Feu d'artifice 13 juillet au soir Camaret
14 juillet –Armée, ne pas se défiler, pas d'artifices, quelques vraies questions exigent des réponses.
Lesquelles dans le débat du moment ne sont jamais posées.
D'abord rappeler que le 14 juillet c'est l'anniversaire du symbole de la révolution de 1789, la prise de la Bastille et que ce jour là, la seule armée présente fut celle de Delaunay, ses troupes royaliste et gardes Suisses (la légion étrangère de la monarchie) qui tirèrent sur la foule et pour cela Delaunay subit le sort des félons.
Ensuite il faudra Valmy pour que l'armée Républicaine, celle des soldats de l'an deux voit le jour. Comme l'indique J. Levy dans son billet, il faudra attendre 1880 pour que le 14 juillet devienne fête nationale et 1919 pour voir un défilé militaire qui tentait de redorer le blason d'un état major et d'une classe politique coupable d'une saignée aussi majeure qu'inqualifiable dans corps social du pays. Saignée dont le peuple ne s'est jamais remis et qui disqualifie à jamais la préscience des "chefs" et celle des "états majors"
C'est dans ce contexte que la question de l'armée de la république doit être posée.
Faut-il ou pas une armée ? Face aux velléités du capital de passer en force contre les peuples quand ils contestent les choix, les moyens d'une souveraineté réelle sont à regarder, liés à une organisation en rupture avec les critères d'une armée toute tournée vers des objectifs impérialistes et au service d'une classe.
Sauf à dire qu'il ne faut pas d'armée du tout ce qui dans la période peut-être sujet de débat mais dans lequel La Canaille, pacifiste mais soucieux de la souveraineté et l'indépendance de la France, face aux dispositions agressives qui avec ou sans la France en son commandement pilote l'OTAN, penche nettement pour une armée républicaine et donc populaire sous contrôle du parlement, éventuellement purgée des éléments factieux qui s'y terrent.
La question n'est donc pas celle du défilé du 14 juillet qui agite le microcosme politicard. C'est un magnifique leurre pour ne pas poser les vraies questions liées à la défense nationale.
Réaffirmons le ici d'emblée : les morts en Afghanistan ou ailleurs ne sont pas des "soldats tombés pour la France" mais des hommes victimes d'accident de travail dont l'employeur est totalement responsable, des hommes qui savaient ce qu'ils allaient y faire et qui ont subi ce qu'ils administraient à d'autres hommes, à des populations qui sont chez elles. C'est certes brutal à dire ainsi mais c'est un fait incontournable qui ne retire rien à la peine des familles pas plus que puissent être atténuée celle des familles des dizaines de morts par an sur les chantiers du BTP. Notons que souvent les mêmes patrons du BTP se retrouvent au premier des attributaires des marchés liés à l'industrie de guerre ou de reconstruction après les dégâts qui sont causés. La sortie de ce Folliot, député d'un centre d'autant plus nouveau qu'il vaticine les rengaines de la IIIème république sabre au clair invitant "à défendre dès à présent les intérêts des entreprises françaises pour obtenir des contrats de reconstruction avec les autorités qui auront été mises en places à l'issue de la guerre" est exemplaire de ce cynisme qui fonde les impérialismes, crée des Haliburton en Irak, des Bouygues et des Bolloré ou Total en Afrique. Notons l'annonce de la mise en place par la France des nouvelles autorités ce qui éclaire sur la nature des "insurgés". Que Fillon intervienne pour enfoncer le clou depuis cette "bongocratie", image du néocolonialisme dans sa vision la plus abjecte, éclaire le propos.
Procès d'intention ? Comment dès lors expliquer la déclaration de Christian Jacob président du groupe UMP qui se "félicite de voir de drapeau français flotter sur Bengazi"? L'opération Harmattan du nom de ce vent du désert qui rappelle trop son ainée "Tempête du désert" est une guerre de conquête, impérialiste et interdite par les conventions internationales dont la Chartes de l'ONU.
Dès lors, ceux qui votent pour, se prétendraient –ils de gauche le sont autant que ceux qui votèrent l'union sacré en 14 ou les pleins pouvoir à Pétain en 40 : ils sont des criminels.
La fausse polémique entre les verts et l'UMP concernant la nature du défilé militaire et les réactions aussi indignées qu'hypocrites du PS et, sauf info n'ayant pas traversé le Couesnon pour atteindre le Finistère, un silence assourdissant du PCF concoure à ce que la question de fond du statut de l'armée ne soit pas posée.
Il s'agit en fait d'un faisceau convergent de questions qui traversent l'histoire de la France contemporaine et celle de la République : Dès lors que le choix est fait d'une défense nationale, quel lien entre l'armée et la nation, quel contrôle de cette armée par les élus et non par un "princident" d'une "monarblique" couchée devant le CAC40?
