Ce qu'il y a de bien avec le coup de patte de Burki c'est qu'au-delà de la lecture immédiate d'un fait ou d'un évènement, il révèle souvent d'autres choses bien plus profondes.
Prenez son dessin du 06 juin :
Bien sûr, immédiatement, "L'affaire". Avec une vision qui en mettant en avant les singularités de chacune des parties en cause les remet non seulement en perspective mais aussi les installe dans la réalité sociale New-Yorkaise (et pas que new-yorkaise , à Paris on connais bien).
Mais aussi, ce qui n'est pas un moindre mérite tout ce que le face à face entre un accusée et une plaignante charrie des rapports de dominations sexistes individuellement et , impérialistes, d'exploitation collectivement, dont l'image de ce FMI, de son rôle, sa place et ses méthodes est un des vecteurs.
Poussons le bouchon. Si ce dessin ne représentait qu'une situation d'avant les dépêches d'agence 14 mai 2011 au matin, hors de toute sa partie médiatico-judicaire, il serait déjà au cœur du réel et porteur d'une information décisive : Parce qu'il pointe à quoi, à qui sert le FMI, qui subit ses choix. Qui sont et que font ceux et celles qui le dirigent ?Pourquoi cette précipitation à ne pas laisser le siège vacant et pourquoi les forces de l'Empire agissent-elles concertées, au-delà de leur rivalité interne, pour le garder en leur sein ?
Usons d'une image : il y a peu la presse s'est scandalisée (à juste titre) de découvrir que dans l'ex Yougoslavie en guerre, des hôpitaux militaires chargés de soigner les victimes, avaient en fait été utilisés pour mutiler et tuer des patients afin de prélever les organes pour un marché parallèle aussi juteux que mafieux et connus dans les milieux spécialisés. L'enquête vite bâclée s'est arrêtée à la frontière.
Le FMI au plan économique ressemble en tout point à ce scénario : dans des établissements chargés d'aider localement les économies en crise, à théoriquement les soigner, le FMI a mis en place des systèmes qui pillent et saignent les peuples au point de les faire crever. Cela pour alimenter par des réseaux maitrisés aux contours parfois mafieux installés et parrainés par ce FMI pour offrir aux banques de l'empire les richesses des peuples. Là, surtout pas d'enquête.
Dans ce cadre et exclusivement sur ce plan économique la direction du FMI est un ramassis de pillards de soldats du capital. Tous, en y allant, ont choisi leur camp son président en tête. Le dessin de Burki nous le rappelle aussi.
Sa remplaçante annoncée sera du même métal.
La filleule et ses deux parrains
Le "choix" d'émigrer pour les populations d'Afrique est la conséquence de l'héritage du pillage coloniale et des plans structurels du FMI qui en prenant le relais le fait perdurer et conduit à avoir le choix d'être femme de chambre dans un palace pour survivre ou femme sans chambre en Guinée et à crever sur place.
La plaignante dans l'agression en cause a été mise en situation de vulnérabilité sociale par les choix de l'institution dirigée par l'agresseur présumé. Et cette part là du dossier est maintenue dans l'ombre.
Si vous croyez que la Canaille galèje, mord le trait, regarder donc ce qui suit, ce lien est mis en ligne pour l'article complet[═>link].
C'est tiré de "le grand soir"
A partir de 2004, l’augmentation importante des cours des matières premières a provoqué un net accroissement des réserves de change des pays en développement qui atteignaient en 2008 le triple de celles du Japon, de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord réunis. Nombre de pays du Sud les ont utilisées pour rembourser de manière anticipée le FMI, réduisant ainsi la dépendance à son égard. C’est dire combien son utilité n’était pas unanimement appréciée dans les pays du Sud, y compris parmi des dirigeants loin de combattre le néolibéralisme. Discrédité par le désastre social des politiques qu’il a imposées au Sud, le FMI a néanmoins profité de la crise qui a éclaté en 2007-2008 pour reprendre pied et généraliser au Nord les mêmes politiques néfastes.
En octobre 2008, un plan de 20 milliards d’euros est décidé pour la Hongrie, dont 12,3 milliards prêtés par le FMI, mais les conditions sont sévères pour la population : hausse de 5 points de la TVA à 25 %, âge légal de départ à la retraite porté à 65 ans, gel des salaires des fonctionnaires pour deux ans, suppression du treizième mois des retraités, baisse des aides publiques à l’agriculture et aux transports publics. Mais le vote du budget 2011 fâche les marchés et l’agence de notation Fitch abaisse la note de la Hongrie en déclarant que le gouvernement « a jeté les bases d’un projet de budget qui va dans la mauvaise direction », avec une taxe sur le chiffre d’affaires des banques et une hausse d’impôt temporaire pour les multinationales opérant en Hongrie, afin que tous contribuent plus ou moins à l’effort. Ce budget entend pourtant bien ramener le déficit public à 3% en 2011, donc le désaccord ne porte pas sur l’objectif à atteindre, mais sur la manière d’y parvenir. (Souligné par C-le-R).
