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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

médiator chez les cheminots, point de vue d'un militant

Publié le 31 Janvier 2011 par canaille le rouge in Cheminots et luttes - l'avis duraille

 


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Le chiffre est effrayant 15 à 20 000. Pourquoi ce chiffre ? Qui sont les agents concernés, dans quelles catégories de personnels les retrouvent-on?

L'objet thérapeutique de ce produit considéré comme médicament, coupe faim, outil d'amaigrissement voir anti-diabète va vite cerner les cibles. Si les études sont mises en route, une piste hélas risque à coup sûr de se trouver rapidement sur le devant de la scène : 

Il est évident qu'une vie passée en 3x8, en posté ou décalé, cela dans tous les services de la SNCF, à ne vivre 4 repas sur 5 durant une carrière que de casses-croûtes ou conserves réchauffées vite fait ne créée pas les meilleurs conditions pour une alimentation équilibrée, l'hygiène diététique en souffre. Quand les mêmes sont dans les rémunérations les plus basses au pouvoir d'achat laminée, de terribles chances d'y retrouver leur famille.

De même qu'on a très rarement vu les administrateurs des houillères attraper la silicose , ceux des mines d'amiante souffrir d'asbestose, il y a fort à parier que proportionellement on trouvera beaucoup moins d'agents des états major de direction sous prescription de ce "gère la faim pour travailler plus et gagner moins"  que parmi les agents qui se coltinent aux difficultés de l'entreprise.

La chasse au "surpoids" organisée dans certains cabinets médicaux de la SNCF a poussé ainsi à une médicalisation du traitement de pathologies dues d'abord à l'organisation du travail sans qu'aucune enquête épidémiologique ait été diligentée.

Ce serait faire payer par la Caisse de Prévoyance des cheminots les conséquences d'une organisation du travail basée sur la diminution des effectifs et l'organisation en 3x8 et autre du travail pour compenser par le travail en continu le manque de moyen matériel et de personnel, l'insuffisance d'investissement.

Ce serait un détournement des missions et des moyens de leur régime de protection sociale financé par les cotisations issues de leur travail.

Données avancées au conditionnel qui doivent correspondre à l'intime conviction de nombre de militants dans l'entreprise.

Cette gestion de la pénibilité physique et du stress par des  "solutions" médicamenteuses individualisées n'est pas nouvelle. Elle a poussé à une culpabilisation, stigmatisant une pseudo mauvaise hygiène de vie pour masquer de plus en plus les déficits en moyens matériels et en personnels, les conséquences des bas salaires et des pensions sur la qualité de l'alimentation des familles cheminotes poussant à des dérèglements pathologiques qui ne sont pas supportables et qui, devant le bilan du Médiator, relève d'un comportement criminel.

Tout cela pour faire assurer un service de moins en moins Service Public dont la qualité décline. Et cela aussi pour le plus grand profit des labos pharmaceutiques.

Et après d'aucun s'étonneront de la - comme ils disent- conflictualité dans l'entreprise.

L'état major de l'entreprise doit financer et engager les études. Elle doit s'engager sur sa responsabilité et comme le dit la CGT ne pas s'en remettre à une commission où l'argent publique masquerait les responsabilités patronales sur les causes, celles des labo sur leur traitement. Elle devra rendre des comptes sur les pratiques qui ont été initiées à une époque où le président actuel était déjà dans l'équivalent du comité stratégique de la SNCF et dont une enquête aux travaux et conclusion publiques devront dire jusqu'à quand et dans quelle proportions elle affecte la population cheminote.

Pour info cela vient après le "risque amiante" qui a sévit comme par hasard chez les agents pistés pour les questions d'hygiène (alimentaire et le tabagisme) pour tenter de disculper les responsable de l'usage d'amiante. De l'équipement, du matériel, du transport, des gares et des trains.

C'est un sujet très grave qui va avoir des rebondissements politiques et sociaux forts du moins je l'espère.

La proposition (que La Canaille soutien à fond) de la mise en place d'un pôle public du médicament avancé par la fédération des Cheminots met la CGT au (bon) niveau de ses responsabilité sociale et sociétale. Cela passe par la mise sous contrôle publique de l'industrie pharmaceutique pour la sortir des mains des rapaces du capital.

Devant une possible catastrophe sanitaire à l'échelle d'une profession, la CGT a mille fois raison d'alerter et de mobiliser.

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