Quelle mission pour une armée républicaine ? Il faut lire pour les uns, relire pour ceux qui l'ont déjà lu, "L'armée nouvelle" de J Jaurès, relire aussi les déclarations de Gabriel Péri et la demande du PCF d'alors à l'été 40 de mettre le peuple en Arme et l'opposition de toute la bourgeoisie corrompue à cette proposition accompagnée d'une accentuation de la répression anticommuniste qui garantiront prison et camp d'internement pourvoyeur sur choix des 200 familles d'alors des pelotons d'exécution nazis.
Corolaire de tout cela : une armée au service d'une défense nationale ou au service de visions impérialistes ? Au service des velléités du capital d'asseoir sa domination y compris par la force pour organiser le pillage et (ou) l'asservissement des peuples ou comme gardiens de l'indépendance et la souveraineté nationale?
Cela pose d'entrée la question du recrutement, du filtrage idéologique de l'accès à l'encadrement. Plus on monte dans la hiérarchie plus les patronymes fleurent l'ancien régime et la part du sabre qui n'aura pas été consacré au goupillon. Une armée dont le commandement se choisi au sein de ces castes nostalgiques de l'empire colonial et qui encadre une "main d'œuvre" recrutée massivement dans les catégories les plus défavorisées de la population pour des raisons économiques et (ou) coloniales ne peut être baignée d'esprit républicain. Elle sera au mieux un corps déconnecté des racines du pays qu'elle a pour mandat de défendre, au pire un outil aux mains de certains aux objectifs opposés aux principes constitutionnels qui la régissent et prêts à s'en affranchir par intérêts autres que ceux de la souveraineté nationale.
Outrance ? Comment appeler les livraisons d'armes réalisées en Libye en violation du mandat déjà plus que discutable de l'ONU et en dehors même des décisions déjà inqualifiables de l'OTAN ? Comment appeler le rôle de l'armée française en Côte d'Ivoire ? Quelle a été la réalité de la présence militaire dans la région des Grands Lacs sans même remonter à Ouvéa ?
Armée républicaine. Comment un Etat major d'une armée républicaine peut-il accepter d'être engagé sur des théâtres d'opérations sans que le chef du gouvernement n'ait pu en donner l'ordre parce que le princident en a décidé autrement ?
On le voit, la question de la souveraineté dans le cadre de l'OTAN pose un problème que ni la droite ni le PS ne souhaite remettre en cause, que les verts ne semblent pas chercher à poser en débat. Il n'y a d'issue que quitter l'OTAN et travailler avec tous les peuples au démantèlement des pactes militaires.
La canaille partage le coup de gueule de "çanemêchepasnicolas" contre E Joly qui applaudit au bombardement en Libye, à l'occupation de l'Afghanistan et compare les armées coloniales à l'Armée Rouge antinazi. Elle montre la réalité du fond de commerce des verts confirmé par leur participation au concert d'approbation des interventions au nom d'un droit auto proclamé d'ingérence politique et militaire dans la vie d'état souverain. Vert, rose bleu roy ou brun les bêtes à cornes ont peur du rouge. C'est leur consensus. Le gratin des pseudos penseurs, de Lefebvre à Cohn Bendit en passant par BHL ou Kouchner, cultive l'union sacrée contre le libre droit des peuples. La nature du lien armée-nation qui n'est pas posée ni par les duettistes initiaux complices, ni leurs arbitres complices des complices et les commentateurs parce que leur approbation d'un système intégré de défense et donc la réalité d'une "Euro force" reste leur crédo.
Le débat sur l'enjeu de 2012 reste aussi celui là : entretenir le silence sur la politique belliciste de l'UE et du capital. Si 27 députés dont ceux du groupe ou subsistent quelques adhérents du PCF ont su dire non à l'agression contre la Libye (ils ont déjà eu au moins ce courage là), cela ne suffit pas. Il est urgent que la question de la constitutionalité des décisions permettant l'engagement des forces, que la nature républicaine laïque et démocratique de son recrutement et de la formation de ses cadres soient posées. Désolé, mais entre les putschistes de 1961, les "excités de la gâchette" d'aujourd'hui et La Bollardière, entre la légion, les régiments d'engagés mercenaires d'aujourd'hui qui tireront sur le peuple si ordre leur est donné et le contingent d'alors deux conceptions s'affrontaient, et s'affrontent ; le débat n'est pas clos.
On le voit, sur cette question aussi la présidentialisation du régime et son caractère antirépublicain exige la mise en débat et la construction d'une nouvelle République dont les enjeux sont totalement déconnectés du faux débat de la présidentielle et de ceux qui s'y inscrivent
/image%2F0691883%2F20221120%2Fob_a8eb97_pour-logo-blog.jpg)