Le mois suivant, l’Ukraine tombe dans la nasse du FMI. En échange d’un prêt de 16,4 milliards de dollars, le parlement ukrainien est sommé d’adopter un plan de « sauvetage » draconien de privatisations et de coupes budgétaires. L’Ukraine doit reculer l’âge de la retraite des femmes de 55 à 60 ans et augmenter de 20% le tarif du gaz. Mais la hausse du salaire minimum de 11% inquiète le FMI qui bloque son programme (Souligné par C-le-R).et DSK déclare : « Une mission récente du Fonds en Ukraine a conclu que les politiques dans certains domaines, dont la nouvelle loi sur le salaire minimum, menaçaient [la] stabilité » du pays. Rappelons que DSK avait augmenté son salaire de plus de 7 % à son arrivée à la tête du FMI[3]. (Souligné par C-le-R).
La Lettonie connaît une forte récession et, en décembre 2008, le FMI, l’Union européenne et des pays nordiques s’engagent à injecter 7,5 milliards d’euros. Plutôt que de toucher aux profits du capital et au patrimoine des plus riches,c’est aux travailleurs, retraités et chômeurs qu’est imposée une cure d’austérité de deux ans, assortie d’une coupe dans les dépenses équivalente à 15% du PIB. Les salaires sont réduits de 20% dans la fonction publique, les retraites de 10%.(Souligné par C-le-R). … l’austérité se poursuit et le FMI salue les « efforts extraordinaires » menés pour retrouver la croissance grâce aux exportations compétitives, via une baisse des salaires pouvant aller jusqu’à 80% ! Écoles et hôpitaux ferment par dizaines et la TVA passe de 18 à 22%, alors que les sociétés bénéficient d’un des taux d’imposition sur les bénéfices les plus avantageux de l’UE (15% contre 23,5% en moyenne). (Souligné par C-le-R).
Fortement secouée par la crise, la Grèce voit elle aussi débarquer le FMI, qui donne son accord le 9 mai 2010 pour un prêt « d’urgence » de 30 milliards d’euros sur trois ans. La situation en Grèce est encore aggravée par des manipulations statistiques ayant permis de dissimuler les chiffres réels de l’endettement, avec la complicité de la banque Goldman Sachs qui conseillait le gouvernement tout en engrangeant de juteux profits en spéculant sur la faillite de ce pays ! (Souligné par C-le-R).En février 2011, après plusieurs séries de terribles mesures d’austérité, une réduction de 1,4 milliard d’euros des dépenses de santé est réclamée par l’UE et le FMI alors qu’une centaine de médecins campe devant le ministère de la Santé à Athènes. L’objectif de privatisations de biens publics de l’État est revu à la hausse, passant de 7 milliards d’euros de recettes d’ici 2013 à 50 milliards d’ici 2015. Sont alors visés les ports, les aéroports, les chemins de fer, l’électricité ainsi que des plages touristiques du pays. (Souligné par C-le-R).
Islande, Roumanie, Irlande, Portugal et tant d’autres pays suivent une logique identique. Face à cela, comme cela s’est produit voici quelques mois en Tunisie et en Egypte, les résistances populaires se renforcent, comme cette initiative espagnole d’occupation de la Puerta del Sol et de toutes les grandes places pour s’opposer à l’austérité qui enrichit les banquiers responsables de la crise et pénalise lourdement les populations qui en sont les premières victimes. Mais la trajectoire du FMI ne dévie pas. Loin de servir l’intérêt des populations affectées par la crise, le FMI est au service des grandes puissances et des entreprises transnationales, notamment les grandes sociétés financières privées.
Dans ce contexte, à l’aune des conditions de vie des plus démunis dont l’amélioration devrait guider toute politique digne de ce nom, il n’est pas possible d’affirmer que le FMI est « redevenu utile ». En revanche, il est possible de le combattre fermement, d’agir pour sa dissolution et son remplacement par une institution démocratique et centrée sur la garantie des droits fondamentaux, en un mot une institution « utile ». Tout le contraire du FMI actuel…
Jérôme Duval, Damien Millet et Eric Toussaint sont membres du CADTM (comité pour l'annulation dde la dette du tiers Monde)
Alors, La Canaille galèje-t-elle ou pas ?

En plus framboise sur le bavarois, que le patron de cette machine à tuer les peuples se présente et soit propulsé es qualité (si c'en reste une) socialiste, n'est pas un abus de langage. C'est finalement la mise en œuvre des choix débattus et adoptés par l'internationale socialiste.
Vous noterez cette curiosité de l'Histoire : depuis la fin des années 40, quand le capitalisme est triomphant, la social-démocratie pilote les outils de régulation. Dès que les droites reculent au plan mondial le capital reprend les rennes en direct.
De Bretton Wood à Davos, du Plan Marshall aux G2, 4, 7, 8, 2, 20 . C'est la poursuite dans d'autres conditions des unions sacrées de l'été 1914.
Histoire de vous donner des munitions supplémentaires pour le débat, prochainement sur votre écran, une super production hollywoodienne :
"Les quatre cavaliers du système bancaire américain"
ou
"L'Apocalypse moteur du profit"
Vous y découvrirez comment le gratin des banques historiques mondiales a dépassé ses pseudo antagonismes confessionnels pour bouffer ensemble le voisin et s'unir autour du veau d'or
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