Le syndicat CGT des personnels de l'OPH de Paris réagit aux annonces par la CNIL de la découverte d'une structure interne à l'office organisant des fichages des locataires.
A peine sortie de la glue de la cour des comptes, pan maintenant, la poix de la CNIL. Comme sont nom l'indique, la poix c'est poisseux.
C'est vrai que la CNIL a trouvé de drôles de choses sous le couvercle:
Cela commence benoîtement :
Après enquête, il s'est avéré que des gardiens avaient effectivement accès au "compte locatif" des personnes résidant dans l'immeuble auquel ils étaient affectés, ainsi qu'à des informations relatives aux locataires d'autres immeubles de l'OPH Paris-Habitat. Or, constate la CNIL, "seules les personnes travaillant au sein du service chargé de la gestion locative peuvent avoir accès à ces informations personnelles".
Et puis une accélération :
Les contrôles ont également révélé d'autres "manquements", en l'occurrence la"collecte de données subjectives sur les locataires" ou de "données d'infractions"("alcoolique", "violence conjugale", "ancien SDF addiction boisson", "n'est pas de nationalité française", "personne très difficile à vivre, de tempérament agressif et violent très procédurier"). Des informations relatives à la santé des personnes ont même été trouvées : "séropositif", "cancer", "cardiaque", "sous chimiothérapie","Alzheimer", "aveugle", "maladie de Parkinson", "pathologie respiratoire et chronique", "dépression hôpital psychiatrique", "fils cancer, Mme malade des poumons", "cancer des intestins, opération du cerveau".
Fichage illégal structuré autour de critères qui feraient passer la DCRI pour de braves auxiliaires de dames patronnesses.
Il apparaît donc que pour reprendre les propos de deux présidents successifs de l'office qui s'indignaient que l'on puisse suspecter la vertu de leur pratique sécuritaire, interpellant les administrateurs représentant les salariés parisiens et de l'office : "nous n'avons pas l'intention d'installer la STASI rue du cardinal Lemoine".
Donc pour tenir parole, ils ont à grand frais changé d'adresse.
Il est vrai que choisir les directeurs généraux parmi un viviers de préfets, sur des critères d'efficacité policière ne manquerait pas de conduire à ces limites de falaise ... où l'office vient de déraper.
Toute pratique est aussi révélatrice de la théorie qui la guide.
Dès lors on a les "STASI" de ses objectifs.
A juste raison les salariés de l'office réagissent :
La réaction de la direction de l'office, piloté de très près par l'adjoint au maire de Paris chargé du logement est d'une candeur d'autant plus troublante que pas un mot n'évoque la situation des "spécialistes" au CV très marqué, ni à l'inadéquation de leur profil aux objectifs d'un bailleur social : Bizounours au pays de Cand..ide.
"Quelques salariés, dans l'intention bienveillante d'avoir un suivi attentif et adapté, ont cru bien faire en enregistrant (...) des informations données par des locataires qui exprimaient un besoin d'aide sociale. Ces enregistrements, effectués sans qu'aucune instruction n'ait été donnée en la matière, n'avaient pas lieu d'être",
Quant à la réaction de l'opposition municipale déclarant :
"il ne s'agit pas de cas isolés mais bien d'un fichage massif et précis des locataires du parc social",
La Canaille, frimas aidant en a éternué de rire se rappelant comment la politique de recrutement des gardiens d'immeubles sous Chirac, assorti d'une casse du statut des personnels de l'office pour ne pas passer par les recrutements au sein de la fonction publique territoriale avait fait de ceux-ci les ilotiers, distributeurs de tracts, colleurs d'affiches, chasseurs de rouges et rabatteur de l'UNR puis du RPR. Les luttes des personnels poursuivies sous Tibéri avait imposé des reculs à ces pratiques.
La Canaille, alors jeune militant de la JC, se souvenant comment dans son 13ème, avec ses potes, il avait mis de la teinture rouge dans la colle pour que les mains du gardien de sa cité temoignent de la justesse de ces accusations. Le renard de l'UNR y ayant gagné durablement le surnom de Goupil (parce que mains rouges, évidemment) qu'il conserva même après une mutation précipitée organisée alors par la direction de l'office.
Il est vrai que la droite aux affaires à Paris ne disposait alors pas des facilités de l'informatique maintenant sur le marché.
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