentation et des liens avec les institutions.

Dans cette période du 140ème anniversaire de la Commune il n'est pas inutile de reprendre ce que disait Marx dans La guerre civile en France : « La Commune, notamment, a démontré que la classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre telle quelle la machine de l'État et de la faire fonctionner pour son propre compte. ». 

Le constat de Terra Nova se résume à une idée forte qui traduit l'acceptation du présidentialisme et se moule dans la constitution. Terra Nova souhaite lancer le débat sur les défaillances de notre système de vote à l'élection présidentielle, avant disent-ils "qu'un accident démocratique ne nous force collectivement à le faire".

http://www.lesnouvelles.pf/media_lesnouvelles/imagecache/article-taille-normale/qps/2011/04/11/92646_Art1_09_Img_0.jpeg

Mais pas un mot sur les responsabilités de cette situation accidentogène et pour cause.

Le risque de voir arriver au second tour voire gagner ce qui est certes un danger pour la démocratie n'est pas dû aux politiques suivies mais à la méthode de désignation :

Tout part du dogme : "Voter est l'acte démocratique décisif. L'élection présidentielle est sa clé de voûte". Déjà, d'entrée la messe est dite. Mais  : Si 'le scrutin majoritaire à deux tours possède un atout majeur : il donne une légitimité majoritaire au vainqueur du second tour. Pourtant " il a des défauts en passe de devenir critiques". Le principal c'est que le premier tour fait que le candidat qui recueille l'assentiment majoritaire des Français peut y être éliminé. Terra nova précisant :"Ce fut déjà le cas en 2002. Mais 2012 pourrait en donner une version extrême". Et donc ils fabriquent une machine à fournir de l'alternance sans risque.

2) un postulat politique ensuite "le candidat socialiste, DSK tout particulièrement, est la meilleure personnalité politique du moment, celle que les Français veulent voir, dans leur large majorité, à l'Élysée. Nos penseurs de poursuivre :"Pourtant, cette personnalité, plébiscitée par les Français, est menacée d'élimination au premier tour, du fait de la fragmentation du camp progressiste. Si l'un des candidats progressistes venait à décoller pendant la campagne présidentielle, DSK aussi serait en risque. Or chacun de ces candidats a un fort potentiel électoral : François Bayrou l'a déjà montré, Jean-Luc Mélenchon est un orateur et campaigner (?) hors pair, Nicolas Hulot surtout bénéficie d'un capital de sympathie et de notoriété exceptionnel.

Nos éléphants, avec la délicatesse d'un troupeau assoiffé se dirigeant vers le point d'eau, pour construire leur rhétorique politicienne, échafaudent un dispositif pour arriver à cette idée : L'éventualité de la présence du FN au second tour s'explique "par la défaillance du système électoral " : Le Pen a un noyau de soutien électoral de premier tour élevé, alors que ses concurrents souffrent de l'éparpillement de leur famille politique. La question de la réforme du système de vote de l'élection présidentielle est dès lors posée.

Autre défaut, réel celui là, "l'électeur peut être amené à "voter utile", donc ne pas s'exprimer honnêtement et ainsi fausser le résultat. Par exemple, l'électeur écologiste ne votera pas pour Nicolas Hulot, qui est pourtant son candidat préféré, mais pour le candidat socialiste, afin d'assurer sa présence au second tour et éviter de se retrouver face à un choix Le Pen – Sarkozy".

 Et là arrive la piste pour faire croire que tout change pour que rien ne change : Le scrutin présente par ailleurs un caractère fruste, car binaire : l'électeur vote pour un candidat mais on ne sait rien de son avis sur les autres, de la hiérarchie dans laquelle il les place. Ce qui les conduit à formuler une proposition qui lie le scrutin majoritaire garant de la pérennité du système et une image de démocratie "canada dry".

En gros, mais vous avez le lien pour ceux qui veulent plus de détail[ c'est là =>,link], on va voter en donnant des préférences hiérarchisées sur tous les postulant et des rejets de même et c'est le nombre de préférence auquel ont soustrait le nombre de rejets qui désignera l'heureux élus.

Que de contorsions pour éviter la proportionnelle intégrale. Mais contorsion obligée si on veut ne pas proposer d'alternative et rester dans l'alternance.

Cette forme de désignations que leur auteur appelle Le "jugement majoritaire" a pour vertu de rendre caduc le vote utile. Goutons la démarche clientéliste telle qu'avancée dans la tribune du Monde où ils présentent leur tambouille : Il permet de donner son jugement hiérarchisé sur chaque candidat, et non sur un seul. Un électeur écologiste peut donner une mention "Très bien" à Nicolas Hulot, son candidat préféré, sans porter préjudice au candidat socialiste, son second choix, à qui il accordera la mention "Bien".

Nos éminents spécialiste réussissant ainsi le tour de force en ravalant la façade d'une pratique institutionnelle qui craque de ses limites de présenter comme une révolution le fait de ne pas en changer : "Il garantit notamment, contrairement au scrutin présidentiel actuel, que le candidat le plus capable de rassembler une majorité de Français gagnera l'élection. Il redonne son sens à la démocratie". Et le capital se garde ainsi la monarchie présidentielle dont il a le besoin exclusif.

Fruit des secousses des révolutions de débuts d'année autour de la méditerranée, il semble à lire ce texte que Lampedusa soit devenu le siège des officines en charge de la survie du capital.

Ils auront bien une place pour Moubarak, Ben Ali et autres, toutes créatures issues de leur rang ou façonnées par eux. En matière de suffrage universe, ils en connaissent un rayon.

 

http://www.decitre.fr/gi/91/9782020906791FS.gif

 

Commenter cet article
T
<br /> <br /> Excellent texte qui montre une énième fois, qu'à n'importe quel prix, le capitalisme ne veut perdre la face. Dans une société à gouvernance libérale, je le dis crument, l'élection es un piège à<br /> cons.<br /> <br /> <br /> Finalement, la seule option crédible et valable qui s'offre au peuple pour qui les gouvernants actuels mais aussi ceux de la gauche caviar qui les ont précédés, n'ont que mépris,<br /> <br /> <br /> Le seul choix de classe qu'il reste au peuple qui est souverain, réside dans l'abstention massive. D'une fidélité constante à l'idéal communiste, je pense que le seul acte authentiquement<br /> communiste, sera de refuser de choisir entre la peste et le choléra. Une large abstention confortera l'électeur progressiste dans sa décision hautement responsable.<br /> <br /> <br /> Le seul vainqueur sera l'abstention, je préfère le mot boycott.<br /> <br /> <br /> <br />